Contribution d'Henri Génard
Cellule les Aygalades
Section du 15ème arr. sud de Marseille
Membre du conseil départemental de la fédération des Bouches du Rhône du PCF
19 juillet 2008
Nous vivons une époque inédite.
Les forces productives ont atteint un tel degré d’universalité et de développement qu’elles permettent désormais de résoudre les grandes questions de l’Humanité : la famine, les inégalités, la pauvreté, l’emploi, la formation, la recherche, le développement, les problèmes écologiques.
La Révolution informationnelle, liée au développement de l’information, de l’informatisation, permet de réorienter les investissements afin de faire prédominer ceux qui ont trait aux capacités humaines au détriment de l’investissement matériel et financier.
Désormais, éradiquer complètement le chômage n’est plus une utopie lointaine mais une possibilité à portée des luttes et des efforts des peuples.
Devant de telles potentialités, pourquoi les problèmes ne cessent de s’aggraver ? La pauvreté s’accroît, la précarité s’installe dans toutes les couches de la société, les inégalités explosent.
Le système capitaliste a permis l’explosion de ces potentialités et de ces inégalités.
Il est un système contradictoire qu’il faut dépasser. Pour cela, il nous faut prendre en compte les possibilités qui se font jour en les libérant du carcan que leur impose la recherche du profit maximum.
Pour parvenir à dépasser le système capitaliste, il nous faut nous appuyer sur les possibilités qui sont nées dans son sein mais que le système détourne par la recherche de profit maximum.
Afin de rentabiliser toujours plus les profits, le capitalisme, dans sa phase financière et mondiale a réussi à imposer une série de transformations dans le monde.
Il s’agit en premier lieu de la dérégulation, qui lui permet de s’émanciper de toutes les règles qui sont pour lui autant de contraintes : assurer la totale liberté de circulation des capitaux, imposer la suprématie des contraintes commerciales à toutes les autres, sociales, écologiques, sanitaires, notamment à travers des organismes comme l’OMC.
En deuxième lieu, le capitalisme étend partout dans le monde la marchandisation de toutes les sphères de l’activité humaine. Ce qui l’amène à faire entrer les activités de services, désormais dominantes dans les économies développées, dans la sphère de la marchandise.
En troisième lieu, la marchandisation de toutes les activités humaines amène le capitalisme à privatiser toutes les sphères de l’activité humaine, notamment les secteurs de la santé, de l’Education. C’est ainsi que le profit et la recherche de rentabilité viennent prendre la place de la solidarité à travers la remise en cause des services publics.
En quatrième lieu, l’autoritarisme et le grignotage de la démocratie, en particulier en mettant hors de portée de la volonté populaire les mécanismes économiques, les choix faits par les multinationales, la construction européenne, les organismes internationaux qui ont pourtant des conséquences fortes sur la vie quotidienne des peuples.
Mieux cerner les contradictions actuelles du capitalisme, mieux s’appuyer sur les potentialités naissantes, c’est retrouver la démarche même de Marx pour qui les présupposés d’une société nouvelle prenaient naissance à l’intérieur même de l’ancienne société, sans quoi la transformation sociale ne peut apparaître comme crédible.
C’est donc le communisme qu’il faut revaloriser. Avec tout ce que cela comporte comme parti pris pour l’émancipation humaine, pour le dépassement de toutes les aliénations, pouvoirs, savoirs, richesses confisqués au profit de la classe dirigeante.
Certes, il nous faut revenir sur la crise du communisme, sur l’échec des sociétés qui s’en réclamaient, mais ce qui importe, plus que toute recherche qui reste nécessaire, c’est surtout de faire de la politique avec le communisme.
C’est à l’aune de cette perspective historique que le capitalisme apparaît comme grevé de contradictions qu’il faut surmonter, incapable de les dépasser sans révolutionner les rapports sociaux.
C’est à l’aune de cette perspective historique que le capitalisme apparaît comme transitoire, nécessaire à une époque, dépassé, archaïque, illégitime aujourd’hui.
Mais, si, mettre en perspective le nécessaire dépassement du capitalisme dans sa phase financière et mondialisée est plus nécessaire que jamais, cela n’est suffit pas.
Il nous faut rendre crédible les réformes susceptibles de changer la vie et de répondre aux besoins et aux attentes de notre peuple.
De telles réformes peuvent être mises en place dans trois domaines essentiels.
A) Un nouveau type de développement.
Le capitalisme se caractérise par un mode de développement de la productivité marqué par la prédominance du capital matériel et financier sur le développement des capacités humaines. Marx expliquait ainsi que dans ce système, « le mort écrase le vif ».
Avec la révolution informationnelle, il est possible désormais de renverser le type de productivité et assurer une prédominance de l’investissement dans les capacités humaines au détriment de l’investissement financier.
Il s’agit d’économiser sur les dépenses en capital matériel et financier et d’élever les dépenses dans la formation.
C’est pourquoi la relance de la production industrielle sur de telles bases nécessite des investissements accrus dans la recherche et l’innovation.
