Monde
300 000 manifestants dans la rue contre la politique Berlusconi
Italie . La manifestation promue par les partis de gauche contre la politique gouvernementale a été plus imposante qu’espéré.
Il fallait l’initiative du Parti de la refondation communiste (PRC), des Verts, du Parti des communistes italiens (PDCI) pour faire défiler 300 000 citoyens contre la politique du gouvernement samedi sous une marée de drapeaux rouges et de drapeaux arc-en-ciel « Pace ». « Aujourd’hui, c’est la fin de la retraite », clamait le secrétaire général du PRC Paolo Ferrero. À la veille de la manifestation, préparée en catimini médiatique du fait de l’attention donnée à la crise financière, personne n’aurait espéré une telle affluence. Si en avril la gauche a été rayée du Parlement, elle a montré qu’elle pouvait passer du statut de « témoin » à celui de « protagoniste » comme le souhaitait vendredi le leader historique de la Refondation, Fausto Bertinotti.
L’enjeu était de taille : ne pas laisser le primat de l’opposition à l’ancien juge Antonio Di Pietro. Face à « l’attitude responsable » du leader du Parti démocrate (PD) de Walter Veltroni, seul Antonio Di Pietro semblait mener l’opposition résolue aux politiques berlusconiennes. Ce samedi, place Navona, son mouvement, l’Italie des valeurs (IDV) recueillait des signatures pour lancer un référendum contre le « lodo Alfano », une loi qui permet la suspension de tous les procès contre les cinq plus hautes charges de l’État… dont Silvio Berlusconi. D’où la manifestation des organisations de gauche, qui ne veulent pas laisser le terrain de la contestation à une politique uniquement « justicialiste ».
Les slogans ont passé au crible la politique de Silvio Berlusconi : pour une politique de hausse des salaires, contre ses lois ad personam, contre la destruction de l’école publique, à un moment où l’exécutif entend supprimer 4 000 écoles dans les petits villages.
Si cette manifestation est réussie, elle n’en pose pas moins des questions à la gauche. Dès samedi, Paolo Ferrero en appelait à une « coordination des forces de gauche ». La minorité de Refondation qui souhaitait la création d’une nouvelle force politique et qui a été battue lors du dernier congrès défilait-elle sous ses propres couleurs. Par ailleurs, la mobilisation a permis de mobiliser au-delà des partisans des forces de gauche : pour preuve, la participation de l’association « À gauche du Parti démocrate »… Le principal parti d’opposition organise d’ailleurs sa propre journée de mobilisation le 25 octobre. G. D. S.
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