« Aller aux réalités derrière les mots »
« Ce parti doit-il être révolutionnaire ? On ne peut ignorer cette question ! Le faire, ce serait passer à côté d’une vision lucide de l’état des contradictions et des mentalités et nous mènerait à l’impasse.
D’un côté, l’idée de changement a été émoussée. Et on nous dit que le fin du fin en politique serait de tout accepter pour être moderne ! Mais de l’autre, la mondialisation capitaliste nous mène à la catastrophe. Et ce qui est urgent et moderne, c’est bien de travailler une alternative à cette mondialisation. (…) Que l’on me comprenne ! Anticapitaliste, antilibéral, ce sont des mots qui ont un sens pour nous. Le communisme, nous le portons. Mais nous avons le devoir d’aller aux réalités derrière ces mots. Dépasser le capitalisme ne relève pas d’un slogan ni d’une démarche volontariste. Cela demande construction, prise de responsabilités, capacité à rassembler et volonté politique pour faire bouger les rapports de forces. Mesurons l’ampleur du chantier. (…) En fait, n’avons-nous pas à répondre clairement à cette question : que veut-on ? Et si tout simplement nous voulions être la force qui, parce qu’elle prend en compte les contradictions du monde, parce qu’elle porte un combat d’émancipation humaine, était capable d’inventer et de mettre en oeuvre avec d’autres les grandes réformes permettant de gripper la machine, d’inverser les logiques en place et donc de construire dans l’exercice du pouvoir des solutions aux problèmes de notre temps ? Tout simplement une force porteuse d’un projet capable par sa force et sa crédibilité de faire reculer les résignations. Alors oui, il faut une force politique ancrée dans les réalités pour les dépasser. (…) Tout cela demande-t-il de refaire le Congrès de Tours ? Encore faudrait-il savoir dans quel sens le refaire. Retourner dans "la vieille maison", comme le disait Léon Blum, retourner vers les « 21 conditions » et ce qui s’ensuivit ? Attention aux symboles, ils ne sont pas toujours d’actualité.
Nous sommes au XXIe siècle, le monde a changé, les modèles se sont écroulés. Aussi, dans cette belle ville de Tours, si nous ne retenions de son célèbre Congrès qu’une seule chose : le formidable espoir, cette énorme volonté politique de la part de nos camarades de construire une société meilleure. Alors, si tout simplement ce parti, nous le prenions tel qu’il est aujourd’hui et que nous décidions, tous ensemble, de le transformer pour qu’il nous permette la même ambition et le même espoir ! Le chantier est immense. Et l’innovation n’est pas simple. Mais nous avons, d’ici au congrès, le temps de produire de belles choses. »
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