Un nouveau type de développement appelle un véritable système de sécurité d’emploi ou de formation, garantissant le passage de l’emploi à la formation et réciproquement sans passer par la case chômage et en étant assuré d’une garantie de revenus.
Il s’agit de répondre au défi d’une croissance dispendieuse en moyen matériel, qui baisse le coût du travail et remet en cause les écosystèmes et la biodiversité.
Cela appelle à un développement des services publics et à une maîtrise des marchés financiers, par une appropriation sociale des grands moyens de production et l’apparition d’un pôle public financier.
Dans le domaine de l’énergie, il s’agit d’avoir une maîtrise publique. Cela passe par une renationalisation d’EDF et GDF qui doit permettre la naissance d’un grand pôle public.
B) Considérer le social comme but et moyen d’une politique nouvelle
Le domaine social ne doit plus être considéré comme le résidé des problèmes économiques. Revaloriser le travail, et donc le salaire, les revenus, c’est mettre les capacités humaines au centre d’une politique nouvelle.
En ce qui concerne l’emploi, et la formation, il s’agit de construire un système inédit aussi important que l’apparition de la Sécurité sociale.
Mettre au premier plan les capacités humaines et l’épanouissement des individus nécessite de nouveaux droits.
Nous considérons que les problèmes touchant aux droits et libertés des femmes sont absolument nécessaires pour une avancée réelle de la civilisation.
L’épanouissement individuel passe aussi par de nouveaux droits pour les jeunes, notamment une allocation d’autonomie leur permettant de mener leurs études, de trouver un logement.
C) Une 6eme République
Enfin, un autre domaine essentiel constitue de nouveaux droits à faire progresser :
Notamment dans la cité afin que les citoyens puissent participer pleinement à la vie de leur quartier, de leur ville.
Et dans le même temps, dans l’entreprise, avec des droits d’intervention des salariés dans la gestion.
Afin de crédibiliser le projet, il nous faut lui donner une dimension au niveau international et surtout européen.
La construction d’une Europe démocratique, sociale fait partie intégrante de notre projet.
Depuis son existence, mise à part une période infantile où le PCF a connu des politiques sectaires (classe contre classe dans les années 20), notre parti a favorisé des politiques de rassemblement majoritaire tout en restant sur des positions révolutionnaires.
C’est ainsi que dans les années 30, le PCF a su initier une politique de rassemblement avec comme objectif politique le « Front populaire pour le pain, la paix et la liberté ».
Ce type de rassemblement, adossé à un fort mouvement populaire, a permis des avancées considérables dont les acquis restent aujourd’hui encore à défendre et à développer, notamment la baisse du temps de travail.
Son combat dans la Résistance a valu à notre parti de peser d’un poids décisif pour construire un rassemblement, allant au-delà des forces de gauche, à travers le Conseil national de la Résistance et son programme marqué par les nationalisations et la mise en place de la Sécurité sociale.
Là aussi, des conquêtes mises à mal par les multinationales qui prennent ainsi leur revanche.
Le propre du parti communiste, c’est d’avoir su initier des rassemblements majoritaires et de garder le cap de la transformation sociale.
C’est d’avoir su gagner la classe ouvrière au rude combat pour changer les institutions. C’est d’avoir su réconcilier le mouvement social, le mouvement ouvrier et la lutte politique.
C’est un acquis fondamental, qu’il nous faut de nouveau faire vivre dans des conditions tout autres.
C’est pourquoi, le rassemblement pose nécessairement la question de la place du mouvement social dans le combat politique.
A) Retour sur les modes de rassemblement passés
Pendant une vingtaine d’années, des années 60 aux années 80, nous avons initié un type de rassemblement sous les couleurs de l’union de la gauche autour d’un programme commun de gouvernement.
Nous insistions alors sur le contenu minimum de ce programme, en particulier les nationalisations qui devaient s’imposer afin de pouvoir maîtriser l’économie et engager une politique conforme aux intérêts de notre peuple.
Après les 22e et 23e congrès, celui de l’abandon de la dictature du prolétariat et du surgissement d’une politique visant un « socialisme autogestionnaire », nous nous sommes complètement investis dans une politique de rassemblement de notre peuple.
Le fait de percevoir que les changements ne pouvaient advenir que d’un combat alliant luttes et élections nous a amenés à concevoir une transformation de la société à partir d’une majorité de gauche appliquant un programme visant à changer réellement la vie de nos concitoyens.
Cela reste un acquis que l’on doit continuer à préserver. Mais, cette union, réalisée pratiquement au sommet, avait comme effet d’écarter les citoyens de la participation consciente à l’élaboration du programme. Notre bataille a plutôt consisté à gagner, voire à rallier notre peuple au programme commun.
Dans cette bataille, nous avons commis une deuxième erreur. Celle d’un effacement du PCF au profit de l’union de la gauche. C’est ainsi qu’en 1965, puis en 1974, nous avons présenté un candidat non communiste à l’élection présidentielle, alors que nous étions la force principale.
En 1969, c’est parce que le PS a refusé une candidature commune que nous nous sommes résolus à présenter Jacques Duclos.
