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Politique - Article paru le 10 octobre 2008 dans l'Humanité

 

À Rochefort, les communistes investissent le débat



PCF . 120 adhérents ont débattu, mercredi, des options pour le 34e Congrès, avec quatre responsables nationaux. Un échange qui a dépassé le simple choix entre différents textes.

Rochefort (Charente-Maritime),

envoyé spécial.

Quelle force communiste pour demain ? Faut-il continuer, ou rompre avec le PCF, ou le transformer ? Comment peut-il « redevenir la force utile à notre peuple » ? Et comment rassembler les communistes par-delà leurs différences ? Toutes ces questions, au coeur du 34e Congrès convoqué en décembre prochain, ont été débattues, mercredi soir, par 120 adhérents, à l’initiative de la fédération de Charente-Maritime. L’occasion pour les communistes de se faire une opinion par eux-mêmes face à « quatre - dirigeants dont l’engagement communiste ne fait de doute pour personne », mais connus pour défendre des options différentes en vue du Congrès. Une idée plébiscitée par les participants.

Quatre options différentes

À la tribune, Pierre Laurent, qui a animé le travail de rédaction de la base commune adoptée par le Conseil national, s’inscrit logiquement dans celle-ci, en faveur d’« une refondation de nos analyses, de notre projet et de notre parti ». Bernard Calabuig plaidant, lui, pour la création d’une « nouvelle force » politique, Daniel Cirera proposant de pousser le débat qu’il juge, aujourd’hui, très en deça des défis posés, et André Gerin, seul des quatre à être signataire d’un texte - alternatif à la base commune, pour un PCF « modernisé » qui renoue avec « la pensée de Marx actualisée ».

Les participants ont écouté attentivement les invités pour saisir l’essence des choix qui vont s’offrir à eux lors du vote du texte commun de discussion. Mais très vite ils ont imposé un débat à partir de leurs propres questions, promettant une préparation de congrès qui ne se limitera sûrement pas à se « ranger » derrière le texte qui sera choisi pour base commune. Parmi les préoccupations principales abordées,- dépassant souvent les points d’accord ou de clivage présentés par les invités : l’avenir du PCF, son utilité dans la société, et sa capacité à se rassembler. Premier problème : quel diagnostic de l’état de la société et du PCF ? Un participant dit sa conviction que le PCF est « en bonne santé » : pour lui, les 2 % de la présidentielle « servent de prétexte à ceux qui veulent métamorphoser le PCF, pour ne pas dire le liquider, mais il reste la troisième force aux législatives et aux cantonales ». Il est vite contredit : « L’heure est grave », pense Serge, de Saintes, qui estime que les reculs du PCF nourrissent le « désarroi ». Il se dit favorable à « une force nouvelle » pour renouer « avec les militants des collectifs antilibéraux en déshérence ». Patrick, de Royan, dit quant à lui s’être « demandé s’il fallait arrêter ou continuer après le score de la présidentielle » avant de choisir « de continuer, mais comment ? », s’interroge-t-il, notant que le PCF reste « une référence pour les gens mais plutôt associée au passé ». Jean-Marc plaide quant à lui pour « un diagnostic partagé » avant de travailler à l’hypothèse d’« un nouveau parti, ou autre ». Pour lui, cela est le signe d’un « congrès mal préparé », où le débat contradictoire n’est pas « organisé partout par la direction nationale ».

De nombreuses voix se font entendre en faveur du rassemblement du PCF : « Allez au bout de votre démarche, et présentez un texte commun », interpelle Gilles, de La Rochelle, pour qui la « survie du Parti » est en jeu. « La seule chose qui m’intéresse est que le PCF soit plus fort », lance de son côté Yvon, de Royan. « Au lieu de vous déchirer, parlez-nous emploi, salaires, logement », s’agace un autre, tandis que Francisco déplore « la suppression des cellules » dans les statuts. « Attention à ne pas simplifier les problèmes posés au PCF », rappelle alors Brahim. Au final, le débat sans tabou ragaillardit les militants, comme Éliane, de l’île d’Oléron, « trente ans de Parti et peut-être mon dernier congrès… ». Elle confie : « Jusqu’à ce soir, j’étais perdue, je ne savais plus quoi penser. Cette discussion me redonne espoir. »

Sébastien Crépel

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Tag(s) : #Préparation Congrès PCF
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