Section 15e sud, Cellule des Ayglades.
Membre du conseil départemental de la Fédération PCF des Bouches-du-Rhône.
21 août 2007
Dans ma première intervention, j’avais voulu aborder la question du rassemblement. Et j’expliquais que le communisme, que le parti communiste était indispensable à cette tâche.
J’écrivais : « J’ai la conviction que le communisme, comme pratique politique au présent et visée d’avenir peut et doit jouer un rôle dans ce rassemblement. Ce dernier a besoin de cette vision qui met l’accent sur les contradictions fondamentales du capitalisme et tire la nécessité de dépasser le capitalisme des contradictions du présent.
Loin d’être une utopie, le communisme est à même de rendre plus que jamais crédible la nécessité et la possibilité de la transformation sociale.
Pour cela, il ne s’agit pas, pour les communistes de faire du communisme un discours du dimanche mais de faire de la politique avec lui.
Cela demanderait de nouvelles pistes de réflexion. J’ai déjà été trop long, je ne m’y engagerais donc pas. Il y faudrait une nouvelle intervention. »
La voici.
Je partirais de deux idées simples.
La première, est de constater que pour échanger avec les autres, il faut être soi-même. C’est à cette seule condition que l’on peut véritablement partager des expériences, des idées, des réflexions. C’est à cette seule condition que l’on peut donner et recevoir, apporter et s’enrichir.
C’est pourquoi je considère que les échanges que nous devons avoir, les expériences que nous devons faire partager dans la gauche, pour bâtir un projet sont indissociables de notre propre identité, de notre visée, de notre projet.
La deuxième idée, c’est la question de l’identité, de la visibilité, de la reconnaissance. Nous sommes « parti communiste », il est donc évident que nous devons faire partager l’idée que le communisme est une question contemporaine et d’avenir, moderne, qui répond aux attentes, aux exigences de la mondialisation aujourd’hui. Autrement, si le communisme apparaît comme une doctrine désuète, une idée dépassée, qui a non seulement fait son temps mais échoué, bref si le communisme est mort, à quoi bon un parti communiste ?
Tout le monde s’accorde pour reconnaître que Sarkozy s’est battu sur des questions politiques qu’il a défendues, sans complexe, et qu’il a ainsi gagné une bataille politique et idéologique.
Certes, depuis bien longtemps déjà les intégristes du libéralisme menaient une bataille idéologique.
Dès la fin des années trente, puis au lendemain de la guerre, un groupe menait bataille avec la « Société du Mont Pèlerin ». C’est d’ailleurs l’économiste Hayek, qui prononce le discours d’ouverture de la première conférence de cette « secte ultralibérale », le 1er avril 1947.
Dans les années 70, la « Trilatérale » voit le jour, regroupant hommes d’affaires et politiciens de l’Europe, de l’Amérique et de l’Asie. Créée à l’initiative des principaux dirigeants du groupe Bilderberg, parmi lesquels David Rochefeller, Henry Kissinger et Sbigniew Brzezinski, son but est de construire une coopération économique et politique, prélude à l’orchestration de la mondialisation. Cette période consacre la victoire des conservateurs en Grande Bretagne, avec Margareth Thatcher, puis plus tard, celle de Reagan aux USA.
Ce qu’il faut relever, c’est l’admirable constance de ces « évangélistes du marché », pour expliquer et expliquer encore leurs thèses, sans jamais capituler, sans sacrifier l’essentiel à long terme à des miettes qu’ils auraient pu gagner à court terme.
Ils ont ainsi pu gagner, petit à petit, une « hégémonie » au sens gramscien du terme.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on peut parler, pour le camp d’en face, celui de « la gauche », d’une véritable désertion du combat de classe face aux avancées de l’adversaire.
Au fur et à mesure que le capitalisme gagnait des batailles, la gauche social-démocrate intériorisait ses défaites et théorisait ainsi l’impossibilité de changer le système : la seule solution était de l’aménager.
L’ennemi n’avait même pas besoin de forcer la dose, la capitulation idéologique était théorisée par cette gauche.
Du côté du communisme que s’est-il donc passé pour que le capitalisme triomphe à ce point ? Alors que le « Manifeste communiste » montrait que le capitalisme était transitoire, que son dépassement était nécessaire, plus de 150 ans plus tard, nous vivons toujours à l’heure d’un tel système.
Qu’ont donc manqué les révolutionnaires pour en arriver là ?