Cet effacement du PCF a favorisé le renforcement du PS à notre détriment. Nous l’avons payé cher en 1981 avec un score nettement en baisse pour notre parti à l’élection présidentielle.
Avec le tournant de la rigueur, dès 1983, notre départ du gouvernement en 1984, nous nous sommes repliés sur nous-mêmes avec une politique consistant à rallier notre peuple à notre politique, renforcer le PCF et « faire revenir », comme nous le disions alors, le PS à gauche.
Cette période, difficile pour notre parti, a été marquée certes, par une volonté d’union à la base, qui consistait à vouloir rassembler autour du parti, mais aussi par une volonté de primauté au mouvement populaire, à la lumière de l’expérience précédente du programme commun, où le rôle de fantassins dévolu au mouvement populaire n’avait pas permis à l’expérience d’aller jusqu’au bout.
Au 28e congrès, en 1994, le passage du secrétariat général de Georges Marchais à Robert Hue semblait relancer notre combat.
D’autant plus que nous entrions dans une période nouvelle marquée, un an plus tard, par un formidable mouvement social.
Avec la victoire de la gauche en 1997, nous avons propulsé la notion de gauche plurielle, que nous n’avons pas été capables de faire vivre. Mais ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain. Ce que signifiait cette notion, c’était que la gauche est constituée de plusieurs partis et que l’effacement du parti communiste était néfaste. Là aussi, nous avions tenu compte de l’expérience précédente, sans s toutefois les moyens de faire vivre cette « gauche plurielle ». Et ce fut l’échec de nouveau
Avec les élections régionales en 2004, puis la bataille contre le Traité européen en 2005, nous avons recherché à rassembler les « antilibéraux » afin de créer une force capable de donner le ton à gauche, face à un PS englué de plus en plus dans des politiques libérales.
C’est contre la politique ultra-libérale du gouvernement que nous avons voulu tenter un « rassemblement antilibéral ».
C’est ainsi qu’en mai 2006, après notre 33e congrès, nous nous sommes complètement investis dans cette bataille avec la constitution de collectifs antilibéraux.
Cela partait d’une idée juste. Pour faire bouger la gauche, il faut que les forces de transformation soient capables de donner le ton et non un PS, dominant à gauche, avec sa politique social libérale.
D’autant plus que la victoire du « non » au référendum montrait qu’une majorité à gauche refusait les politiques libérales menées par les divers gouvernements européens, dont la France.
Après avoir tracé la feuille de route et construit un programme avec 125 propositions, l’échec sur la candidature n’a pas permis à cette forme de rassemblement de perdurer.
Tout a commencé par le rétrécissement du rassemblement avec le retrait de la composante socialiste, alors que la victoire du « non » au référendum avait permis un rassemblement très large.
Dès lors, ce rassemblement avait perdu sa vocation majoritaire.
De plus, les crispations au sujet des candidatures cachaient une différence fondamentale quant aux buts et stratégies menées par les uns et les autres.
C’est ainsi que l’idée d’aller vers une force politique mettant n cause l’existence de notre parti a plus ou moins prévalue chez nos partenaires.
Or, la force d’un rassemblement, c’est d’abord que chacun poursuive le même objectif. L’échec du rassemblement était ainsi devenu inévitable.
B) Les enseignements à tirer
Encore une fois, il ne s’agit pas de jeter le bébé avec l’eau du bain, mais de tirer les enseignements.
Il ne s’agit pas de condamner, voire de minorer les ambitions que nous portions lors de ces diverses expériences.
Mais les leçons sont fortes. Elles consistent à considérer trois traits principaux :
Primauté au mouvement populaire. Ne pas prendre le mouvement populaire
comme un simple fantassin, à rallier à des politiques élaborées sans lui. Primauté au mouvement populaire, c’est le moyen de s’assurer de la solidité du rassemblement.
Des objectifs communs et clairs. Bien vérifier que les objectifs dans
un rassemblement soient clairement identifiés et qu’ils soient communs à chaque force ou composante du rassemblement. C’est le moyen de s’assurer de l’efficacité du rassemblement, ainsi les
objectifs poursuivis auront plus de chance d’aboutir.
Ne pas s’effacer. Le PCF ne doit pas mettre son drapeau dans la poche.
Dans quelque rassemblement que ce soit, il a ses propres objectifs, son programme. Il doit faire entendre sa voix. Cela n’est pas contradictoire avec son combat commun avec d’autres. C’est le
moyen de s’assurer de la pérennité du rassemblement, où personne ne demande à personne de se renier ou de se rallier. Chacun garde son autonomie et son identité.
C) Comment construire des rassemblements ?
Nous sentons bien qu’il ne s’agira pas seulement d’égrener des objectifs et des propositions pour que ceux-ci fassent l’objet d’un assentiment populaire.
Nous avons un problème de crédibilité et de légitimité.
Combien d’hommes et de femmes, lors des actions que nous menons, des initiatives que nous prenons, nous rétorquent : « D’accord avec vos propositions, mais sont-elles crédibles » ?
a) Résister, lutter.
