Politique - Article paru le 21 novembre 2008 dans l'Humanité
Travaux pratiques sur la « transformation du PCF »
La direction communiste a décidé de donner un coup d’accélérateur au débat sur les transformations à apporter au Parti communiste, l’orientation déterminée par la base commune adoptée par les adhérents est en effet explicite : « Nous faisons aujourd’hui un choix : engager de profondes transformations de notre parti. » Une option préférée à celle, écartée, de « la constitution d’un autre parti aux contours incertains ». La teneur des échanges du Conseil national était de « passer des bonnes intentions à une véritable mise en oeuvre ».
Mais si une majorité acquiesce à l’idée d’une « métamorphose », reste à « s’accorder sur la nature des évolutions, des transformations, des ruptures nécessaires », comme l’exige aussi la base commune. Or c’est là que le bât blesse. « À ce jour, peu de propositions concrètes émergent pour tenter de répondre à nos difficultés », constate Robert Injey, rapporteur au Conseil national. Y compris de la part des communistes porteurs d’options non retenues par les adhérents, comme la création d’un « nouveau parti » ou encore celle de « renommer le PCF », qui n’est pas « une question sacrilège », pour Pierre Dharréville.
Pour Robert Injey, « sauf à se contenter d’un statu quo mortifère, sauf à sacrifier à l’effet de mode en privilégiant l’habillage sur le contenu, il y a besoin de transformer le Parti pour donner à voir qu’il est possible de faire de la politique autrement ». Plusieurs « pistes de travail » pour « mandater la prochaine direction sur des objectifs clairs » ont été énoncées, autour de « trois chantiers » : « Inventer une démocratie active, libérer les intelligences, construire un nouveau militantisme de proximité ». Avec une idée centrale : « Rompre avec la délégation de pouvoir qui nous imprègne malgré nous. »
Parmi les propositions versées au débat des communistes, il s’agirait de faire du PCF un « parti qui sache s’ouvrir », avec « des portes d’entrées politiques multiples » (luttes sociales, violences conjugales, pauvreté, racisme, précarité…), mettant « l’éducation populaire » au coeur de l’activité de ses sections, doté d’une direction plus collégiale avec une « coordination de plusieurs membres » pour « rompre avec la conception d’un seul leader ». Certains intervenants ont exprimé à ce sujet le souhait d’élire un(e) nouveau (nouvelle) secrétaire national(e) pour envoyer un signe visible de changement et de renouvellement à l’extérieur du PCF.
Autre proposition, celle d’une direction « plus dans l’implication et moins dans la représentation », et dont chaque membre se verrait confier « la co-animation d’une structure d’entreprise ». Enfin, le PCF se tournerait vers la société et le ferait savoir par une campagne nationale « portes ouvertes », et il engagerait une bataille de la communication politique communiste offensive, avec la mise en place d’un réseau national sur ce thème.
Autant de domaines où le travail à réaliser équivaut à un « pas de géant », a souligné Robert Injey. Et qui ne pourra donc être achevé d’ici au congrès. C’est le sens de la proposition de Patrice Bessac, reprise dans le débat, de décider au congrès de la constitution d’une « commission de travail nationale avec des responsables de section, des secrétaires fédéraux, des responsables nationaux, des élus, des syndicalistes, avec pour mission essentielle de travailler au militantisme communiste du XXIe siècle, aux changements dont le Parti a besoin ». « Les communistes ont majoritairement exprimé un choix, celui du PCF, ce choix doit être respecté. Mais personne n’est satisfait de la situation actuelle », constate le responsable parisien.
Sébastien Crépel
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