Je considère que le phénomène principal, qui continue à marquer en ce siècle, c’est le reniement du communisme avec la période stalinienne.
Je dis bien, et j’insiste, reniement. On considère souvent que le stalinisme est une perversion du communisme. Je tiens quant à moi qu’il s’agit d’un anti-communisme. Loin d’être une simple perversion, il s’agit d’un véritable abandon du communisme auquel le mouvement révolutionnaire a pour longtemps tourné le dos. Et en lui tournant ainsi le dos, cela a eu des conséquences terribles sur le plan de la théorie et de la pratique.
Alors que le « marxisme » devenait un dogme, juste bon à justifier telle ou telle politique, la politique communiste s’éloignait de plus en plus de la visée communiste.
A la place de la fin de l’exploitation de l’homme par l’homme, qui ne peut advenir sans véritable appropriation sociale des conditions objectives d’existence des travailleurs, les moyens de production, loin de devenir la propriété du peuple, ont été accaparé par une couche dirigeante avec l’étatisation.
A la place du dépérissement de l’Etat, a été inventé le nécessaire renforcement de son autorité sous prétexte « d’encerclement du capitalisme ».
A la place de la démystification de la pensée, un véritable endoctrinement via la théorie « marxiste-léniniste », justifiant les pires crimes.
A la place de l’épanouissement de l’individualité, alors que Marx expliquait que le libre développement de chacun était la condition du développement de tous, une politique qui prenait à contre-pied une telle idée, en faisant croire que la condition du développement de chacun dépendait de celui de tous. L’individu ainsi noyé dans le collectif.
Ainsi, petit à petit, en théorie comme en pratique, la perspective du communisme s’est ainsi vue remise en cause, abandonnée, renvoyée aux calendes grecques. Une régression théorique sans précédent a ainsi accompagné cet abandon.
Alors que le communisme était pour Marx, « le mouvement réel qui abolit l’état actuel », et donc à la fois une politique à mettre en œuvre dans l’immédiat, un processus à engager immédiatement et une société post-capitaliste et post-marchande à venir, celui-ci était noyé sous le « socialisme », dont il fallait d’abord construire par l’appropriation sociale des moyens de production et d’échanges pour ensuite, aller vers le communisme.
Je considère que cette périodisation a été le drame du mouvement communiste et révolutionnaire.
D’abord, parce que coupée de sa perspective historique, le communisme, la politique communiste s’est bâtie pour beaucoup sur des données empiriques, sans repères essentiels. De sorte que, lorsque des avancées théoriques ont été faites (au 22e congrès, avec la question de la dictature du prolétariat), cette avancée est restée prisonnière de la périodisation dont je parle. Ainsi, au lieu de former de nouveaux concepts, on s’est borné à abandonner les vieux concepts. L’avancée s’est traduite par la formule « abandon de la dictature du prolétariat ». C’était une faute politique et théorique monumentale, un cadeau fait aux socio-démocrates et surtout à la bourgeoisie, qui, elle, se battait bec et ongles pour défendre ses « fondamentaux ».
Un drame aussi, parce que coupée de sa perspective communiste, la tâche politique à résoudre dans l’immédiat était la nationalisation des moyens de production, et pour ce faire, la conquête du pouvoir politique par la classe ouvrière. La révolution étant considérée comme accomplie à partir de ce moment là, on pouvait ensuite, aller vers le communisme. On s’est donc attaché à cette bataille, en renvoyant à demain les luttes considérées comme non prioritaires, comme le féminisme par exemple. Cette pratique politique a ainsi participé à l’isolement du PCF par rapport à ceux qui précisément, menaient ce combat qui pour eux n’était pas secondaire.
Un drame, car cette périodisation s’est soldée par une attitude non révolutionnaire. En effet, en renvoyant à plus tard la lutte pour l’épanouissement des individus, pour le dépérissement de l’Etat, on a favorisé comme luttes immédiates les luttes revendicatives, certes nécessaires, mais non suffisantes. Et, en attendant la prise du pouvoir, à partir de laquelle les choses devenaient sérieuses, mais qui tardait à venir, on s’est cantonné aux luttes électorales, en faisant ainsi de la propagande communiste, accompagnée d’une pratique syndicale et municipale, certes nécessaires mais incapables à elles seules de montrer la nécessité de changer le cours des choses par la transformation sociale.