On pourra penser que c’est « le raz des pâquerettes », et pourtant c’est bien la première chose à faire.
Il est de bon ton de dénigrer les luttes.
Certains veulent attendre 2012 pour mettre Sarkozy au chômage. Nous considérons que le premier devoir des communistes, c’est d’aider notre peuple à résister, à lutter, à faire reculer le gouvernement dans son entreprise de démolition sociale.
C’est une question de dignité.
Chaque jour qui passe apporte son lot de désolation, ici, c’est le code du travail qu’on déconstruit, là, les 35 heures, ensuite des lois plus liberticides les unes que les autres, puis, la casse de la Sécurité sociale etc…
Il serait trop long de citer tous les mauvais coups. Mais, prétendre construire une perspective de changement serait complètement illusoire si les coups portés ne trouvaient pas en face, des luttes plus nombreuses.
Ce serait alors la fatalité qui s’imposerait, l’amertume et le repli sur soi.
Qui peut croire que dans ses conditions, on pourrait simplement caresser le rêve d’un changement réel ?
D’autant plus que, si les luttes doivent être menées dans le rassemblement le plus complet, syndicats et partis e gauche, le rôle d’un parti comme le nôtre, c’est, à travers ses luttes, montrer que des moyens existent pour faire autrement.
Sur des sujets bien précis, délimités, comme la santé, le logement, et autres, nous pouvons initier des rassemblements dont le but est de faire reculer le pouvoir.
b) Construire une alternative politique
Ceci étant dit, ce n’est pas discréditer ni même minorer les luttes que de dire que ce n’est pas suffisant pour construire une alternative politique.
Ainsi, pour construire une perspective politique, il est nécessaire de faire converger les divers rassemblements qui peuvent se construire sur tel ou tel sujet. Il faut bien poser la question du pouvoir et du changement de politique. Notre but doit être clairement énoncé. Nous voulons battre la droite, nous voulons au gouvernement une majorité de gauche qui porte les réformes indispensables pour répondre vraiment aux attentes et aux besoins de notre peuple.
Nous devons affronter le bipartisme qui réduit le choix de nos concitoyens, notamment lors de l’élection présidentielle entre les tenants du libéralisme, -qui veulent poursuivre et amplifier les politiques menées et les contre-réformes qui détruisent le tissu social - et ceux du social libéralisme qui considèrent que le capitalisme est indépassable et que l’on ne peut que le modifier à la marge.
A gauche, le risque se fait jour de voir deux forces se partager le terrain, le P d’un côté, qui accompagne les politiques libérales et l’extrême gauche dont la LCR, qui se replie dans la contestation, paralysant ainsi les forces qui pourraient se rassembler pour une majorité nouvelle. Avec sa conception des « deux gauches », la LCR considère qu’il n’y a plus rien à faire avec le PS, renvoyant ainsi la possibilité de former des majorités politiques aux calendes grecques. Si le terrain de la gauche devait rester ainsi, quid de toute possibilité de changement.
Nous devons donc travailler à créer les conditions d’un rassemblement majoritaire, pour changer réellement la vie.
Cela passe par un débat public de toute la gauche, afin que nos concitoyens puissent prendre connaissance des propositions des uns et des autres dans la clarté.
Il nous faut créer des espaces de débat et d’actions dans les cités, les entreprises, les quartiers, les campagnes.
Il nous faut faire vivre la primauté au mouvement populaire. C’est de son intervention que tout dépendra.
L’intervention du mouvement populaire pose en soi une question d’importance.
Depuis plusieurs décennies, la conscience de classe s’est émoussée.
Avec les transformations du capitalisme, l’effondrement des pays « socialistes », la grande bourgeoisie a renforcé son idéologie. Elle a marqué des points dans la bataille d’idées.
Comment aujourd’hui, reconstruire une conscience de classe est une question incontournable.
Il semble que, plutôt, comme dans le passé, de s’attacher à construire cette conscience autour d’une classe ouvrière, il faut gagner toutes les couches sociales, le salariat en premier lieu, à un projet politique. La question du projet revêt donc une importance capitale.
Ceci dit, nous devons lancer des initiatives fortes afin de créer les conditions de la gagne.
1) Des Assises pour la transformation sociale.
Nous avons fait l’expérience, lors de la bataille du référendum, d’une initiative réussie de notre parti. Certes, nous n’étions pas seuls, mais à l’issue de cette bataille, les médias, les commentateurs politiques ont reconnu, à l’unanimité, le rôle important joué par le PCF. On a même parlé à l’époque d’une certaine crédibilité retrouvée de la part du PCF.
Or, dans cette bataille, nous avons mis en œuvre les trois exigences relevées plus haut.
Primauté au mouvement populaire. Nous n’avons pas voulu parler à la place de nos concitoyens, mais nous sommes parvenus à imposer un véritable débat dans tout le pays. Notre peuple s’est vraiment approprié les questions posées par le Traité constitutionnel.
Autonomie du parti. Dans le rassemblement, nous avons poursuivi notre politique, parlé en tant que communistes. Nous avons ainsi fait vivre la pluralité sans demander à quiconque de se rallier ou de se renier.
