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International - Article paru le 17 juillet 2008 dans l'Humanité

Les Etats-Unis réactivent la IVe flotte

Amérique latine . Washington a déployé depuis le 1er juillet une importante force navale dans la région pour mieux menacer ses ennemis et fortifier ses alliés.

Correspondance particulière.

L’annonce de la réactivation de la IVe flotte suscite un grand émoi en Amérique latine. Créée durant la Deuxième Guerre mondiale, cette unité a été désarmée en 1950. Washington a décidé de la redéployer le 1er juillet pour protéger sa sphère d’influence sud (Caraïbes, Amérique centrale et Amérique du Sud) et de la positionner notamment dans l’Atlantique (sud) pour « lutter contre les trafics illégaux et intervenir en cas de catastrophes naturelles ».

Les pays de la zone ont, à l’exception notoire de la Colombie d’Alvaro Uribe, émis doutes et craintes concernant les intentions réelles des États-Unis. Au Brésil, les parlementaires de la majorité ne cachent pas leur hostilité, alors que « d’importants gisements de pétrole ont été découverts au large des côtes et qu’on évoque "l’internationalisation de l’Amazonie" ; ils demandent l’interdiction pour la IVe flotte de croiser dans les eaux territoriales.

La présidente argentine, Cristina Fernandez, a fait part au sous-secrétaire d’État Tom Shannon des craintes de ses compatriotes et des voisins boliviens et paraguayens notamment. Se voulant rassurant, l’envoyé de Washington a déclaré que les bateaux « ne remonteraient aucun fleuve », sauf « en cas de demande des gouvernements ».

Sur le continent, plus d’un s’interrogent sur ce redéploiement, au moment où des changements politiques importants se produisent avec l’apparition de gouvernements progressistes décidés à rompre avec la tutelle des États-Unis.

On comprend mal en effet que la IVe flotte, basée en Floride et coordonnée par le commandement sud, dont les missions seraient humanitaires, comme le laisserait accroire le navire-hôpital équipé de blocs opératoires et de mille chambres, dispose de près de cent hélicoptères de combat dont six portant des armes anti-sous-marins : arsenal démesuré pour une prétendue lutte contre le trafic des armes, de la drogue et des personnes.

Le doute augmente encore si l’on ajoute que pour la première fois de l’histoire de la marine des États-Unis, le commandement a été confié à un officier des commandos spéciaux, l’amiral John Kernan qui, en Irak et en Afghanistan, était chargé des contacts avec les groupes rebelles opposés aux régimes contre lesquels sont intervenues les troupes de Washington.

G. D.

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Tag(s) : #Relations internationales
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