Contribution de Brigitte Masson
Section du 10ème arr. de Marseille
17 octobre 2008La question qui porte sur le nom de notre parti n’est pas accessoire, puisque nous portons une visée communiste de la société.
Les deux questions sont intimement liées, et on ne peut pas refuser une proposition sans qu’il y ait des conséquences sur la seconde.
Les élus communistes ont créée une organisation, un outil utile pour eux, pour leur action et leur formation : l’ANECR. De nombreux élus apparentés non communistes ont rejoint ses rangs. C’est tout à l’honneur des militants communistes qui sont des élus et qui portent des valeurs importantes pour l’émancipation humaine.
Cependant, de nombreuses questions surgissent quant au devenir de cette association. Ce week-end se tient son congrès et j’espère que son orientation actuelle se poursuivra malgré la tentation de quelques uns de la casser pour peser sur le congrès du PCF qui se tiendra en décembre.
Personnellement, je ne pense pas que les élus soient au-dessus des militants ou des citoyens. Ils ont été désignés par leur parti pour prendre des responsabilités pour les gestions des différents échelons administratifs de notre République. Mais l’ont-ils été pour donner ou imposer l’orientation politique de notre parti ?
Serions-nous un parti comme le Parti Socialiste qui met en avant ses ténors, ses élus, avec sa ribambelle de militants réunis en tendances ? Deviendrions-nous un parti d’élus ? Oublierions-nous le sens de notre combat politique ?
Le moteur de cette nouvelle société, c’est de s’appuyer sur la réflexion collective des citoyens.
Notre rôle, en tant que communiste, est d’apporter des éléments de réflexion et de permettre aux citoyens de construire leur propre projet de transformation de la société. Il nous faut savoir être critique, innovant pour accompagner cette créativité. Je ne sais pas non plus s’il doit y avoir des étapes de type socialiste, si le changement doit commencer en France, ou bien en Europe.
Mais je sais que si nous sommes révolutionnaires, c’est pour permettre que s’instaure un autre type de prise de décisions. Et ce n’est certainement pas pour reproduire ce que nous connaissons dans cette société capitaliste.
Je ne peux pas définir la vision d’une société communiste avec tout un programme, et des kyrielles d’alinéas qui figeraient le projet. Je fais confiance en nos concitoyens, en leur réflexion, en leur sens des responsabilités et en leur esprit critique pour inventer une nouvelle société : ils parviendront à résoudre les contradictions, les difficultés futures que nous ne pouvons pas imaginer maintenant.
Si je ne peux pas définir ce que serait une société communiste dans ses moindres détails, je sais parfaitement comment je ne veux pas qu’elle soit. Je suis élue actuellement pour faire entendre la voix de ceux qui m’ont donné cette légitimité et qui n’ont pas droit à la parole. Mais j’espère bien qu’il en sera tout autrement dans une société communiste.
Il nous faut combattre cette idée d’homme (ou de femme) providentiel(le) à tous les niveaux. Responsable politique, élu politique, financier, économiste, « expert », leur rôle doit être revu, contrôlé dans cette nouvelle société. Ils ne doivent plus être les tout-puissants parce que la délégation de pouvoir est dangereuse, perverse et néfaste au bien commun.
Pour moi, l’idéal serait qu’il n’y en ait plus !
Le congrès de décembre du PCF n’est pas « ficelé », et j’ai une grande confiance dans la capacité des militants communistes à créer un espoir et à bâtir les bases d’un changement de société.
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