Le communisme, lorsqu’il était invoqué, était seulement un thème de propagande, une visée future. Nulle politique communiste ne peut ainsi être menée. Un paradoxe en quelque sorte, un parti communiste qui ne fait pas avec le communisme de la politique.
Cet abandon, cette capitulation en rase campagne devant la politique de l’ennemi de classe a porté ses fruits. Le communisme est ainsi devenu une théorie dépassée, un système qui a échoué. Qui s’en recommande ne peut donc être qu’archaïque.
Et pour couronner le tout, il se trouve, chez nous, des camarades qui acceptent ainsi le recul de classe, qui l’intériorise et qui ne trouvent rien de mieux à proposer que le changement de nom. Au lieu de mener le combat, sans complexe pour montrer dans la pratique ce qu’est le communisme pour les communistes, on ne ferait que reculer d’un pas supplémentaire. L’abandon, le reniement du communisme, de toute politique communiste a creusé la tombe des « pays socialistes ». Pour redresser la barre, pour reprendre le combat, pour l’ouvrir à la société, ce n’est pas d’une nouvelle capitulation dont nous avons besoin.
Je considère que le communisme, à travers la pensée de Marx, est le seul outil théorique qui puisse ouvrir l’intelligence du mouvement de l’histoire. Parce que le capitalisme est considéré comme plein de contradictions, à cause de ces dernières, il est un système transitoire.
En raison même de son développement contradictoire, il crée les présupposés objectifs de son dépassement. Ce dernier, certes, ne constitue pas un déterminisme absolu. L’histoire n’est pas écrite, elle se forge à travers les mouvements, les luttes, les prises de conscience.
Mais, dans cette époque troublée, où d’aucuns prônent « la fin de l’Histoire », il revient aux communistes, de montrer que, si l’histoire n’est pas pré-déterminée, elle est intelligible.
Si le capitalisme ne disparaîtra pas selon une loi déterministe absolue, il est un système contradictoire qui produit lui-même, à cause précisément de ses contradictions, les conditions objectives de son propre dépassement. Et c’est parce que ce développement se produit que le dépassement du capitalisme, s’il ne constitue pas une loi nécessaire, est, au sens fort du terme, une exigence historique.
Seule la construction d’une telle intelligibilité de l’histoire peut faire face avec succès à ceux qui expliquent que la raison n’existe plus, que l’histoire est devenue un tunnel noir, impossible de comprendre, que la fatalité gouvernerait le mouvement historique.
Comment ouvrir une telle perspective sans faire de la politique avec le communisme ?
Outil théorique indispensable, le communisme est la seule perspective crédible, mais pour cela, il faut, accompagner l’outil théorique d’une pratique politique.
Qu’est ce que cela sous-entend, faire de la politique avec le communisme ?
Ce dernier constitue la réponse aux contradictions du capitalisme. Il naît de son propre développement contradictoire.
Pour trancher à grands traits cette évolution, quelles sont les caractéristiques du capitalisme à l’heure de sa mondialisation ?
D’abord, d’international, le capitalisme est devenu mondial. Ce n’est plus seulement le commerce, les échanges, mais aussi la production qui se mondialise. De plus, la libéralisation et la déréglementation, lui assure un accaparement des finances au niveau mondial. L’idéologie qui s’en suit, qui est propre à cette période, c’est celle qu’il est bon de libérer la finance de toute contrainte, car c’est elle qui crée les ressources et non le travail. D’où une bataille sur la valeur travail qu’il nous faut mener, et j’apprécie à ce sujet la contribution collective des camarades de la fédération des BDR.
On peut voir les contradictions du développement du capital financier à travers le crack boursier que nous connaissons ces temps-ci.
Devenu mondial, le capitalisme dépasse les Etats-nations. D’où l’idéologie qui correspond à cette réalité et qui consiste à dire que les Etats sont dépassés, que la régulation ne peut provenir que de la finance elle-même, que le marché s’auto-régule. Qu’il ne peut y avoir de politiques allant à l’encontre de ce processus irréversible. La fatalité devient une force formidable pour conserver l’état de chose existant. Après tout, dans un monde « ouvert », il faut accepter les règles et les politiques ultra libérales prônées apparaissent ainsi comme des nécessités pour se mettre à l’ordre du jour de la mondialisation, comme le font tous les autres pays, en particulier en Europe.
