PCF : un débat cartes sur table et portes ouvertes
34e Congrès
Les 29 et 30 octobre, ceux des 134 000 adhérents du Parti communiste qui seront à jour de leur cotisation vont pouvoir voter. Ils devront choisir, entre trois textes, celui qui servira de « base commune » à la discussion de leur 34e Congrès, qui se tiendra du 11 au 14 décembre à La Défense. Le 6 septembre, le Conseil national du PCF avait adopté par 88 votes pour, 7 contre et 29 abstentions, le texte intitulé « Vouloir un monde nouveau, le construire au quotidien » qu’il propose comme base commune de discussion. Comme le stipulent les statuts du PCF, les adhérents avaient cinq semaines pour examiner ce texte. Ceux qui considèrent que le texte adopté par le CN ne peut servir de base de discussion à tout le parti avaient la possibilité de déposer un texte alternatif. S’ils parvenaient à réunir 200 signatures de membres du PCF venant d’au moins 10 départements, le texte était validé et soumis au vote des adhérents.
À l’échéance du 10 octobre, deux textes alternatifs ont ainsi été reçus à la commission de transparence des débats et validés par elle. L’un, intitulé « Faire vivre et renforcer le PCF, une exigence de notre temps », est notamment présenté par Henri Alleg, Emmanuel Dang Tran, le député et maire de Vénissieux André Gerin, le conseiller général d’Aubervilliers Jean-Jacques Karman et Henri Martin. L’autre, intitulé « Renforcer le PCF, renouer avec le marxisme », déclare comme principaux signataires Jacques Lesne de la Seine-Saint-Denis, Hubert Prévaud du Tarn, Jérôme Métellus et Greg Oxley de Paris et Christophe Cambefort de la Haute-Garonne.
Le vote aura donc lieu entre le texte proposé par le CN et les deux textes alternatifs. Un quatrième texte sera pourtant versé au débat des communistes. Pierre Zarka, Roger Martelli, Patrick Braouezec, le député de Saint-Denis, et Catherine Tricot ont en effet déposé un texte, « Continuer l’engagement communiste. Fonder une nouvelle force politique » et recueilli les signatures nécessaires. Mais ils ne souhaitent pas voir leur texte soumis au vote des communistes. « La base commune n’en est pas une, explique Pierre Zarka. Elle ne rend pas compte des différentes opinions. C’est en retrait sur les précédents congrès. » Pierre Zarka « dénie au congrès toute validité. Présenter un texte alternatif, ce serait entrer dans une logique que nous refusons ». La commission de transparence a néanmoins souhaité que ce texte soit versé au débat. « Pour l’information des communistes, nous voulons que toutes les cartes soient sur la table », explique Hervé Bramy, président de la commission, qui regrette que les auteurs de la proposition de fonder une nouvelle force politique n’aient pas souhaité soumettre leur texte au vote.
« Pour se forger leur propre opinion et effectuer un choix en conscience, les communistes ont besoin d’avoir tous les points de vue entre leurs mains », insiste Hervé Bramy. Chaque adhérent va donc recevoir une brochure contenant le texte du Conseil national et les deux textes alternatifs, ainsi qu’une annexe contenant le texte proposé par les « communistes unitaires » et un résumé d’opinions diverses versées au débat. À ces éléments, il faut ajouter les contributions, les comptes rendus de réunions et les tables rondes publiés chaque mercredi dans le supplément Communistes de l’Humanité et l’ensemble des contributions envoyées au site Internet du PCF. Elles sont plus de 900 à ce jour.
La discussion au sein du Parti communiste sur sa conception du monde, sa stratégie et son avenir comme force politique qui compte dans le pays, a été lancée dès le lendemain de l’élection - présidentielle en 2007. Pour Pierre Laurent, chargé de l’animation de la discussion sur les textes, trois points font essentiellement débat aujourd’hui entre les communistes. « D’abord la crise actuelle qui légitime pleinement le combat des communistes pour un dépassement du capitalisme », note-t-il. La deuxième question débattue est celle de la reconstruction d’une alternative à gauche. « Un fossé se creuse entre la situation qui invite à être extrêmement audacieux en termes d’alternative au système et l’état de la gauche, estime Pierre Laurent. Le projet de base commune proposé par la direction invite le PCF non pas à faire bonne figure dans l’opposition à Sarkozy, mais à se situer dans la construction d’un rassemblement à vocation majoritaire. Nous voulons un mouvement de débats et d’actions divers qui pourrait s’incarner nationalement dans
un Front progressiste et citoyen. » « Quelles transformations du Parti communiste, de quelle nature et de quelle ampleur ? C’est le troisième grand point en discussion, affirme enfin Pierre Laurent. Nous voulons profondément transformer ce parti, l’ouvrir à des gens qui pourraient y avoir leur place et ne l’ont pas aujourd’hui. » Dans la phase nouvelle de la préparation du congrès du PCF, avec le vote et les débats autour du texte qui sera choisi, avec les assemblées de section, les congrès départementaux et le congrès national de décembre, la commission souhaite ouvrir les discussions à l’extérieur du PCF. Elle invite les sections et les fédérations à faire, des 29 et 30 octobre, des journées « portes ouvertes » dans les lieux de vote.
Olivier Mayer
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