"La Gauche" n’est décidément pas le bon cheval.
Qu’elle soit ou se présente, ou se prétende "unitaire", "de gauche", "unie", "arc-en-ciel", "avenir", "maintenant"...
Vraiment non.
C’est au-delà, évidemment la simple bataille d’éventuelles "AOC", j’espère qu’on le comprendra...
L’exemple italien devrait encore nous faire réfléchir.
Ce n’est pas une défaite ni même un échec ; ça s’appelle, hélas, mille fois hélas, une raclée. Je ne vais pas vous la faire façon "Chronique d’une mort annoncée", ce serait trop facile. Personne de sérieux n’a pu croire une minute en ce projet de "Sinistra Arcobaleno".
Il sentait le sapin, son arc-en-ciel et pas de "chaudron magique" ni à un pied ni à l’autre , mais en revanche une bonne gamelle.Ca oui.
Un peu de patience (pour celles et ceux qui piaffent au padock devant les vertus supposées, fantasmées, et à certains égards aussi, réels, mais infimes, d’une "Linke"), et nul doute que l’Allemagne nous offrira aussi bientôt, quand les vraies questions se poseront pour cette formation (qui mange pour l’instant son pain blanc), un exemple sur lequel méditer.
A moins qu’elle tire les leçons de toutes ces erreurs et ne commette pas les mêmes, bien évidemment.
Non pas que je le souhaite (j’aimerais qu’il en fut autrement...), mais comme nous sommes de plus en plus nombreux à essayer de l’expliquer, c’est presque "mathématique". Et cette mathématique-là, elle est internationale. C’est celle de toutes les formations sociales démocrates, sociales libérales, démocrates chrétiennes.
Toutes choses qui peuvent d’abord et avant tout se définir comme radicalement opposée au communisme et aux révolutionnaires. Parfois, de "bonne foi". Plus souvent, avec une conscience claire de ce dont il s’agit : "polir" le pouvoir bourgeois pour le rendre juste assez supportable au plus grand nombre et transformer ce plus grand nombre en gardien de troupeau des exploités et des crève la faim, des miséreux. "Je te domine, tu le domines, il les domine...."
"La Gauche " (Die Linke, La Sinistra, The Left ...) est une notion tout à fait sociale-libérale, employée de plus ou moins bonne foi pour ne pas effrayer "le chaland". Et surtout le chaland petit bourgeois, électorat presque naturel, en France, du "PS".
Il fallait seulement bien pomper aussi un peu du vote ouvrier, salarié, etc, pour "gonfler le paquet" et rafler la mise. Une fois que ce fut fait, le PS découvrît progressivement sa politique. Fondamentalement capitaliste. Aujourd’hui on le voit. Les choix du PS ne peuvent pas accompagner les salariés, les travailleurs.Ce sont des choix de casse nationale, de casse sociale, de casse humaine. (Avec juste un joli petit noeud autour du paquet alors que l’UMP nous envoie le paquet dans la gueule).
Pour faire oublier le mot "socialiste", un peu effrayant pour "les autres" une fois qu’on avait ponctionné l’écot des voix ouvrières, on a commencé à dire "PS" et plus "Parti socialiste". Et puis on a dit "la Gauche". Et il s’est même trouvé des membres du PCF pour théoriser cela, enfourchant "l’union de la gauche" avec conviction et se livrant aux délices de l’auto-flagellation ! Rappelez-vous : "l’union est un combat".
Seuls, les communistes ne sont rien ! Seuls, les communistes sont minoritaires ! Seuls, les communistes ne peuvent rien !
Tout à fait juste ! Oui , ce n’est pas moi qui dirai le contraire.
Mais fallait-il passer de ce constat à la conclusion "Alors, les communistes doivent être les premiers artisans de l’union de la gauche" ? et ainsi, œuvrer en première ligne pour l’avènement du PS, notre dilution, notre effacement ?
Tout à fait juste, disais-je donc. Mais juste comment et pourquoi ? Fallait il s’en tenir là ?
Seuls dans un système bourgeois, dirigé par des règles bourgeoises, avec une constitution bourgeoise, en effet, les communistes ne peuvent rien ! Ou plutôt, ils ne peuvent rien avec les armes "conventionnelles" et par les "voies bourgeoises".
Ou plutôt, la seule chose que nous eussions du faire, c’était de pousser à fond la logique petit-bourgeois du PS "allez y les gars, allez-y" et attendre.
Bien sûr, on peut voter pour eux , tiens ! Il vaut mieux eux que les fachos ! Il vaut mieux eux que L’Innommable !
Sauf que le "il vaut mieux", ce n’était pas à traduire par "car le PS c’est la gauche". Non, on n’était pas obligé de donner dans cette mascarade du "PS de gauche" pour voter pour eux au cas où ! Il suffisait (et il suffit toujours ) de dire "ce sont les moins pires" - ce qui ne signifie nullement que "ce sont les meilleurs" !
