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Refondation ou renaissance  : plaidoyer pour un programme immédiat

Renaissance plutôt que refondation

LIMINAIRE La lutte des classes est devenue planétaire.Le capital financier a pour règle et devoir le pillage de toutes les ressources terrestres. Comme besoin le recours à la violence contre les velléités des peuples, contre les états-nations. Cela a fait grandir l’idée d’un gouvernement mondial. Se vulgariser l’idée d’une communauté mondiale d’intérêts écologiques. Dans le temps même où l’agressivité impérialiste a été tenue en échec dans l’opinion et sur le terrain. Le rapport numérique entre financiers et exploités est cent fois plus grand dans le monde d’aujourd’hui qu’en Occident au siècle passé. Ces données nouvelles encouragent à en finir avec la loi de la jungle, à inventer de nouveaux rapports sociaux. Le moment que choisissent certains, dans les colonnes même de l’Huma, pour proposer de dissoudre le PCF à l’italienne dans un magma « progressiste » plus électoralisable. Projet qui a plus à voir avec l’opportunisme qu’avec les besoins des travailleurs. Qu’il jette, déboussolés, dans les bras de la Droite.

Pour dénoncer les impasses de la violence révolutionnaire minoritaire, faut-il renoncer à la révolution ? Au besoin d’une société sans classes ? A « prise du pouvoir », « dictature du prolétariat », préférons, comme le dit le Manifeste : « la conquête de ladémocratie ». Rappelons au passage que la Commune de Paris était élue. (cf Allende, Chavez, Morales etc)

DECLIN Le débat confus dans le Parti part du constat de déclin...électoral. Aussitôt accolé à « stalinisme », « Mur de Berlin », j’en passe. Rappelons sans cesse que le déclin électoral remonte en gros à 1981, neuf ans AVANT la chute du Mur. Que l’apogée électorale du PCF se situe APRES et PENDANT les purges et massacres staliniens des années trente ET quarante. Le rapport n’est donc pas évident, sauf à n’écouter que de l’oreille droite. Malgré Berlin 51, Budapest 56, Prague 68, n’avons-nous pas gagné toutes les batailles engagées ? Sur le fascisme, le colonialisme, le sexisme, la paupérisation, la défense et illustration de la culture ? On s’est mis à vendre ce capital, en échange de quelques ministères, à la social-démocratie. Le gros des voix restantes vendu à Jospin pour quatre portefeuilles. Sur cette lancée, on a fini par voter carrément à droite (2002) contre notre électorat populaire passé au FN. Parallélement la direction du Parti s’est sénatorisée, les « permanents » ayant longtemps proliféré au rythme du recul. On a préféré, si je caricature, une base de petits chefs syndicaux bien blancs au recrutement sur les chaînes et dans les ghettos. Ainsi « éclairée », une masse de nos électeurs est passée au FN. Les plus jeunes au trotskisme. En abandonnant la ligne fondatrice de 1920, de fracture entre révolutionnaires et réformistes, qui subordonnait les élus au Parti, le PCF se retrouve devant les impasses de la social-démocratie, avec des élites qui se sentiraient mieux dans un mouvement a-communiste. Une voie brevetée Kouchner, dirigeant communiste (UEC) partisan en son temps de la « voie italienne ».