Détermination claire de l’objectif. L’objectif visé consistait dans la victoire du « non ». Un objectif partagé par tous les participants au rassemblement.
Ainsi, nous pourrions, dans des conditions différentes, un objectif différent, appeler toutes celles et tous ceux - citoyens, partis politiques, organisations diverses, syndicales, associatives – à venir débattre et agir, sur des sujets précis, comme sur l’alternative politique à ouvrir. Cet appel pourrait prendre la forme d’Assises pour la transformation sociale, où nous nous adresserions à toutes ces forces, à nos concitoyens, afin de les organiser avec nous, à égalité de droits et de devoirs.
2) Réorganiser la gauche
Il nous faut sortir du bipartisme et de la situation actuelle dans la gauche. Nous savons que rien ne changera si l’intervention de notre peuple n’a pas lieu. De la période du programme commun, nous avons tiré l’enseignement que l’on ne peut en rester à un tête-à-tête avec le PS. Toutefois, nous ne pouvons travailler en tête-à-tête avec notre peuple, avec ce que certains appellent « l’union à la base ». Cette façon de procéder ne pourrait être comprise que comme une volonté de notre part de rassembler autour de nous.
Nous avons abandonné la conception du parti d’avant-garde ou du parti guide. Nous savons que, si l’action de notre parti est indispensable, nous ne pourrons, à nous seul, incarner le changement. Nous ne pouvons incarner à nous seul un rassemblement majoritaire.
Cette question est souvent traitée en opposition à la nécessité pour le parti de rester autonome. Or, il nous faut apprendre, à l’instar de la bataille du référendum, à être dans des rassemblements, sans pour autant avoir la prétention de les représenter à nous seul mais sans aussi nous effacer.
Cette bataille idéologique, que nous devons mener, dans et hors de nos rangs, rejoint celle qui a trait aux questions de contenus et de rassemblements, bien souvent opposées arbitrairement, alors que l’un et l’autre se renforcent mutuellement.
Pour des rassemblements solides, il est indispensable de travailler des contenus forts, qui permettent réellement de changer la vie, autrement c’est le vote utile qui l’emporte, c’est la résignation, l’acceptation.
Mais, réciproquement, les contenus peuvent être aussi brillants et prometteurs, s’il n’y a pas de large rassemblement autour d’eux, ils restent des idées naïves, incantatoires.
Autant le parti communiste a besoin d’avoir SA politique, SA visée, SES objectifs propres, le communisme, SES propositions, autant tout cela ne peut qu’aider à construire des contenus forts, autant il est indispensable, pour être crédible, que notre parti s’attache à la réorganisation de la gauche, afin que les idées de changement priment sur ceux du renoncement, afin que le leadership à gauche ne reste pas l’apanage d’un PS de plus en plus tenté vers des politiques libérales.
Il faut donc, et cela constitue une bataille politique et populaire, s’attacher à rassembler les forces disponibles pour le changement.
Dans le PS, à la LCR, partout, chez des syndicalistes, des associations, il existe des forces disponibles, en liaison avec la bataille populaire dans tout le pays, pour débattre et agir à l’intérieur de CADRES et de REGLES bien définies et sur des OBJECTIFS communs et donc partagés.
A l’intérieur des Assises, ce débat peut avoir lieu, mais il nous faut aller plus loin.
Si aucune force, à elle seule, peut incarner le rassemblement, il faut donc permettre l’apparition, sur le terrain politique d‘une FORCE POLITIQUE qui pourrait incarner un rassemblement majoritaire.
Cette force politique ne peut remplacer ni dépasser les partis. Aucun ralliement, aucun reniement ne permettra de rassembler efficacement.
Sans pour autant décider d’ores et déjà de la forme que peut prendre cette force, on peut penser qu’une confédération de partis pourrait la concrétiser.
Nous faisons l’expérience, avec le PGE, d’une force organise, sans pour autant que les partis se diluent.
Pourquoi ne pas travailler à ces deux initiatives, Assises pour la transformation sociale, apparition d’une force politique à gauche ?
Si l’on s’achemine vers de tels objectifs, le rôle du PCF, sa fonction, son organisation doivent être profondément revisités.
Le parti communiste n’existe pas pour lui-même. Son rôle, sa fonction dépendent de la bataille politique qu’il mène, des rassemblements auxquels il entend participer.
Toutefois, des traits fondamentaux le marquent, sans lesquels il cesserait tout simplement d’être « communiste ».
Tout d’abord, notre parti, ses militants, considèrent que la bataille pour l’émancipation humaine est un combat, toujours et plus que jamais, d’actualité. Il s’agit de dépasser toutes les aliénations qui empêchent les individus de bâtir leur propre destin.
Aliénation dans la production, le travail, où la force de travail est une marchandise, et qui ne peut être dépassée qu’à partir d’une véritable appropriation sociale des activités humaines, jusqu’au dépassement de la division de la société en classes, ce qui passe par le dépassement de la division du travail.