Quel énorme piège idéologique nous avons dressé contre nous même, et donc, contre les intérêts des travailleurs, en nous embourgeoisant à notre tour, en oubliant que ,si nous devions occuper le terrain partout comme nous pouvions, nous devions le faire en conscience que le Parlement, le gouvernement, la constitution de 58, les élections "démocratiques", dans un monde capitaliste, et a fortiori sans proportionnelle, se sont avant tout d’excellents moyens d’EVITER la révolution !
Des chausses-trappes pour que les communistes passent "du côté obscur de la force". Du côté qui gère. Du côté qui collabore.
Du côté qui oublie la règle fondamentale que, "malheureusement" dirais-je, la société ne changera que dans les spasmes. Brusquement, de manière que personne n’aura décrétée. Malgré "nous", les "politiques", pour faire large.
Bien sûr ,je l’ai déjà dit mille fois ça fait PEUR de se confronter à cette vérité. Bien sûr, ça ne veut pas dire non plus sombrer dans le gauchisme en "fabriquant" une "fausse révolution". Bien sûr , à moi aussi, ça me colle la trouille, tout ce qu’il y a (et que nous savons tous "instinctivement") ,dans ce mot "Révolution", tout ce que recouvre ce concept, cette notion...
Mais croire qu’on peut empêcher une révolution le jour où elle se présente c’est aussi crétin que de croire qu’on peut la créer quand le "kaïros" n’est pas là.
C’est pour ça, dans une grosse crise de trouille et particulièrement après des épisodes comme 1871, 1936, 1968... on a rappelé "La Gauche" à la rescousse de la "paix sociale " et du "progrès". Regardez bien, vous verrez comme c’est symptômatique.
Plus on parle de "La Gauche", plus c’est parce que ceux qui devraient la constituer, ou sont supposés la représenter, prennent peur devant l’ampleur des soulèvements, devant la puissance des grondements..."Oulala un climat révolutionnaire, insurrectionnel, vite, vite, un peu de Gauche pour calmer tout ça".
Je comprends que certains paniquent grave vu qu’on a mal fait, très mal fait notre boulot de communiste ces vingt dernières années...
La seule chose que nous pouvons faire, c’est former nos soeurs, nos frères, encore ,toujours ,inlassablement, les former, les éveiller, leur apporter ce qu’on sait, ce qu’on ne sait pas, nos erreurs, nos techniques, nos questions, nos rares réponses... pour que la révolution ait une chance d’aboutir, et SURTOUT, pour qu’elle ait une chance d’être une révolution populaire, prolétaire, communiste, et pas une révolution réactionnaire, fasciste.
"La Gauche" c’est un moyen pour les communistes de cacher leurs oripeaux d’héritiers des Communards, d’héritiers du Manifeste, de 1917 et j’en passe ! Un bon moyen pour l’objectif poursuivi très officiellement ( avoir un"groupe parlementaire", "des élus", "des sous") un mauvais pour le but abandonné (la révolution, un jour...). Le drame c’est qu’en plus, ce déguisement , il coûte de plus en plus cher.
"La Gauche" en France, qui rayonna dans le monde, comme par hasard, elle est née avec la Révolution de 1789. (Qui était une révolution bourgeoise. On ne peut pas l’oublier quand même). Elle a été pérénisée ensuite avec avidité par tout ce que les forces révolutionnaires comptent d’ennemis depuis la Commune.
Il serait peut être temps d’arrêter alors, avec "La Gauche" et de reprendre des mots très très simples : communiste ,socialiste...simples mais éloquents et surtout diaboliquement précis. Qui ont le mérite de faire "le ménage" dans l’auditoire ,l’entourage. Qu’on ne soit pas d’accord avec des communistes, avec des socialistes, je le conçois, c’est une chose. Qu’on ne ait peur et qu’on cherche à les abattre, c’est un signe qui ne peut être qu’un mauvais signe !
Sous le masque du "progressiste" se cache le conservateur rusé.
Le mot "gauche lui permet d’avancer ses pions avec notre complicité (y compris pour dire un jour "oh, droite/gauche, ça n’existe pas...") alors que le mot "socialiste" et pire, "communiste" fait voler son masque en éclats ! Souvenez-vous : "Ah non, pas les communistes !" (François B., de Pau, en mars 2008 à Aubagne :))
On avance avec "communiste", "socialiste", "féministe", "écologiste".... et même si nous n’avons que des définitions également imparfaites, jamais achevées (et pour cause) de ces notions, et bien ça ne sera jamais plus flou et plus faux-cul que "La Gauche".
Un peu de vérité et d’audace dans le monde, ici et ailleurs, un peu de "folie", de l’Amour, une envie de beauté, et du courage, beaucoup de courage, même contre soi.
Est-ce que cela signifie que d’ici là on ne doive pas travailler ensemble ? Lutter ensemble ?
Certes NON et AU CONTRAIRE. Ce serait déjà pas mal de commencer à défiler côte à côte, au lieu de nous pomper le chou avec des incantations "unitaristes" !
Et de rassembler TOUS LES COMMUNISTES, ceux qui se sentent tels, ceux qui pensent l’être, ceux qui le sont, dans le mouvement. TOUTES ET TOUS.
Voilà.
Fraternellement
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