RENAISSANCE La disparition électorale du PCF aurait dû rendre caduc l’anti-communisme. Il n’en est rien (cf Cuba, Guevarra, Chavez etc.). Preuve que le spectre, depuis 1848, hante toujours (et plus seulement l’Europe). Que le communisme (entendons une société sans classes), demeure la solution en creux du gâchis capitaliste. La France a besoin de ce Parti, animateur essentiel du XXème siècle, continuateur du modèle révolutionnaire français du XIXème. Parti soudé aux classes laborieuses qui ont fabriqué la 4ème puissance mondiale dans un petit pays. Quand ce parti décline, la France décline. Doit-il pour autant revenir à 1920 sans avoir rien appris des transformations du monde ? Bien sûr que non. A « Refondation » je préfère « Renaissance ». Sur des considérants nouveaux. INDIVIDUALISME / LIBERALISME / NATIONALISME La dynamique du capitalisme s’appuie sur le ressort puissant qu’est l’individualisme.Nous y avons longtemps opposé le collectivisme, oubliant que nous proposions de libérer chaque individu de l’esclavage. Cessons de dérouter et d’effrayer avec un mot qui tue sans nécessité. Idem pour le libéralisme. Conçu par ses pères pour libérer l’individu et limiter le pouvoir des féodalités.Le capitalisme financier mondialisé tend à l’exact inverse. Quand nous affirmons « lutter contre le libéralisme », nous ne sommes pas compris. Les gens associent libéralisme et liberté, ce qui n’est pas historiquement faux, et entendent notre but comme le contraire, un totalitarisme, ce qui n’est pas historiquement absurde. Le PCF incarne ET les valeurs fondatrices de la République ET le communisme, idée bien française ( Babeuf, Cabet, Blanqui, Varlin, Guesdes...). Faudrait-il laisser ce drapeau aux tenants de Munich, comme Blum, de Vichy, comme Ségolène, de Washington, comme Sarkozy, à tous les chantres de l’Europe supra-nationale ? Revisitons plutôt le grand acte fondateur de 1945, le programme du Conseil National de la Résistance. Ce qu’on appelle, pour l’enterrer, le « modèle français ». C’est une référence. Ses propo-sitions réalisées ont assuré trente ans de progrès économique et social malgré sa remise en cause permanente par la guerre froide, l’anti-communisme, l’intervention américaine. Le revisiter pour avancer.

UN PROGRAMME On se doit d’avoir un programme. Pas une plateforme électorale à vendre en pièces détachées aux socialistes. Un programme d’avenir qui donne des perspectives aux mouvements populaires, réveille la conscience de classe aujourd’hui affaiblie.C’est plus urgent que les promesses de débat sur le sexe de l’ange communiste. Petite utopie programmatique : Finissons de stagner dans la forteresse assiégée des « avantages acquis ». Minima sociaux, allocations chômage°°, licenciement économique, préretraites etc. Cette ligne de front nous fait passer pour les défenseurs d’une France des non-travailleurs. Un comble. Défenseurs d’’un néo-lumpen vieillissant lorgnant plutôt vers l’extrême-droite. Le levain est dans la jeunesse privée de travail et de scolarité convenable. Soyons plutôt les porteurs d’un PROJET MAJEUR : Je propose que ce soit LE DROIT AU TRAVAIL. Vieux rêve du XIXème, repris quelquepart dans notre Constitution. Le droit au travail « opposable » Ha ! Ha ! La liqidation du chômage -sauf une marge de mobilité- serait le coup le plus dur porté au Capital, sans la nécessaire adhésion de tous aux présupposés marxistes. Il revient à rendre à la dignité salariale 1 200 000 RMIstes et 2 à 3 millions de chômeurs ? Soit environ 10% de la population active ? Comment ? En supprimant l’assistanat des patrons comme des salariés.(en prenant la droite au mot et à contre-pied !). 1)On transforme toutes les assistances, salariales et patronales, toutes les « aides à la pauvreté », les ANPE, les stages bidon, en salaires. 2)Les près de cent milliards récupérés (y compris la fraude fiscale) représentent cinq millions de salaires à 20.000 euros. Largement de quoi redonner dignité à tous les exclus et augmenter la plus-value française. Je donne cet aperçu pour ce qu’il vaut. Aux économistes de plancher. L’essentiel étant d’annexer à notre programme un budget crédible et qui ne rallume pas un débat stérile sur l’abolition de la propriété privée, le partage avant le progrès. L’objectif étant toujours de restaurer l’unité et la solidarité populaires.Qu’on y réfléchisse avant de parler d’utopie. La suppression du chômage, qui en doute, redonnerait des couleurs à toutes les luttes sociales. Certes, il serait nécessaire d’imposer l’intégration des exclus actuels par tranche de salariés actuels°, sachant qu’ils seraient à la charge(mais gratuite) des entreprises et administrations d’accueuil chargées de leur formation et intégration.) On peut y préférer les bataillons diciplinaires de Ségolène...)