Aliénation dans les pouvoirs, par la domination d’une classe et de ses organismes, tel l’Etat. Jusqu’au dépérissement de cette forme d’aliénation qu’est le pouvoir d’Etat, au service de la classe dirigeante.
Aliénation idéologique.
Ce combat pour l’émancipation passe par la conviction que le capitalisme n’est pas indépassable, mais une forme transitoire de l’existence des sociétés humaines, qui a joué un rôle positif dans le passé mais qui aujourd’hui constitue la principale barrière à toute avancée civilisatrice.
Cette bataille ne peut pas être menée ni gagnée sans la conviction qu’il s’agit d’un combat de classes, à l’intérieur d’une lutte de classes dont le but est de favoriser l’adoption d’une conscience de ses propres intérêts par le mouvement social, en particulier le salariat.
Sans de telles convictions, nous cesserions d’être communistes.
Cette bataille pour l’émancipation, cette conviction que le capitalisme n’est pas indépassable, cette conception de l’histoire où la lutte des classes constitue le fait majeur qui en permet le développement, sont non négociables pour un parti comme le nôtre. C’est ce qui constitue notre identité.
Pour autant, cela ne doit pas nous amener à rester figés sur notre identité. Tout au contraire, la démarche de Marx consiste à percevoir les contradictions essentielles et les potentialités qui se créent à l’intérieur même d’une formation sociale.
« Jamais une formation sociale ne disparaît sans qu’elle ait développé en son sein les conditions de son propre dépassement ».
Cette idée formulée par Marx est à nouveau à mettre en application, pour mieux comprendre la réalité et nous appuyer sur les « présupposés » du communisme, qui apparaissent à l’intérieur de la société actuelle.
Cette dialectique est à retrouver si l’on veut se donner les moyens de changer vraiment les choses.
Afin d’œuvrer à un rassemblement majoritaire autour d’un projet transformateur, d’une conscience de classe qui permette au mouvement populaire de se situer à l’offensive, notre parti a besoin de se transformer profondément.
La construction d’un projet communiste est d’autant plus nécessaire que nous avons perdu de nombreux repères.
C’est ainsi que les innovations que nous avons effectuées ont été présentées et vécues comme autant « d’abandons ».
Il en est ainsi de la dictature du prolétariat. Faute d’avoir pu « dépasser » une stratégie à l’ancienne et ainsi la remplacer par une autre stratégie, nous avons purement et simplement « abandonné » la stratégie ancienne.
Or, pour pourvoir dépasser des concepts, des pratiques, il fallait être capables de les « penser », de les maîtriser. On ne peut dépasser que ce l’on a bien compris.
Il en a été ainsi de l’ « abandon » de la faucille et du marteau comme emblème. Sans aucun débat.
Certains affirment que la forme parti est dépassée. Mais, plutôt que de parler dans le vide, il nous faut voir concrètement comment s’est constitué, sur quelles bases, quelle fonction, le parti communiste français.
Pour Lénine, l’organisation du parti répondait aux nécessités de mener le combat révolutionnaire.
Quelles étaient ces nécessités ? Faire prédominer l’efficacité dans le combat révolutionnaire, et cela, en toute circonstance. Ce qui exige de répondre à deux problèmes.
En premier lieu, celui de la conscience. Spontanément, le prolétariat n’atteint pas à la conscience de classe, mais au trade-unionisme, au syndicalisme, qui est l’élément spontané de cette conscience. Mais ne suffit pas. D’où la nécessité d’apporter, de l’extérieur du mouvement ouvrier cette conscience qui repose sur la connaissance de l’essence du capitalisme, du mécanisme de l’exploitation qui n’est pas « visible » au premier abord. La plus value est un concept que l’on ne peut comprendre simplement en « regardant » la réalité, mais aller au-delà pour en saisir l’essence. Cette essence qui serait, selon les termes de Marx, complètement inutile si elle coïncidait avec l’apparence. Aller au-delà des apparences, voilà ce que nous propose l’étude du capitalisme dans ses contradictions fondamentales. Si donc, le prolétariat est incapable, spontanément d’acquérir la conscience de classe, s’il faut l’apport de l’extérieur d’un parti, celui-ci doit donc jouer un rôle d’AVANT-GARDE.
En deuxième lieu, le prolétariat est incapable, spontanément, de s’organiser. Il est donc incapable de produire de la cohérence dans son combat de classe. Spontanément, il est amené à l’action éclatée, disparate, qui conduit à la révolte anarchiste mais non à la révolution consciente. D’où la nécessité de construire un parti qui produit cette cohérence, cette organisation dans le combat. Un parti uni, efficace. Un parti qui ne se construit pas de bas en haut mais de haut en bas. D’où la question de son organisation avec le CENTRALISME DEMOCRATIQUE.
Rôle d’avant-garde et centralisme démocratique se trouvent ainsi mis en cohérence pour l’efficacité du combat révolutionnaire. En toute circonstance, dans la lutte des classes, le parti doit être capable de faire prédominer le combat d’ensemble contre le capitalisme. En fait, cela le vaccine contre l’opportunisme, qui met en sourdine la conscience de classe et les tendances anarchistes incapables de produire la moindre cohérence. Il s’agit donc de faire prédominer la conscience de classe face à l’idéologie bourgeoise et l’organisation efficace face à l’émiettement anarchiste.
