Les communistes passent aux actes sur l’avenir de leur parti !
68,7 % des délégués ont adopté, samedi, la base commune amendée, qui exprime le choix du maintien du PCF et, indissociablement, de « sa profonde transformation ».
Loin de l’ambiance d’« éclatement » prédite par la presse, le principal moment du congrès - la discussion, l’amendement et le vote du document d’orientation - s’est caractérisé, du sentiment général, par son ambiance studieuse. L’expression d’options différentes s’est faite dans le calme, au travers du débat d’amendements. Il a duré au total près de sept heures, excédant de deux heures l’horaire prévu pour permettre aux délégués d’aller au bout de leurs propositions. Au final, la résolution amendée a été adoptée, samedi, par 74,1 % des suffrages exprimés des délégués (68,7 % des 805 votants), 25,9 % votant contre (24,06 % des votants). 7,23 % se sont abstenus. Pierre Laurent, qui rapportait pour la commission des textes, s’est félicité d’un « acte extrêmement important pour la suite des travaux du Parti », accompli dans un « état d’esprit de rassemblement, d’écoute, de respect et de prise en compte de la diversité, et en même temps, de la construction d’un choix majoritaire clair ».
Au cours du débat, de nouveaux amendements ont été intégrés, en plus de ceux déjà retenus sur la base des votes des conférences locales, et du débat des délégués répartis en « ruches » qui ont retravaillé, vendredi, les trois grandes parties du texte. « Beaucoup d’amendements vont dans le sens des orientations proposées », a constaté Pierre Laurent, qui a invité les délégués à éviter les redites, ou les « alourdissements » nuisant à la clarté et à la concision du texte.
Des principes respectés plus ou moins par les délégués, qui ont renforcé ou précisé des notions comme la « lutte des classes », la « visée communiste », leur conception de la solidarité internationale, la lutte contre toutes les dominations (racisme, homophobie, sexisme…). Ils ont notamment adopté un amendement de Paul Boccara, contre l’avis de la commission défavorable non à son sens mais à sa longueur. Une courte majorité ne l’a pas suivie (50,3 % des exprimés), manifestant son attachement à développer dans le document les propositions des communistes pour une autre politique du crédit face à la crise. Celui-ci précise la proposition d’un pôle public financier et de fonds régionaux publics, conçus comme des outils au service des travailleurs, qu’ils pourraient « saisir à l’appui de leurs propositions de gestion nouvelle dans les entreprises, pour l’emploi, la formation, les conditions de travail, d’autres productions ».
En revanche, les délégués ont suivi la commission et le choix majoritaire des communistes déjà exprimé lors du vote
de la base commune, les 29 et 30 octobre, en se prononçant pour le maintien du PCF et « indissociablement » pour « sa profonde transformation », préférée à une
« métamorphose » jugée trop ambiguë. Gérald Briant (Paris), élu hier membre du Conseil national sur la liste conduite par Marie-Pierre Vieu, a regretté un « raidissement »
de l’orientation, selon lui, avec la « suppression des questions ouvertes sur l’avenir du PCF, sa transformation, sa place dans la gauche ». « Clôt-on le débat ? Absolument
pas, nous ouvrons le chantier », a estimé de son côté Pierre Laurent, mais « les communistes demandent des choix clairs. À la question sur la transformation du PCF, ils répondent oui,
à celle sur la création d’une autre force, ils répondent non ». Le texte prévoit la mise en place d’une commission chargée « d’impulser un travail de réflexion, libre et respectueux
de tous, avec les communistes sur le militantisme du XXIe siècle, sur les transformations nécessaires du PCF et la révision de nos statuts ». Un amendement a précisé que les
« communistes seront associés et consultés au fur et à mesure de l’avancée du processus ».
Sébastien Crépel
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