dimanche 20 avril 2008
Plus le temps passe, plus les mesures de la grande bourgeoisie étouffent la vie et le progrès de la société et de notre pays, plus je suis convaincu qu’il nous faut préparer la lutte révolutionnaire par une éducation populaire des prolétaires de notre époque : les jeunes des quartiers, les chômeurs de toute génération, les salariés de tous les secteurs, les techniciens, cadres et ingénieurs de l’industrie et du système informatico-financier et des médias.
Premièrement, il faut à chaque fois révéler la nature de classe de chaque mesure prise par le pouvoir : en effet pour les capitalistes et leur personnel politique il s’agit en permanence de favoriser la croissance du capital le plus vite possible. Aucune mesure prise par ce pouvoir ne s’écarte de cet objectif. Cette croissance dans les conditions du capitalisme se paie au prix fort pour les peuples : guerre, chômage, paupérisation, famine, répression, etc...
Deuxièmement, il faut mettre ces mesures en relation avec la mondialisation du capital et mettre en évidence les contradictions entre les puissances capitalistes et celles qui aspirent à le devenir (exemple Etats-Unis-Europe-Chine).Dans un même cheminement, il est primordial de mettre en lumière les luttes héroïques de peuples qui cherchent des alternatives au capitalisme dont ceux d’Amérique Latine, je pense au peuple cubain et au peuple vénézuélien en particulier.
Troisièmement, il faut mener la contestation de l’ordre capitaliste en permanence à partir de ce que vit chaque individu, sa famille, ses proches pour dévoiler la nature même de l’aliénation et de l’exploitation, celles-ci perdureront tant que les dominés accepteront de l’être, voire tant qu’ils collaboreront au système dans l’espoir d’en avoir quelques avantages qui, dans une précarité permanente, ne sont en définitive que des miettes comparées aux énormes potentialités des forces productives et de création de l’humanité qui sont elles-mêmes en deça de ce qu’elles pourraient devenir dans une humanité qui serait fondée sur la coopération et la liberté totale de création.
Quatrièmement, il faut mener une lutte politique sans concession aucune avec la bourgeoisie, avec toutes les forces du capital financier, avec ceux qui se réclament en parole du socialisme mais qui font le choix du capitalisme dans les faits. Il ne suffit pas de comprendre la nature de classe de leur domination, il faut concrètement prouver dans les faits qu’une alternative révolutionnaire peut se construire en pratique et en théorie c’est à dire à la fois au quotidien et dans une visée transformatrice qui soit commune à des millions de gens différents. C’est à chaque fois dans et par la pratique sociale que les partis révolutionnaires montrent leur utilité, les discours, les textes, ne sont utiles que si ils permettent d’engager l’action pour transformer l’ordre établi, même si il s’agit de la moindre petite parcelle de celui-ci.
Le rôle du parti révolutionnaire n’est donc pas celui d’un parti classique qui agit pour gagner les élections et qui une fois élu accompagne le système et en définitive le défend parce qu’il en tire profit pour une poignée de personnel politique et quelques parasites qui reçoivent la bénédiction des grands capitalistes pour les services rendus ou bien pour avoir abandonné les intérêts des prolétaires.
Le rôle du parti révolutionnaire est d’irriguer la société d’idées novatrices que les gens par la lutte démocratique imposeront , voire corrigeront, amélioreront, afin de rompre avec toutes les mesures résultant de l’accumulation du capital, d’en finir avec l’utilisation de l’Etat comme instrument de domination d’une classe sur l’immense majorité et au contraire d’utiliser l’argent pour le développement de l’ensemble des exploités du jeune chômeur à l’ingénieur qui ne peuvent être garantis dans leur droit d’avoir un emploi , une retraite, une protection sociale, le droit au logement, aux vacances, à l’éducation permanente, que si toute la société s’associe pour l’assurer à tous sans discrimination, que si l’argent trouve sa destination dans les forces de création.
Cinquièmement, il faut que le parti révolutionnaire soit un laboratoire populaire de réflexion théorique pour l’action. Ce parti doit être lié à tous les milieux de la société : il doit devenir le lieu de rencontre de ceux qui ne se voient jamais : le jeune en galère des quartiers populaires doit pouvoir y rencontrer le technicien supérieur d’une grande entreprise, la mère au foyer doit pouvoir faire connaissance avec un informaticien de la finance, le lycéen doit pouvoir y cotoyer le chercheur. Le but est que le parti devienne une école autonome dans laquelle chaque individu partage son savoir. Cette mixité sociale est un préalable à l’action volontariste de la direction du parti de développer une éducation populaire de haut niveau. Car sans théorie révolutionnaire, pas de parti révolutionnaire.
Autrement dit la division du travail doit être dépassée dans le parti lui-même pour qu’il devienne ce laboratoire d’expériences croisées qui se donne pour objectif non des luttes catégorielles mais la transformation générale de la société. Le parti doit devenir l’instrument de la liberté des exploités qui en s’engageant dans le combat anti-capitaliste pré-figurent par leur propre pratique la société démocratique à laquelle ils aspirent. Autrement dit sans pratique révolutionnaire pas de parti révolutionnaire.
Ainsi le parti communiste n’est en rien un parti "classique", il tend même à être l’opposé de la conception classique de la politique. Rejet de tout électoralisme, dirigeants révocables démocratiquement et à tout moment par les adhérents, présence permanente sur les lieux de vie et de travail, consultation régulière des adhérents et des citoyens, compte rendu systématique d’activité, formations (échanges d’expérience, lectures commentées, éducation aux nouvelles technologies d’information et de communication, apprentissage des méthodes critiques et favorisant la construction de projets, etc...).
Le parti rvolutionnaire doit devenir tellement attractif qu’il doit réussir à supplanter l’isolement opéré par l’utilisation capitaliste des médias et en particulier de la télévision. A notre époque, le parti révolutionnaire doit devenir un lieu où le développement et l’enrichissement culturel de ses membres devienne sur une base internationaliste l’une des priorités fondamentales de son action afin en retour d’irriguer la société de ces rapports riches en coopération, inventivité, créativité sociale et politique.
Alors être communiste aura un sens pour des millions de gens qui s’engageront dans le combat anti-capitaliste dans une perspective de libération humaine, dans une pratique dépassant totalement les divisons et les égoismes imposées par la société bourgeoise, une pratique totalement opposée aux dérives staliniennes et qui sera annonciatrice, anticipatrice de la société communiste.
Jusqu’ici le parti n’a été pensé trop souvent que comme une question d’organisation au sens quantitatif, dans ses heures les plus sombres comme une question militaro-idéologique, et non comme un espace de liberté et de créativité totale permettant réellement l’association libre de ses membres. Et même lorsque ses statuts se déclarent pour une telle construction, on a considéré trop souvent le parti comme une machine électorale. Même si le PCF a été un vivier formidable de militants révolutionnaires, l’organisation en fonctionnant souvent sur elle même en a broyé quelques uns, en a exclus soit avec fracas soit plus récemment par indifférence et oubli ! Entre ceux qui envisagent de liquider le PCF et ceux qui veulent le conserver en l’état il y a la même cécité sur le fait que la situation pousse à inventer un parti révolutionnaire d’une teneur qualitative jamais atteinte. Toutes les idées sur la construction de ce parti pour en faire un parti révolutionnaire de notre temps doivent se faire entendre : l’imagination doit être plus que jamais au pouvoir !
Collectif Bellaciao
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