Il y a donc priorité de la partie sur le tout en ce qui concerne les rapports parti-masses. Car le parti apporte de l’extérieur la conscience révolutionnaire. C’est le rôle d’avant-garde du parti.
Et priorité du tout sur les parties à l’échelle de l’avant-garde, car il y faut un centre qui produise de la cohérence. Ce « centre », pour Lénine, c’est le congrès qui centralise ainsi les connaissances et met en cohérence une politique à travers ses pratiques et ses stratégies. Et il doit y avoir subordination au centre afin de créer l’organisation adéquate au combat révolutionnaire. C’est le centralisme démocratique. Pour Lénine, pour que le parti puisse jouer son rôle d’avant-garde, il faut qu’il soit lié aux masses ; et apprendre d’elles. Le drame du stalinisme, c’est d’avoir transformer une fonction, « le rôle d’avant-garde » par une essence détenue de droit par le parti : « le parti d’avant-garde ».De plus, alors que pour Lénine, le centre était le congrès, c’est-à-dire l’activité centralisante, pour Staline, le centre devint un organe au-dessus du parti, « la direction » et son « secrétaire général ».Sait-on que les congrès du parti, au temps de Lénine étaient tenus annuellement (sept congrès de 1917 à 1924) ? Qu’il n’y avait pas de bureau politique, pas de secrétaire général ? Et pourtant, la lutte était dure et c’est avec un tel parti que la révolution a été accomplie. On est loin de la caricature que nous avions du centralisme démocratique durant des décennies. Nous le présentions alors comme mode d’organisation en trois temps : discussion libre, décision majoritaire, application par tous. Dans ces conditions, le parlement républicain vit avec un tel mode d’organisation, car la loi est effectivement discutée par tous les députés, décidée à la majorité et applicable par tous.
Comment pourrait-on dans ces conditions « dépasser » un tel mode d’organisation alors que nous en avions une vue si caricaturale. Et d’ailleurs, comment sait-on que le mode de vie du parti a reposé sur le centralisme démocratique ? Quand avons-nous connu une telle organisation ? Pendant des décennies, c’est la direction qui a fait office de « centre » pour créer de la cohérence dans le parti. Comment comprendre autrement le fait que seule, elle était habilitée à publier un document sur lequel les communistes devaient obligatoirement faire porter leurs discussions, avec comme seul droit celui de l’amender. C’était tourner le dos à la pratique de Lénine qui, lors du 10 congrès de son parti, celui-là même qui devait interdire les tendances, expliquait que, si des désaccords intervenaient, il devait pouvoir y avoir la possibilité de plusieurs plateformes, plusieurs documents à discuter par les communistes. Car Lénine avait compris que l’on ne pouvait pas mettre sous le boisseau des désaccords et qu’il fallait saisir les communistes, car eux seuls pouvaient « trancher ».Lénine avait probablement compris que pour combattre les tendances, il fallait une vie démocratique la plus large. Ce ne sont pas les tendances qui sont antidémocratiques, c’est le manquement à la démocratie qui crée les tendances.
Avec le centralisme, qui n’avait rien de démocratique, qui a perduré dans le parti, où c’est la direction seule qui pouvait lancer le là du congrès avec « son texte », tout désaccord, n’ayant pas la possibilité de se faire entendre sur le même plan que la direction, devenait ainsi « dissidence », ce qui ne pouvait aboutir en fin de compte que par la constitution de « tendances ».On a ainsi, pendant des décennies diaboliser les tendances sans voir que la vie même du parti reposait non pas sur l’absence de tendances mais sur une organisation « mono tendancielle », reconnaissant une seule tendance, celle de la direction. Prétendre dépasser dans ces conditions le centralisme démocratique était hors de portée .En fait, tout le « dépassement » à consister à s’attaquer au centralisme. Et un parti, comme toute autre organisation, ne peut vivre sans cohérence, donc sans activité centralisante capable de donner une visée de l’avenir, une visibilité à ce que l’on est, une crédibilité à ce que l’on veut.
En croyant dépasser le centralisme démocratique, on a désarmé le parti de toute possibilité de créer de la cohérence. Plus d’un camarade a déploré la cacophonie au sein du parti, où chacun tire à hue et à dia, où l’on ne voit pas trop bien où se situe la stratégie, la ligne de conduite fondamentale, la visée qui guide, en toute circonstance, le parti. Ce sont alors, tout au long de l’histoire, des variables tactiques, un coup avec le PS, un coup sans, un autre avec les « antilibéraux ». Ne voit on pas que, sous cette prétendue diversité de stratégies, il y a une constante : un parti incapable de fixer son cap à long terme, seul capable de le guider au présent malgré tous les aléas et les différentes périodes politiques. Et pour fixer ce cap, il lui faut avoir une visée authentiquement communiste, seule capable de faire en sorte de faire de la politique avec le communisme. La relégation aux calendes grecques de notre visée communiste nous a coûté et continue de nous coûter cher. On l’a vu plus haut : le centralisme démocratique fait corps avec le rôle dirigeant du parti où il s’agit de faire passer avant tout le combat de classe face à l’inconscience spontanée de la classe ouvrière et face à l’organisation spontanée de cette classe. De sorte qu’il fallait apporter cette conscience et cette organisation DU DEHORS. Est-ce qu’aujourd’hui, de telles analyses restent valides ?
