Le PCF de la Défense à l’offensive contre le capitalisme !
Congrès . Les communistes ont décidé à une large majorité de faire vivre et de développer le PCF en le transformant.
« Vous avez aimé le congrès de Reims, vous adorerez celui de la Défense », avait ironisé un éditorialiste à la veille du 34e Congrès du PCF. Les communistes ont déjoué les pronostics
de scénarios catastrophes écrits un peu hâtivement ici ou là : éclatement, implosion, parti aux abois… La fabienologie n’est décidément pas une science exacte. L’ambiance joyeuse - les
chants repris de table en table par les délégués qui attendaient la proclamation des résultats des quatre listes en présence pour l’élection de la direction nationale - était aux antipodes de
celle d’un parti qui se déchire. Comme si, collectivement et sans s’être concertés, les militants communistes, quel que fût leur vote au terme de quatre jours passés sous la Grande Arche,
avaient voulu montrer à toutes les Cassandre que leur unité ne signifiait pas unanimisme et que personne n’avait peur de la diversité.
La diversité s’est donc exprimée et une large majorité s’est dégagée sur une orientation que
les débats n’ont fait que clarifier. La base commune, qui avait été choisie comme texte de discussion lors du vote direct des adhérents par 60 %, a été adoptée par 68,7 % des
congressistes après avoir été amendée. 24,06 % ont voté contre et 7,23 % se sont abstenus. Le second vote, celui qui portait sur la direction, donne à la liste conduite par
Marie-George Buffet une large majorité (67,7 %) devant les trois listes alternatives qui ont recueilli respectivement 16,38 % (Marie-Pierre Vieux), 10,26 % (André Gerin) et
5,6 % (Marchand) - lire en page 3. Le score réalisé par la liste commune recoupe donc presque exactement la majorité réunie sur le texte.
Les débats, tant en séance plénière que dans les « ruches » (examen du projet de texte par tables de dix, permettant à tous les délégués de participer directement à la rédaction
finale), ont permis de constater l’étendue du champ d’accord entre tous, sur la nature de la crise, une crise historique du capitalisme qui met en lumière la sauvagerie du règne de l’argent,
qui à la fois a des conséquences dramatiques sur les conditions de vie des plus pauvres en France et dans les pays du Sud. « Le capitalisme exploite, pille et gaspille les ressources de la
planète sans se soucier des générations à venir », peut-on lire dans une partie du texte qui a été ajoutée au projet initial. La crise et l’utilisation qu’en fait la droite au pouvoir sous
Sarkozy faisait aux communistes une obligation de réussir leur congrès. À de nombreuses reprises, des délégués ont exprimé leurs craintes que leur congrès ne réponde pas aux attentes des
salariés au moment où les plans de licenciements se multiplient, où l’activité ralentie des entreprises condamne des milliers d’ouvriers, notamment dans l’industrie automobile, à des repos
forcés avec baisses des salaires en cette période de fin d’année.
Le 34e Congrès se devait de donner une réponse claire à la question clé de l’avenir du parti. Depuis l’échec subi
lors de l’élection présidentielle de 2007, le débat agite le peuple communiste, parfois avec une grande acuité, en prenant le pas sur toutes les autres questions, au point de laisser penser que
les clivages ainsi créés risquaient d’être fatals au PCF. Si la question du PCF et de la pertinence de l’hypothèse communiste a effectivement focalisé les contradictions entre responsables,
entre militants, celle-ci a trouvé un début de réponse. Finalement le 34e Congrès s’est attelé à la résolution de la contradiction dont, au fil des échanges, la grande majorité des délégués ont
découvert qu’elle n’était pas antagonique. L’option préconisant la poursuite de l’existence du PCF et sa transformation a rassemblé largement les délégués, qui ont rejeté la proposition de
créer une nouvelle force. Mais ils ont également refusé les appels à la prudence, au nom d’une conception étroite et frileuse de l’identité communiste, pour engager des changements. L’idée
majoritaire s’est imposée que c’est précisément la transformation qui garantira non seulement le développement mais l’existence du communisme. « Il est grand temps de passer aux
actes », a lancé un délégué. Des actes et non des mots. Le mot en débat était celui de « métamorphose », qui a alimenté des controverses, au point d’être invoqué par Marie-Pierre
Vieu pour la constitution d’une liste alternative. Considéré comme ambigu par une partie des congressistes, qui y voyaient une porte ouverte au remplacement du PCF par une nouvelle force, le
terme ne figure pas dans le texte adopté. En revanche une mesure concrète est décidée : une commission large va travailler à la transformation du Parti, processus auquel tous les
communistes seront associés à chaque étape.
Jean-Paul Piérot
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