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Politique - Article paru le 13 décembre 2008 dans l'Humanité

PCF. Un projet de résolution remanié par la crise



PCF . Les délégués ont pris connaissance, hier, de la version modifiée de la base commune à partir des amendements adoptés dans les fédérations. Ils votent aujourd’hui sur le document.


Les communistes sont entrés dans le vif du sujet de leur 34e Congrès, hier, au deuxième jour de leurs travaux qui se poursuivent jusqu’à dimanche. Au menu du jour, poursuite de la discussion générale, mais surtout échange en « ruches » sur les remaniements proposés à la base commune de discussion, à partir des amendements adoptés dans les conférences locales. Les délégués voteront aujourd’hui sur ces modifications.


L’analyse du monde réécrite


La principale d’entre elles porte sur la réécriture en profondeur de la partie I, portant sur « une nouvelle époque, un autre monde », pour intégrer la situation politique nouvelle créée par l’éclatement de la crise planétaire depuis la rédaction de la base commune. Dans les conférences de sections et de fédérations qui ont précédé le congrès, de très nombreux voeux ont été adoptés en ce sens.

Dans la version proposée aux délégués, le paragraphe portant sur des « conditions de luttes sociales et politiques transformées » est ainsi presque entièrement biffé, et remplacé par un texte neuf. Alors que le texte original commençait par l’offensive du capital et les résistances que les peuples lui opposent, l’amendement note que « le contexte dans lequel s’appliquent ces politiques n’est plus le même ». « La Bourse et les spéculateurs, les dogmes du néolibéralisme et l’obsession du marché sont discrédités. (…) Le capitalisme lui-même est mis en cause. L’inquiétude grandit mais la confiance est profondément ébranlée. La colère, les revendications, les luttes se développent contre les effets ravageurs du capitalisme et du néolibéralisme. » Le projet de résolution développe ensuite les « contradictions aiguës » du capitalisme et leur traduction sur les divers continents. Mais la « crise des alternatives pèse sur les forces de progrès ». « La division des forces de gauche, l’échec des modèles sociaux-démocrates, notamment européens, et le ralliement progressif de forces s’en réclamant aux politiques néolibérales, qui elles aussi échouent, accroissent le désarroi ». « Dans ce contexte profondément contradictoire, toute la question est de savoir si les forces et mouvements qui s’expriment seront capables d’inventer de nouvelles réponses, de rassembler politiquement les victimes aujourd’hui divisées et dispersées du capitalisme mondialisé », conclut le paragraphe, les communistes entendant « repenser (leur) projet avec cette ambition ».


« Nouveaux types de nationalisations »


Dans les parties suivantes (projet, stratégie, parti), les amendements déclinent ensuite « la nécessité de réformes de structures opposées au capitalisme mondialisé » : le besoin de pouvoirs nouveaux et d’une « participation active » des citoyens aux décisions, notamment à l’entreprise, la réforme de la fiscalité, la reprise du mouvement de réduction du temps de travail, l’augmentation des salaires pour « un nouveau partage de la rémunération indispensable à une sortie durable de la crise », de « nouveaux types de nationalisations », une « maîtrise publique et sociale des marchés financiers, du crédit et de la monnaie avec la création d’un pôle public financier » et « une bataille acharnée pour réorienter l’action de la Banque centrale européenne au service du développement durable et de l’emploi ».

Dans le même temps, la base commune renforce l’exigence de bilan critique des expériences politiques passées (gauche plurielle et rassemblement antilibéral) qu’il faut « continuer à analyser », et de remises en question à gauche, dénonçant comme « une impasse » le social-libéralisme et l’« alliance avec le centre-droit, le Modem », mais aussi le « sectarisme diviseur et démobilisateur » de l’extrême gauche.


Le besoin renforcé d’une autre Europe


Le texte insiste sur la perspective d’un « front progressiste et citoyen », estimant qu’« il y a dans la société les bases sociales et les attentes d’un rassemblement de cette ampleur » pour battre la droite. Dans l’immédiat, le PCF situe aussi son ambition d’un front progressiste européen pour les élections du 7 juin « dans le contexte de la crise historique du capitalisme, qui met directement en cause le modèle qui structure l’actuelle Union européenne », et entend engager « des centaines de rencontres publiques » pour élaborer « des grands axes de critique et de transformation de l’UE ».

Dernière partie du texte, mais non la moindre, celle sur la transformation du PCF tire les conclusions du choix majoritaire des communistes de poursuivre le PCF tout en le transformant. En particulier, le choix, salué quasi unanimement dans les ruches sur cette partie du texte de retrancher les questions qui laissaient ouvertes l’alternative entre la transformation du PCF ou « la création d’une autre force politique ». « Nous faisons le choix du PCF et de sa transformation », affirme le projet de résolution. Une « commission nationale sera créée dès après le congrès pour impulser un travail de réflexion sur le militantisme communiste du XXIe siècle », conclut le texte.


Sébastien Crépel

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Tag(s) : #Préparation Congrès PCF
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