UN PROGRAMME DONC :

TROIS PILIERS : 1 Tous au travail (volontaire, bien sûr. Et sauf les handicapés non-sociaux) 2 Gestion démocratique des entreprises° 3 Règles politiques et syndicales démocratisées ET : Pour se garder des dérives bureaucratiques étatistes ou collectivistes, maintenir la concurrence libérale MAIS entre groupements (entreprises) de citoyens producteurs et co-gestionnaires.° Un statut de l’entreprise serait réfléchi et annexé à ce programme. Les services publics auraient un mode de gestion spécifique. Les banques seraient sans doute appelées à rejoindre le secteur public. ORIENTATIONS a) Priorité à l’éducation, la formation et la recherche b) Soutien (politique) de l’état aux PMI PME indépendantes des grands groupes. c) Subordination de tous projets aux objectifs écologiques d) Politique extérieure de paix et désarmement. Europe-Méditerranée des Nations.Transferts de pouvoirs à l’ONU rénovée.Réferendum sur la force nucléaire. Rempli, un tel programme s’appellerait sans doute...une révolution. Sans le mot ? Et après !

Est-ce une France utopique qu’une France où tous les citoyens qui le désirent seraient salariés ? Où tous cotiseraient pour leurs retraites et la santé ? Où tous payeraient l’impôt proportionnel ? Où tous auraient voix à la gestion de leur entreprise ? Où toutes les opinions auraient une place au Parlement ? Une France toute entière au travail et à l’invention où il n’y aurait plus d’assisté sociaux ? Dites-moi franchement si cela relève de l’utopie. °au-dessous de 5 salariés, la plus grande liberté pour l’entrepreneur individuel,urbain et surtout rural

Un tel programme est-il applicable dans un monde interconnecté ? Ne verrait-on pas une fuite des capitaux dramatique ? Un isolement de la France ? Je pense que c’est la sous-estimer. La France n’est pas Cuba (qui résiste malgré tout depuis 40 ans). En 1792, en 1815, en 1871, en 1944, elle a su conquérir sa place malgré toutes les coalitions.On a vu l’Europe des marchands reculer (provisoirement) devant le NON. L’inter-connexion est à double sens. Un boycott mettrait à mal nombre de multinationales. Et les « idéees françaises » ont un impact immédiat en Europe quand elles montrent la voie du progrès.

En résumé, faut-il se perdre dans le débat sur les structures d’appareil et les alliances ou populariser une issue sérieuse aux souffrances des producteurs ? Je dis programme avant alliances. Proposons un Front Populaire de retour à la « valeur travail » par la suppression du chômage et de l’assistanat. Encore un mot : A propos des « valises de plomb ». Qui amènent certains, travaillés par l’électoralisme, à vouloir changer, après le drapeau, l’enseigne. Comme si l’a-communisme était plus « vendeur ». Comme si le dépassement du capitalisme figurait au programme d’autres partis (ou groupuscules) non-communistes. Il leur resterait à accompagner le capitalisme...en le réformant si faire se peut. De l’inédit, pour sûr. Je préférerais que ces bonnes âmes me parlent plus souvent des crimes de l’anti-communisme, des massacres anti-communistes (25.000 parisiens en 71), des guerres anti-communistes, des sanglantes dictatures anti-communistes... Qu’ils me donnent en regard la liste des crimes perpétrés par le PCF en 90 ans. A trop se marier au PS, certains ont attrappé la chtouille qui le ronge. J’espère que ces camarades déboussolés retrouveront confiance si notre Parti sait apporter aux masses bien plus qu’un bulletin de vote illusoire : un message de combat pour des conquêtes essentielles et possiblement immédiates. Pour Marx ce sont les masses, pas les élites, qui font l’histoire, pour Lénine le contraire.Choisissons.

Philippe Brouillard, cellule du Barp (33) adhésion 1950/1979, réadhésion 2007.

Par brouillard philippe
Le 3 décembre 2007

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Tag(s) : #Assemblée générale extraordinaire PCF
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