Un Congrès, pour quelles priorités ?
Marseille, correspondant régional.
Du retour au terrain à la réaffirmation des valeurs jugées fondamentales, en passant par l’affirmation d’un projet politique, les attentes de quelques participants à la rencontre nationale qui s’est déroulée samedi à Marseille sont diverses et variées. Parmi les adeptes de la revivification par la pratique, figure Louis Iorio, ancien responsable de la CGT à la Régie des transports marseillais (RTM) et actuel animateur du collectif Vivent les services publics. « Le PCF doit encore mieux prendre sa place dans la société. Cela passe par une présence sur le terrain pour être en capacité d’ouvrir le débat public sur de nombreux thèmes. »
Pour Moha Oukziz, la prio- rité est « un parti bien ancré dans le communisme. Il n’y a pas assez de clarté entre le PCF et le PS. Il nous faut porter toute la tradition révolutionnaire ». « Je ne vois pas pourquoi le PCF limite son action à faire reculer les réformes de la droite. Le premier pilier, c’est le projet », ajoute le militant tarnais.
Patrick Candela, ancien syndicaliste CGT de Nestlé Saint-Menet, évoque lui aussi le « patrimoine communiste », mais il estime qu’il n’est pas de « la seule responsabilité des communistes ». Plutôt que de ses attentes à l’égard d’un congrès à venir, il préfère parler « du projet alternatif dont la France et l’Europe ont besoin ». Pour cela, « il est nécessaire d’enrayer le processus de bipolarisation en mettant à la disposition de notre peuple tous les outils ». Parmi lesquels le PCF, car « l’organisation n’existe pas pour elle-même ». Considérant le communisme comme étant à reconstruire, il redoute que « le communisme puisse faire les frais d’un manque de volonté, de notre part, de revoir notre projet comme notre façon de faire ».
Maxime Picard, membre de la Jeunesse communisme, exprime lui aussi une crainte, mais de nature différente : que le prochain congrès tourne autour de la question de l’organisation, même s’il dit attendre « une validation du PCF ». « L’enjeu essentiel, poursuit-il, c’est comment on va changer les choses, l’élaboration d’un projet politique. J’attends aussi que l’on instaure un autre rapport avec le travail. Il ne faut pas forcément mettre en avant les questions de société, mais plutôt l’exploitation au travail en déclinant, ensuite, les questions de société. »
Ses attentes, Alain Hayot les résume d’une formule : « Arrêter de mettre la charrue devant les boeufs. » Il précise : « Que l’on construise la visée par la construction au jour le jour d’un projet transformateur ici et maintenant. » Le responsable national du PCF dresse ce constat en forme de chantier ouvert : « Quels sont les projets à vocation majoritaire aujourd’hui en France ? Le néoconservatisme et néopopulisme de Sarkozy et le projet social-libéral porté par une partie importante du PS. Nous ne parvenons pas à mettre sur le même plan à vocation majoritaire un projet alternatif de rupture avec les logiques libérales. »
Christophe Deroubaix
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