Notre parti traverse une crise grave et nous sommes un peu comme à la croisée des chemins, 1,9 des voix à la dernière élection présidentielle même si ce score a été corrigé par les 4,7 des législatives et que nous pouvons légitimement estimer plus haut s’il y avait eu la proportionnelle, nous sommes encore loin d’avoir l’influence nécessaire pour peser d’un poids décisif et prétendre faire changer le cours . de la politique capitaliste. Actuellement nous apparaissons aux yeux du public comme un tout petit parti marginal.
Ca n’a pas toujours été comme cela. Depuis sa création en 1920, notre Parti a marqué l’histoire de la France.
On peut affirmer que chaque fois que le Parti a été en force les avancées sociales et politiques ont progressé notamment en 36 avec le Front Populaire en 44 après la Libération. Mais à chaque fois les capitalistes ont réussit à reprendre le dessus, ils ont pris leur revanche avec brutalité çà a été le cas en 38 après Munich avec l’aide des nazis et présentement avec la Mondialisation.
Le congrès extraordinaire de Décembre 2007 aura comme principal but de trouver le meilleur moyen de redonner au Parti une place digne de son passé et conforme aux nécessités présentes de la lutte.
Les questions qui se posent sont relativement claires, ou le Parti reprend sa ligne politique quelque peu abandonnée depuis une vingtaine d’années et il risque fort de s’enliser dans les ornières de la Social Démocratie ou en en se referant aux théories révolutionnaires et notamment à K. Marx.
C’est ce qui ressort, il ne faut pas nous le cacher, des dernières péripéties que nous avons traversées, notamment pour l’élection présidentielle qui ont créé des plaies profondes entre communistes .
Il ne faut jamais oublier que « Celui qui n’a pas de mémoire n’a pas d’avenir ».
Au Congrès nous devrons, pour prétendre redresser la situation, nous lancer dans une profonde analyse de la situation en abordant tous les sujets avec la volonté de rattraper le temps perdu, et pour cela mettre sur la table courageusement et sans à priori l’ensemble des problèmes avec la perspective de relancer une grande activité militante pour l’avenir et en premier lieu celle des élections municipales du printemps 2008.
Je milite au P.C.F depuis 1937 et si je fait un retour en arrière sur le rôle qu’il a joué depuis sa création en 1920 je n’en arrive pas à la conclusion d’ avoir à cacher notre passé mais bien au contraire de le mettre en exergue pour montrer aux français que la lutte et l’organisation sont indispensable si on veut aboutir à un véritable changement de politique et faire que le travail des hommes et des femmes se soit pas continuellement confisqué par les riches.
Je vois,avec indignation et révolte apparaître de façon anodine mais répétitive, la notion : du changement de nom du Parti ! Celui des notions de classe ! Ceux du logo et de l’identité politique ayant déjà été écartés en catimini.
Tout ça me pose des questions et je me demande pourquoi faudrait-il changer le nom du Parti ? Qui cela gène-t-il que nous soyons le Parti qui a très efficacement participer à la lutte contre les guerres coloniales menées par les capitalistes français seuls ou avec les autres capitalistes un peu partout dans le monde, celui de la lutte antifasciste fasciste dés le début, celui qui a pris une large part à la formation et au succès du Front Populaire dont les avancées sociales et politiques sont toujours connues et estimées en France et dans le Monde, celui de la dénonciation de la trahison de Munich, celui de l’Appel du 10 Juillet 40, celui des Députés du Chemin de l’Honneur dont les deux de Marseille Critofol et Billoux, celui de la grande place qu’il a prise dans la Résistance au point d’en être devenu « Le Parti des Fusillés », celui qui dans le C.N.R. d’abord et dans le gouvernement d’union nationale ensuite a mis son empreinte forte dans les avancées sociale et politiques réalisées en 44 et après telles que : le vote des femmes, la Sécurité Sociale, le Statut des fonctionnaires, les Comités d’Entreprises (sans lesquels notamment des millions et des millions d’enfants n’auraient jamais eu ni Noêl, ni colonies de vacances) et contribué à ce que les militants soient initiés aux pratiques de la gestion des entreprises etc...etc. Le Parti des luttes contre les guerres de Madagascar, du Viet Nam ( H. Martin, R. Dien ) d’Algérie Yvetot, M. Audin H. Aleg et de très nombreux autres que nous pouvons citer avec » fierté,.Jusque dans les années 80 et 90 avec les réalisations importantes des ministres communistes malgré l’affaiblissement du Parti et notamment la lutte contre le fléau du dopage dans le sport.
Tout cela nous a fait et nous fait toujours subir les foudres des capitalistes et de leurs laquais de plumes et de paroles Ceux-ci s’appuyant notamment en 1939 sur le « Pacte Hitler Staline », comme ils disent, ignorant volontairement pour en dénaturer le sens qu’il s’agissait d’un « Pacte de Non agression » ! Venant après les atermoiements criminels des Français et des Britanniques.
