Contribution de Pierre Pradel
Section de Vitrolles - Marignane - St Victoret
5 mai 2008
Le congrès devrait être aujourd’hui en phase active de préparation ; il me semble qu’on en est bien loin.
J’ai l’impression désagréable que beaucoup restent dans leurs starting-blocks, se préparant à de sempiternels débats tournant autour de personnes ou groupes de personnes, débats d’initiés auquel la majorité des adhérents n’a aucune chance ni moyen d’y participer.
Parmi les grandes questions se posent, la première est : le PCF a-t-il encore un message à développer ?
Un constat : nos concitoyens sont confrontés à un bouleversement de tout le paysage social :
Chômage persistant
Baisse du Pouvoir d’achat aggravé par la hausse des denrées alimentaires et des produit
énergétiques.
Disparition des services publics.
Accroissement des inégalités
Attaques sans précédent contre la protection sociale (santé, retraites, famille…)
Code et droit du travail bouleversés
…
Quelles réponses apportons nous ?
Nous dénonçons volontiers sans avancer de propositions ou de réflexions concrètes participant ainsi à alimenter l’idée de fatalité.
Ne pouvons nous pas être plus offensifs ?
L’huma rapporte régulièrement des points de vue divers (PS, CGT, CFDT, philosophes et économistes communistes ou non.)
C’est très intéressant mais où sont les propositions du PCF ? En avons nous ?
A l’annonce de la baisse du nombre de fonctionnaires, ne pouvons nous pas développer et populariser
des propositions alternatives visant le développement de l’emploi public, des services publics, des réponses aux besoins collectifs ?
A l’annonce de la baisse des impôts sauce Sarkosy, n’avons nous pas des propositions à développer et
populariser pour une réforme fiscale prenant le contrepied des propositions libérales octroyant cadeaux et exonérations pour les hauts revenus pour annoncer ensuite que les caisses de l’état sont
vides ?
A l’annonce des projets pour l’éducation nationale, n’avons nous pas des propositions à développer et
populariser pour une école de la république ?
Concernant l’immigration et la coopération, n’avons nous pas des propositions à développer et
populariser face à l’inhumanité des mesures Hortefeux.
Face aux attaque s contre la sécu ( franchises, dépassements d’honoraires, déremboursements,
allongement de la durée du travail…).Nous relayons volontiers là encore ce qu’en disent les autres, mais nous mêmes n’avons nous pas des propositions à développer et populariser pour une autre
gestion et un autre financement de la protection sociale ?
Se pose la question de notre activité et de notre organisation, du rôle des dirigeants et des élus.
Concernant notre organisation, il s’agit de revenir à une activité politique au plus près de la population et des salariés ( relance des cellules et sections de quartiers et d’entreprises) autour de propositions concrètes élaborées par le parti et mises en débat pour aider à développer l’action à partir d’objectifs prenant en compte les réalités locales et capables d’être réalisés.
Concernant les élus sont ils des gestionnaires et seulement des gestionnaires ?
Avons nous besoin d’un parti tournant autour de l’activité des élus ou d’un parti avec des élus en relation permanente avec les directions pour répondre ensemble aux préoccupations de nos concitoyens et leur proposer action et réflexion à partir des propositions alternatives que nous défendons ?
Nous nous sommes félicités d’un score honorable aux dernières cantonales et municipales, ceci ne doit pas nous conduire à faire l’impasse sur la nécessaire activité de nos élus et leur position Particulière dans le parti ;
Certes les élus communistes représentent l’ensemble de la population, mais ils sont d’abord des élus communistes.
Mène -t-on partout, y compris dans les municipalités que nous dirigeons une activité coordonnée entre élus et directions du parti pour promouvoir les propositions originales du PCF et assurer le renforcement du parti particulièrement en direction de la jeunesse. Le PCF en tant que tel apparaît il à sa nécessaire place ?
Le mécontentement de la population s’exprime de plus en plus par des luttes syndicales qui voient souvent leurs limites dans le manque de perspectives politiques sur lesquelles s’appuyer.
Le résultat des élections démontre que la conscience d’un nécessaire et véritable changement n’est pas spontané.
Qu’ont à gagner les salariés à voter Ségolène Royal toute acquise à la libéralisation de la société ?
Qu’ont à gagner les salariés à voter Besancenot arcbouté dans une opposition stérile sans perspectives alternatives.
Pourtant nombre d’entre eux l’ont fait quand ils n’ont pas voté pour Sarkosy lui même.
Avons nous réussi à présenter le vote communiste comme le moyen de travailler à une autre politique en rupture avec le libéralisme et ses conséquences sociales ? évidemment non !
J’espère que le congrès nous mettra en situation de dépasser le mécontentement et la dénonciation parfois stérile pour élaborer et promouvoir une alternative résolument antilibérale à la gestion actuelle ou celle avancée par la majorité actuelle du PS.
Pour cela, nous avons un besoin urgent de connaître nous mêmes ce que nous avons à proposer à nos concitoyens .
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