Alors qu’il s’agissait, alors, pour Lénine d’un parti qui devait « prendre » le pouvoir, le garder par la dictature du prolétariat, et donc agir à la violence révolutionnaire, n’est-il pas plus juste, à l’heure actuelle, dans des conditions différentes, où chacun veut voir le bout de ses actes, que le parti travaille non à la contrainte, ni à la violence mais à la conviction ? N’est ce pas à l’intérieur même du mouvement social qu’il faut faire naître la perspective politique ? Il ne s’agit donc plus d’un parti dont le but est de « prendre » le pouvoir mais qui s’attache dès maintenant à aider à la participation de l’immense majorité de notre peuple à la transformation sociale. Le but est donc de faire dès maintenant de la politique avec le communisme. De rendre le peuple, dans les luttes, dans les objectifs, dans les alliances, lors des élections, bref, en toute circonstance, absolument maître de bout en bout de tous ses actes. La question de la conscience, plutôt que de la considérer comme étant à introduire de l’extérieur ne pet-elle pas se poser autrement : à travailler de l’intérieur du mouvement social lui-même ?
Quant à l’organisation du parti, le centralisme démocratique, comment ne pas voir que la subordination à un centre, fût-il le congrès ne correspond pas à la tâche qui nous incombe aujourd’hui. Faire vivre la souveraineté de chaque membre du parti. L’organisation qui est la nôtre correspond-elle à cette double tâche : assurer la souveraineté de chaque adhérent et aider à l’initiative de chaque citoyen afin que les uns et les autres soient de bout en bout maîtres de leurs initiatives. Cela exige non pas de mettre fin à tout centralisme, car un parti a besoin d’activité centralisante, qui consiste à faire circuler l’information, les expériences, à organiser les échanges, afin que chacun puisse mesurer l’ensemble des événements et pouvoir se positionner. Afin que les échanges soient entièrement démocratiques et où de ce débat puisse sortir des décisions qui seront d’autant plus justes et efficaces qu’elles seront le fruit de débats menés en toute démocratie. Aider à mener cette activité centralisant, et non pas donner des directives, non pas dire ce qu’il faut faire mais aider à faire ce qu’il faut, n’est ce pas le rôle des « directions » ?
Dans centralisme démocratique, on a vu le mal du côté du centralisme alors qu’il s’agissait de combattre la verticalité dans l’organisation du parti, les directives de haut en bas. Dans rôle dirigeant, on a abandonné le mot dirigeant mais, incapable d’organiser cette activité centralisante, sans laquelle il n’y a aucun savoir, aucune stratégie, aucune décision qui ne peuvent naître, on a désarmé le parti de toute possibilité de produire de la connaissance, de mener le combat idéologique.
Ayant purement et simplement « abandonner » le rôle dirigeant comme le centralisme démocratique, on n’a en rien dépassé les problèmes qu’ils sous-tendaient, on a en fait désarmé le parti dans sa lutte idéologique et dans son organisation. N’est ce pas le constat de la plupart des camarades ?
C’est pourquoi la question de la « forme parti » ne peut rester taboue.
Si la question « A-t-on besoin d’une organisation révolutionnaire, d’un parti communiste » est posée, et si la plupart des communistes, comme moi, répondent positivement, il faut néanmoins se poser la question : « quelle est l’organisation qui nous permettra de mener le plus efficacement le combat révolutionnaire ? »
Ainsi, rôle des « directions », l’activité « centralisante », tout cela est à repenser pour que le PCF puisse véritablement, à l’heure actuelle, jouer son rôle.
Je suis personnellement d’accord avec MG Buffet pour dire qu’il faut réduire le nombre de camarades au conseil national, comme d’ailleurs dans les conseils départementaux comme celui des Bouches du Rhône.
Mais je partage totalement l’idée émise par mon camarade Michel Carrière, de l’exécutif départemental de la fédération des BDR et responsable à la formation, à savoir que le ou la secrétaire
nationale ne soit pas élu(e) par le congrès mais par le conseil national, et j’ajoute que le premier responsable du parti devrait être celui qui coordonne le travail du parti et le représente,
mais qu’il n’ait pas autant d’audience au sein du parti. Intégré(e) au sein d’un Exécutif national, qui ne soit pas la résultante de savants dosages des sensibilités différentes mais un organisme
qui exécute (comme son nom l’indique) les décisions prises par les militants et le conseil national.
http://www.bdr13.pcf.fr/Contribution-d-Henri-Genard,6538.html
/image%2F0551212%2F20170620%2Fob_74cedc_bandeau-pcf.jpg)