En 56 sur la « non publication du Rapport Khrouchtchev » oubliant ((re))volontairement les conditions et les engagements dans lesquels ce rapport avait été communiqué aux Partis Communistes présents au Congrès du P.C.U.S.
Sur les erreurs commises par le P.C.F. tout au long de son histoire et bien d’autres !
Cet ensemble de critiques fait avec une grande persévérance et avec l’aide de tous les médias a fini par prendre place comme des évidences dans l’opinion publique et a énormément contribué à favoriser le déclin du P.C.F du fait que dans nos rangs non seulement nous n’avons pas réagit avec toute la force nécessaire (comme quand récemment Raffarin a proféré à notre égard ce terrible et insultant jeu de mots « Ils ont préféré leur Parti à la Patrie » où nous sommes restés quasiment muets ) mais il se trouve des membres du Parti pour alimenter ces calomnies immondes.
Que l’on ne me fasse pas dire ce que je ne dit pas et que je ne pense pas « que le Parti serait exempt de toutes critiques » cela serait de ma part une imbécillité grossière, mais je dis et je pense que la critique des erreurs et des fautes commises ne doivent pas entraîner comme le dit si bien la phrase. « Après l’avoir laver, il ne faut pas jeter l’enfant tout propre avec l’eau sale » mais au contraire la relance avec toujours plus de vigueur des actions pour lesquelles nous nous sommes engagés à savoir instauration d’une vie digne, juste et paisible pour tout le monde dans le Monde.
J’ajoute pour être bien compris que nous avons commis des erreurs et des fautes ce qui est indéniable,notre force par rapport aux autres partis c’est justement d’avoir eu et d’avoir toujours le courage de les reconnaître et de les dénoncer pour aider les militants anciens et nouveaux à ne plus les recommencer, Mais je pose à mon tour la question « qui peut prétendre n’en avoir jamais commises ? Et n’en commettre jamais ? Demandons à nos calomniateurs et a nos critiqueurs de toutes natures d’avoir la modestie de se regarder dans une glace, de faire leur examen de conscience, au lieu de nous accabler et ils verront ainsi que notre position dans l’histoire est bien meilleure que la leur.
Je suis donc opposé au changement de nom du Parti Communiste Français et tout aussi opposé aux idées qui sont émises pour le développement des actions du Parti notamment en matière de base politique. Il n’y a aucune raison d’abandonner nos références aux Marxisme il n’y a qu’à reprendre le Manifeste pour s’en rendre compte.
Que nous fassions appel à d’autres penseurs sans oublier J. London cela semble naturel, la diversité, la complémentarité, étant absolument utile mais nous ne devrons jamais perdre de vue ne serait ce qu’un instant que « La lutte des classes est le moteur de l’histoire » et que nous vivons dans un monde où tous ceux, du manoeuvre à l’ingénieur, qui vivent, très mal, ou un peu mieux de leur travail, sont également exploités par les Capitalistes même si ceux ci se sont camouflés en « libéraux ».
Je dis tout net que si par malheur les promoteurs du changement de nom du Parti et de ceux qui sont souvent un peu les même qui préconisent d’abandonner sous des formes diverses mais qui aboutissent au même résultat « la lutte des classes » et son corollaire « la conscience de classe » l’emportaient c’est tous les militants qui ont tant et tant donné, je ne dis pas cela par nostalgie mais tout simplement par réalité, et ils sont très nombreux anciens et nouveaux, qui seraient désavoués sans raison, et rien ne remplacerait cet indispensable outil d’organisation et de lutte pour : la justice sociale, la paix entre les peuples, la dignité et le droit de vivre de tous les Humains, que le Parti I a été et qu’il doit continuer à être.
Je l’ai déjà dis à plusieurs reprises ce qu’un camarade a dit au cours d’une réunion « On parle souvent des ombres du Parti mais il faudrait également parler de ses lumières ».
Pourquoi ne le faisons nous pas ? Des camarades ont dit « il y en a qui a ont honte du Parti » nous sommes à mon sens victimes de l’anticommunisme ambiant qui pèse très lourd sur toute la politique.
Mon expérience personnelle en matière justement de changement de nom. C’est en 1945 au moi d’Avril que nous avons tenu le congrès de la Fédération des Jeunesses Communistes de France à Paris et nous y avons transformé les Jeunesses Communistes en U.J.R.F. (Union de la Jeunesse Républicaine de France).
Pour l’histoire il faut savoir que quelques années plus tard nous sommes revenus à l’appellation de Jeunesse Communistes. Je suis tout à fait conscient que une expérience n’est pas une certitude pour toujours et que donc je ne me recroqueville pas dessus mais elle a existé et nous serions bien inspiré d’en mesurer toutes les données avant de nous lancer dans une voie de cette importance.
Je dit tout ça, non pas par nostalgie, non pas pour proposer de ne rien changer et de rester figé et nier toutes mise à jour que je trouve absolument nécessaire du Parti, j’ai toujours le sentiment que « qui n’avance pas recule » mais pour que l’on tienne compte avec rigueur de tout ce que le Parti a pu faire afin de remplir pleinement
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