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Tribune libre - Article paru le 18 juillet 2008 dans l'Humanité

idées

Intervenir dans l’entreprise

Sociologie

Revendiquer et s’organiser ! présentativité syndicale et démocratie sociale,

coordination de Louis-Marie Barnier, éditions Syllepse-Fondation Copernic, 2008. 9,50 euros.

Avec les saisonniers, Une expérience de transformation du travail dans le tourisme social, de Richard Dethyre, éditions La Dispute, 250 pages, 12 euros.

Si les salariés ne veulent pas se retrouver dominés et écrasés en permanence, ils doivent se défendre et revendiquer collectivement : c’est-à-dire s’organiser. Cette capacité d’intervention est à construire en permanence au sein des entreprises, principalement dans un cadre syndical. Mais la question se pose aussi au niveau de l’ensemble des rapports sociaux qui se nouent dans une société. La dernière note de la Fondation Copernic, coordonnée par Louis-Marie Barnier, approfondit cette problématique sous l’angle de la représentativité syndicale au sein des entreprises. Les auteurs décortiquent les enjeux liés à la question de la représentativité. La capacité des salariés à se défendre collectivement passe suivant l’analyse proposée par une double nécessité, apparemment contradictoire : le droit démocratique de s’organiser dans le syndicat de son choix ; et la construction de l’unité syndicale afin d’obtenir un rapport de force favorable face à l’adversaire. L’action collective organisée est en effet indispensable en raison de l’inégalité fondamentale du contrat de travail.

Tous les salariés sont concernés par ces questions,

y compris les intermittents du salaire que sont les saisonniers, et cela même quand leur employeur est une institution dirigée par des représentants des salariés ! C’est ce que nous démontre admirablement Richard Dethyre dans son livre consacré à l’action menée pendant des mois à force d’enquêtes et de négociations pour remettre en cause la précarité subie par les travailleurs saisonniers oeuvrant dans le tourisme social. Il nous raconte sa participation en tant que sociologue militant à la lutte collective paradoxale entre les saisonniers et leurs soutiens d’un côté et les salariés et les dirigeants du comité d’entreprise des personnels d’EDF et de GDF (la CCAS) qui est l’employeur de ces travailleurs saisonniers.

Dès qu’il s’agit de s’organiser se pose toujours la question de la démocratie. Démocratie représentative, participative et/ou sociale ? Quel en est, à chaque fois, le contenu précis ? Car la démocratie représentative, souvent honnie, n’est pas forcément la pire : c’est, dans tous les cas, mieux que l’absence de démocratie. La démocratie participative souvent louée, peut être invoquée comme un gadget. Elle peut aussi s’articuler positivement à la démocratie représentative.

Sur le plan politique, si des représentants sont absolument nécessaires pourquoi ne pas envisager, comme dans la Grèce antique, une démocratie représentative dont les représentants seraient tirés au sort. Cette procédure provoque souvent la perplexité. Mais le tirage au sort pourrait être conçu comme un moyen favorisant l’autogouvernement de tous par tous, chacun étant tour à tour gouvernant et gouverné. Cette procédure aurait aussi l’avantage d’empêcher la formation d’une « classe politique » déconnectée de ceux que ses membres prétendent représenter.

Roland Pfefferkorn, sociologue

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Tag(s) : #Préparation Congrès PCF
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