Si les politiques libérales sont indispensables pour « moderniser », ceux qui se battent contre sont « archaïques ». D’ailleurs disent les « enragés du libéralisme », « voyez les partis de gauche. Ils veulent conserver les prétendus acquis, Ce sont des conservateurs, nous, nous sommes le parti du mouvement ».
Devant cette évolution « fatale », dans un « monde ouvert », où seule la finance crée les richesses, il est indispensable que la politique qui consistait dans le passé à redistribuer les richesses fasse place à une politique « de l’offre », qui aide les riches, qui baisse leurs impôts, qui combatte les délocalisations en essayant de rendre « attractif » le territoire français, et pour cela, il faut baisser les cotisations patronales, les aider à faire du profit sur notre sol, ce qui serait bon pour le capital et pour le travail.
Quant à ce dernier, plutôt que d’inciter à la paresse avec les minima sociaux, le SMIc et autre, il faut inciter les travailleurs à produire plus pour gagner plus. Et pour cela, encore une fois, il faut « aider els entreprises » en défiscalisant les heures supplémentaires.
Face à un monde ouvert, où la concurrence est acharnée, c’est le coût du travail qui devient un obstacle, il faut donc le baisser.
Son organisation, trop rigide, doit être revue, avec un nouveau contrat, qui laisse la latitude aux patrons de se défaire de leurs employés afin de faciliter l’embauche, car celle-ci, voyez vous, est plombée par la difficulté qu’ont « les entreprises », c’est-à-dire les patrons, de licencier.
Tous ces thèmes, qui déconnectent les problèmes des questions sociales, servent à mettre en avant la « responsabilité personnelle », le « mérite ».
Pour gagner plus d’argent, il faut le mériter, pour devenir français, il faut le mériter, pour travailler, il faut le mériter, alors, si vous faites tous ces efforts, vous pourrez ainsi jouir des fruits de votre activité, devenir « propriétaire » de votre logement.
Et tout comme le social est gommé sous la « responsabilité personnelles », les conflits sociaux doivent être traité comme tels, criminalisés, justiciables des tribunaux, comme en Allemagne, où la grève dans les transports a été mise en cause par la justice pour cause « d’atteinte à l’économie ».
Si l’on regarde de plus près les thèmes idéologiques qui accompagnent le développement du capitalisme à l’heure de sa mondialisation, et si l’on ne commet pas la faute de capituler d’avance face à la question du communisme, on y voit très clairement que seule cette lutte menée, lutte communiste au quotidien, faisant vivre dès maintenant la perspective, peut répondre efficacement, jusqu’à la battre, à l’idéologie du capital.
Reprenons les grands thèmes.
Les héros de la société actuelle s’appellent finances, marché.
La logique financière surdétermine toute opération économique, le marché envahit tout, y compris les services.
Or, le communisme, c’est le processus et le dépassement de cette logique. Ses caractéristiques essentielles sont précisément de répondre à cette logique financière, à la marchandisation et à l’aliénation politique.
Epanouissement des individus : cela ne pourra advenir qu’en combattant sans délai, et sans rabais, toute logique qui favorise le développement de la finance au détriment des individus.
Société post-marchande : cela ne pourra advenir que dans la mesure où l’on remet en cause, dès maintenant, sans délai et sans rabais, la marchandisation de toutes les activités humaines, qui frisent l’absurde lorsqu’il s’agit des services. En, effet, les services mettent en relation directement les savoirs, les aptitudes et les capacités humaines contrairement à un échange purement et simplement marchand. Le capitalisme atteint ainsi l’épouvantable en organisant la marchandisation de toutes les activités humaines, jusqu’aux capacités hautement civilisatrices. Que de questions nouvelles, éthiques cette simple perversion met à l’ordre du jour.
A travers la lutte contre la marchandisation, ce sont les services publics et l’appropriation sociale qui deviennent des enjeux directs de la lutte de classes.
C’est la question d’un au-delà du capitalisme qui devient enjeu direct avec comme but de dépasser le salariat avec un système de sécurité d’emploi ou de formation.
Dépérissement de l’Etat : le dépassement de l’aliénation politique, où l’Etat devient un organisme à part, subjuguant la société, une force étrangère où les individus ne reconnaissent plus le produit de leurs activités, une force qui les domine. Le combat à engager immédiatement pour une 6e République, pour une démocratisation continue de la société, pour le féminisme fait partie intégrante de ce processus, à engager sans délai et sans rabais, sans en rabaisser les contenus.
