L’eau, source de corruption
Plus d’un milliard d’hommes n’ont pas un accès garanti à l’eau.
En cause : la corruption.
Le rapport 2008 sur la corruption mondiale, rendu public à Berlin par l’ONG Transparency international, est consacré à l’eau et à sa gestion. Ainsi, la corruption représente 25 % du volume
des contrats conclus dans le secteur de l’irrigation. Elle renchérit de 30 %, dans les pays en développement, le prix de la connexion d’un foyer à un réseau d’eau courante.
Premières victimes : les pauvres.
« Des foyers pauvres à Jakarta, Lima, Nairobi ou Manille paient plus pour l’eau que des habitants de New York, Londres ou Rome », explique le rapport. Car en ce qui
concerne la fourniture d’eau potable, « la corruption est observée d’un bout à l’autre de la chaîne » et affecte les services publics comme privés. La gestion des ressources
aquatiques est gangrenée.
En Chine, la corruption retarderait l’application des normes environnementales et contribuerait à une situation où plus de 75 % des rivières traversant des zones urbaines ne sont plus
bonnes pour tirer de l’eau potable ou pour la pêche. « La crise de l’eau est une crise de la gestion de l’eau. Elle rend l’eau imbuvable, et elle est hors de portée physiquement et
financièrement », souligne le rapport.
Au Mexique par exemple, les 20 % d’exploitations agricoles les plus vastes accaparent plus de 70 % des subventions pour l’irrigation. Et en raison de la faiblesse des réglementations,
ces utilisateurs, de l’Inde au Mexique, exploitent souvent les réserves souterraines impunément, privant les petits agriculteurs de ressources essentielles. 50 pays ont été identifiés par le
rapport comme des terrains potentiels de conflits autour de cette ressource.
À bon entendeur…
I. D.
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