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Politique - Article paru le 16 juin 2008 dans l'Humanité

« Faire de la diversité une richesse »

Moins houleux que prévu, le débat sur « le PCF et sa transformation » était le sujet central de la troisième rencontre nationale des communistes à Tours.

Tours (Indre-et-Loire), envoyé spécial.

À Tours, la grande nef ultramoderne du centre international des congrès Léonard-de-Vinci n’a plus rien à voir avec la salle des Manèges qui a vu naître, il y a quatre-vingt-huit ans, le Parti communiste français. Jacques Chabalier, secrétaire fédéral, y accueille les participants à la troisième rencontre nationale de préparation du 34e Congrès du PCF.

On pouvait s’attendre à de la tension. Avec le thème du Parti communiste, de sa transformation, on entre de front dans « les questions qui fâchent » : pour bien des communistes, l’existence ou non d’un Parti communiste, c’est l’enjeu majeur de leurs assises. En fait, c’est un débat vrai qui s’instaure, dans une salle assez à l’image du PC, où « la tendance de ceux qui ne se reconnaissent pas dans une tendance », selon l’expression de la présidente du Conseil national Joëlle Greder, est majoritaire.

Un débat verrouillé ? Joël Carliez, de la Somme, en plaisante : « Le débat n’était pas verrouillé, mais il se déverrouille. » Des verrous, il y en a cependant, et André Perez, de Millau, en déniche un : « les camarades malheureux » devant le spectacle « des confrontations non fraternelles ». « On va dans le mur, estime-t-il, si on laisse les tendances prendre le dessus, au lieu de faire vivre la diversité comme une richesse. » Michel Carrière, de Marseille, fait état d’un « mal-être profond dans le Parti ». Il pense que les communistes sont en difficulté « avec la question de l’utilité du PCF ». Pour lui, c’est ce qui plombe le débat. « C’est comme une longue marche qu’on engagerait avec des chaussures inconfortables. On oublie le but et le chemin, on ne pense plus qu’à la douleur aux pieds. » Cette difficulté à « mobiliser le Parti pour participer au débat » est relevée par un communiste du Cher. Il pense que l’abondance des textes et des questionnements « non hiérarchisés » « décourage les communistes ». Il appelle un débat plus net, des questions plus claires à trancher : « Ménager tout le monde, c’est mourir par consentement mutuel », affirme-t-il.

Il semble qu’un obstacle ait été levé dans le débat sur le Parti communiste. Conviction, raison ou réalisme, chacun semble comprendre que, comme l’affirme Marie-Pierre Vieu, « le Parti communiste français continuera d’exister au lendemain de son 34e Congrès ». Du coup, on sortirait de l’affrontement entre préservation et liquidation. L’esprit critique se libère et le champ des questionnements s’élargit : faut-il une « novation », « des transformations », « une rupture » ? De quelle nature ? En liaison avec quel projet ? « C’est quand il n’y a plus de foin à l’écurie que les chevaux se battent », affirme Richard Sheehan. Raymond Navarro, de Marseille estime, lui qui en a vu d’autres, que « dans la réflexion sur le Parti communiste, c’est la première fois qu’on va aussi loin ».

Olivier Mayer

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Tag(s) : #Préparation Congrès PCF
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