Croire que la socialisation des moyens de production pourraient s’engager hors de toute désaliénation en ce qui concerne les individus et leur épanouissement, l’Etat et sa domination, la marchandise et l’inversion entre personne et chose, croire cela, c’est remettre à plus tard, c’est-à-dire à jamais le combat communiste.
En vérité, il ne peut y avoir de socialisation, d’appropriation véritable des moyens de production hors ces luttes à caractère immédiat.
Cela signifie que les tendances les plus marquantes du développement du capitalisme à l’heure de sa mondialisation exigent plus que jamais le combat communiste. Hors cette visée, il ne peut y avoir de combat efficace et victorieux.
Les communistes sont donc interpellés sur le sens de leur combat, sur leur visée.
Plus qu’un discours du dimanche, le communisme doit effectivement redevenir ce mouvement qui dépasse l’état existant, c’est-à-dire qui résout les contradictions fondamentales du capitalisme.
Je considère que le mouvement communiste a échoué, que le combat communiste a reculé, que le PCF a pris un chemin de traverse menant au déclin parce que le communisme a cessé d’être la visée historique dans laquelle se situe les combats. Parce que les partis communistes, le PCF ont renoncé pendant toute une période au communisme.
Parce que le PCF ne fait pas de politique avec cette perspective.
Remettre à l’ordre du jour, non dans les mots ni dans les textes, mais dans l’action politique, la perspective du communisme, c’est donc tout à la fois :
Cesser d’ajourner les combats dont
les enjeux influent la période contemporaine ; rôle du travail, marchandisation et services publics, démocratie, féminisme, lute contre toutes les aliénations, enjeux de gestion, de
pouvoir, de savoir. Développement humain et durable, écologie.
- Retrouver l’ouverture à la société, car en menant de pair ces combats, sans en dresser des priorités et sans en considérer d’autres comme subalternes, on retrouve dans le combat, toutes celles et tpus ceux qui considèrent de tels combats comme prioritaires.
C’est donc à la fois, renouer avec des luttes à contenu transformateur et dans le même temps travailler à un large rassemblement. Quelle perspective autre que le communisme peut ainsi résoudre cette équation entre contenus et rassemblements ?
Quelle perspective autre que le communisme peut ainsi répondre à la question de l’identité ? La question identitaire, dans cette perspective, loin de porter le PCF à se replier sur lui-même, l’ouvre en grand au combat émancipateur et à la société.
Il faut « mettre en musique » cette politique communiste. Il faut cesser d’agir sans véritable boussole, sans véritable cap stratégique, évoluant au gré des rapports de forces au sein de la direction nationale.
Les communistes doivent investir le débat, ils doivent dire quel combat ils veulent mener et quels « dirigeants » ils veulent investir pour animer ce combat.
Ils doivent dire qu’ils en ont assez que les tendances au sein de la direction empêchent le débat d’idée, sans concession, mais fraternel.
Ils doivent dire que de telles tendances, appelées poliment « sensibilités » empêchent de travailler tous ensemble.
Nous pensons avoir aboli le centralisme démocratique, mais en vérité on a installé la cacophonie. Mais ce dont souffre le PCF, ce n’est pas de centralisme.
Car il y a un centralisme qu’il faut non pas rejeter mais affiner.
Un centralisme qui considère que ce qui est important, c’est l’activité centralisante. Sans cette activité, pas de débat qui se transforment en une politique, pas de décisions qui ne deviennent des objectifs, pas de circulation de l’expérience qui aide à forger une politique, une stratégie.
Ce n’est pas un tel centralisme qu’il faut rejeter par dessus bord, car sans lui, il y a cacophonie.
C’est le fonctionnement pyramidal, du « haut » vers le « bas » qu’il faut remettre en cause. Les communistes n’ont pas besoin d’une direction qui donne des directives, ils ont besoin d’animateurs qui fassent vivre la circulation et le débat d’idées et qui œuvrent à faire en sorte, avec tous les communistes de « centraliser » en une politique, une stratégie, ce débat d’idées. Sans cela, c’est le pragmatisme qui domine et les clans qui veulent imposer chacun « leur » politique, « leur » stratégie. Résultat, c’est la navigation à vue avec des écarts politiques selon les moments et les rapports de forces.
Voilà ce dont, à mon avis, il y a urgence à travailler.
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