Contribution de Patrick Candela
Section de Port de Bouc
12 août 2008
"Le pessimisme de la connaissance n’empêche pas l’optimisme de la volonté". Antonio GRAMCI
Notre Congrès ne sera pas celui de la dernière chance, mais l’avant-dernière. Alors, ne pas produire les profonds changements nécessaires pour devenir ce grand Parti Communiste dont notre peuple a besoin, dont la gauche ne peut se passer pour être vraiment elle-même, serait laisser s’installer durablement encore le capitalisme mondialisé. Ce serait priver les forces communistes et progressistes en Europe et dans le monde, pour construire avec les peuples une alternative à ce capitalisme.
Oui, il est encore temps. N’attendons pas la dernière chance. Faisons de ce Congrès celui de tous les communistes et au-delà, celui de femmes, jeunes et des hommes de progrès.
Je ne parlerai que de ce que je sais !
Mon engagement de communiste et de syndicaliste ces dernières années m’aura permis de vivre et de faire l’expérience d’un affrontement de classe dont je n’ai pas tiré tous les enseignements, mais qui m’aura permis de vérifier qu’il est possible de faire reculer, un temps, la logique capitaliste et imposer d’autres choix, même si tout n’est pas définitivement acquis.
JE VEUX PARLER DE LA LUTTE DES "NESTLÉ" A MARSEILLE !
Elle m’aura donné l’opportunité, pour la part et la responsabilité qui a été la mienne dans ce combat, de mettre en pratique des concepts auxquels je crois : la démocratie, le rassemblement, la solidarité, la contestation de la propriété capitaliste et qu’un projet alternatif élaboré par les salariés, les citoyens, porté par un mouvement social et citoyen fort, un mouvement populaire majoritaire, peut imposer d’autres choix.
Je considère que nous avons concrètement construit dans cette lutte, du commun en commun, du communisme.
Nourrir de la théorie la pratique,
Poser inconsciemment ou pas la question du communisme pour aujourd’hui et non comme but ou horizon inaccessible,
Tout a été mis en œuvre et utilisé contre l’empire Nestlé :
L’unité des salariés et des syndicats, La solidarité internationale et des syndicats européens de Nestlé, Le rôle actif et force de propositions des communistes de l’usine et de la section du 11ème arrondissement de Marseille, L’apport et l’aide des élus communistes dans et avec les collectivités locales et territoriales, Le rassemblement d’une quarantaine d’associations et de mouvements divers, Les populations et leurs représentants…
Mais, surtout, nous avons tout simplement offert aux gens, à des femmes, des jeunes, des hommes, la possibilité d’être libres et acteurs politiques.
C’est grâce à cette démarche politique, je dis bien politique, que nous avons élaboré un projet alternatif à la fermeture d’une usine et sa délocalisation.
Le combat n’est pas terminé, mais s’il se poursuit dans le creusé du sillon tracé entre 2004 et 2006, gagner est du domaine du possible.
Les salariés de Nestlé, les syndicalistes, les populations et les élus, dans cette histoire, ont non seulement repoussé les limites imposées par le capitalisme mais d’abord celles qu’ils s’imposent à eux-mêmes.
"Il faut avoir une parfaite conscience de ses limites si on veut les élargir". Antonio GRAMCI
Dans bien des domaines, sur bien des questions, ne doit-on pas travailler dans la même démarche ?
Voilà pourquoi il me semble possible et réaliste de construire ce parti, cette organisation politique, qui, parce qu’elle est communiste, est capable de contribuer à élaborer et à porter de manière partagée des projets alternatifs dans l’entreprise, la cité, la ville et au-delà, en France et en Europe.
"LA DÉMOCRATIE, L’ARME FATALE CONTRE LE CAPITALISME"
Nous pouvons contribuer à l’élaboration d’un projet alternatif pour notre pays, pour l’Europe et le monde, avec les salariés et les citoyens.
Il n’y a pas de secret, la démocratie c’est la forme pacifique de la société qui remettra en cause le capitalisme : démocratie sociale, économique et citoyenne.
Ainsi, pourrait se construire une autre Europe et un autre monde.
Cela pose la question de la conquête de nouveaux droits permettant la conquête des pouvoirs à l’entreprise et la société, par les salariés et les citoyens.
Je pense que ce processus ne peut se limiter, même si cela est nécessaire, par des réformes institutionnelles et une démocratie participative.
UN NOUVEAU PROJET COMMUNISTE
Pour toutes les raisons que je viens de citer, nous devons clairement décliner notre identité et notre projet communiste, élaborer un nouveau manifeste et le rendre lisible et accessible.
UN NOUVEAU RASSEMBLEMENT POUR COMBATTRE LA DROITE EN FRANCE ET EN EUROPE
Ce rassemblement doit se construire sur la base de projets alternatifs à la politique de Nicolas SARKOZY en France et de celle de la droite et des sociaux libéraux en Europe. Evidemment, travailler en Europe, dans le cadre du Parti de la Gauche Européenne (P.G.E.) mais pas exclusivement, à un projet progressiste européen.
UN NOUVEAU PARTI COMMUNISTE
Notre potentiel militant, notre intelligence collective, notre patrimoine historique et notre capacité à être avec le peuple, peuvent nous permettre de relever ces défis, à condition de produire les changements dans notre fonctionnement.
Les directions du Parti et la vie démocratique de notre organisation ne peuvent faire l’économie de profondes et visibles transformations. C’est vital !
L’unité des communistes, pour autant, ne pourra se faire sur la forme de l’organisation. Nous la réussirons ou pas, sur le fond. Nous devons donc redéfinir les organisations et les directions qui doivent être elles-mêmes renouvelées de manière significative, à tous les niveaux.
Les sections doivent devenir de véritables comités communistes d’initiatives pour la démocratie et le progrès dans les secteurs et territoires où elles rayonnent.
Des ateliers d’entreprises, de quartiers, de cités, de villes et de villages, à partir de projets alternatifs, doivent proposer des changements concrets et réalistes, élaborés avec les salariés et les citoyens. Ces comités communistes d’initiatives pour la démocratie et le progrès et ces ateliers, devront travailler dans le sens d’une participation citoyenne à la vie politique.
Dans nos départements, les comités départementaux communistes pour la démocratie et le progrès, doivent fédérer quand c’est possible et opportun, différents projets locaux et des projets à leur échelle.
La direction nationale du Parti doit contribuer au travail et au développement de cette architecture.
Notre Congrès peut permettre aux communistes qui le souhaitent de dépasser les limites et de construire dans l’unité cette nouvelle organisation. Je dis organisation, car il ne peut y avoir de lutte des classes, de démocratie, de progrès et de communisme sans une organisation.
Je pense qu’une union des communistes peut se reconstruire, fondée sur l’acceptation d’une charte commune fixant des règles de vie, de fonctionnement et des objectifs.
Le P.C.F. aujourd’hui n’est pas seulement divisé, il est au bord de l’implosion, alors qu’objectivement les conditions existent pour l’existence et le développement d’une grande organisation communiste.
Voilà les réflexions et propositions que je soumets au débat : un nouveau projet communiste, un nouveau rassemblement à gauche et un nouveau Parti : l’Union Communiste pour la Démocratie et le Progrès.
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