La transformation du PCF concentre les débats
Le débat s’emballe au Parti communiste. Les désaccords sur le projet de résolution proposé aux membres du Conseil national, hier matin, ont contraint les responsables communistes à prolonger la discussion au-delà des horaires prévus. La raison, des divergences sur la portée et le contenu du texte censé préparer la discussion du prochain congrès prévu en décembre.
Si les statuts du PCF prévoient la possibilité de présenter des textes alternatifs, sauf exception, cette option semblait rejetée par les différents courants au sein du Parti. L’idée de défier le travail collectif issu d’une « base commune de discussion » par une motion alternative ne fait guère d’émules et serait vraisemblablement vouée à l’échec. Du coup, on préfère travailler à intégrer ses propres propositions dans le texte commun.
Tout l’enjeu était donc d’amender la résolution pour rendre possible une expression la plus large possible des diverses sensibilités dans le futur texte du congrès. « Notre devoir est de tout clarifier. Mais si les divergences apportent d’autres cohérences, il faut des textes alternatifs », soutient Hélène Masure (Oise). Car la hantise d’un texte indéchiffrable additionnant des propositions contradictoires retient aussi l’attention. « On m’a fait des reproches pour avoir fait des concessions qui ont rendu nos textes illisibles, où chacun aurait pu lire ce qu’il voulait, ne recommençons pas », a prévenu Marie-George Buffet.
« DES FENÊTRES » POUR UN VOTE
SEPARE
À ce stade, on s’oriente vraisemblablement vers une solution intermédiaire, avec « des fenêtres » permettant, sur les sujets les plus controversés, un vote séparé. Tout le travail de
la commission, élue hier, sera donc de trancher sur les différentes options en vue de leur intégration ou non (et sous quelle forme) dans la base commune, avant de les soumettre aux
communistes.
Au final, la résolution a été adoptée par 70 voix pour, 30 contre et 12 abstentions.
Sur le fond, c’est l’idée de « transformation » du Parti qui revient de façon récurrente. Mais quelles transformations ? « Le mot en lui-même ne règle pas grand-chose », insiste Marie-George Buffet. Car tous n’y mettent pas le même contenu. Et c’est, à l’évidence, sur le degré de la transformation à opérer que se concentrent les débats. Si la nécessité de profondes évolutions fait, quant à elle, la quasi-unanimité au sein du Parti communiste, elle s’accompagne pour beaucoup, d’une crainte de voir disparaître purement et simplement le Parti. « Faux débat », pour Alain Hayot, des Bouches-du-Rhône. Plutôt que de se questionner sur « le maintien ou la liquidation », il propose de sortir du « discours sur la méthode » en demandant aux communistes de se prononcer « clairement sur les trois questions essentielles : Quel projet ? Quelle stratégie ? Et quel parti ils veulent ».
« DIALOGUER AVEC LA SOCIETE »
Parmi ces questionnements, la place occupée aujourd’hui par le PCF sur l’échiquier politique est souvent évoquée : « Nous sommes dans une tenaille, entre le social-libéralisme du PS et la pure contestation de la LCR », estiment plusieurs responsables. Mauvaise manière de prendre le problème, selon Michel Laurent, pour qui LCR et PS « sont les deux faces d’une même pièce ». « Cette réflexion nous mène à l’impasse, et de plus elle sous-estime les divisions qui traversent aujourd’hui le Parti socialiste », selon le responsable communiste. Il estime qu’il faut directement se mettre « en dialogue avec la société » pour sortir de ce piège.
En attendant, le Conseil national s’est donné rendez-vous début septembre pour faire le point sur les travaux qui devront être menés pendant tout l’été par la commission du texte de base commune. D’ores et déjà, un appel est lancé à tous les communistes pour proposer leurs contributions aux débats. Dans une période difficile pour le Parti communiste, la participation du plus grand nombre est présentée comme l’une des clés du succès du congrès de décembre.
Frédéric Durand
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