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Débat pour le Congrès 2007 :

Contribution de Jean-Antoine Colin

Cellule d’Allauch
Section d’Aubagne-Allauch.


30 septembre 2007

1 DANS QUELLE SOCIÉTÉ VIVONS-NOUS ? QUE FAUT-IL CHANGER ?

A Le capitalisme aujourd’hui

* Le capitalisme est maintenant devenu encore plus anonyme (même si les détenteurs de capitaux ne le sont pas). S’investissant surtout dans le domaine du profit financier, nous avons à mettre en lumière comment désormais cette bulle confisque la plus-value, ou valeur ajoutée, produit du travail en dernière instance, et mieux diffuser nos analyses.

Car à la base, sans assise sur une production matérielle, comment le capital financier, ceci brièvement dit, pourrait-il prendre source ?

* Les nouvelles formes d’exploitations sont tout azimut, à la production, au travail proprement dit, mais aussi dans toutes formes de reproduction de la force de travail, jusqu’aux loisirs. Notamment, tant dans le ludique que dans le culturel où, notamment, de nouveaux besoins créés de toutes pièces renforcent la collecte du profit, en même temps que renforçant l’aliénation conséquente à l’idéologie dominante (panem & circenses…).

* Le combat pour le dépassement du capitalisme est plus que jamais nécessaire. Comment imaginer qu’il ne soit pas possible ? Mais bien sûr, sous les formes déjà connues il a prouvé son insuffisance, les « masses » anonymes devant être désormais considérées comme des personnes, et analysées la mesure où ces personnes s’identifient à un corps social. Le combat doit être désormais aussi au plus haut degré dans le domaine culturel, avec la même force que jadis dans tout autres domaines.

* NON, le PCF n’a pas suffisamment pensé ce qu’il en est de l’écologie et des questions internationales (deux grands domaines qui auraient d’ailleurs mérité un questionnement séparé).

* OUI, il urge de renouveler TOUTES nos analyses théoriques et pratiques du monde !

B Une société en mouvement.

* La classe ouvrière n’a pas disparu dans sa fonction productive (encore 35% d’ouvriers), mais s’est profondément modifiée comme s’est modifié le système de production. L’essentiel est dans la perte du sentiment d’identification à une classe. Par exemple : comment un ingénieur de production, dont le temps serait pourtant affecté à la production matérielle mais dans les composantes intellectuelles du travail(1), peut-il partager le même sentiment d’appartenance et identifier ses intérêts (au sens large) à ceux des travailleurs les moins qualifiés, pourtant indispensables à production matérielle, au mettre titre que lui finalement ?

Voilà pourquoi je parlais plus haut de l’entreprise intellectuelle qui est devant nous, les tenant du pouvoir ayant œuvré pour détourner et pervertir ces sentiments et intérêts de classe.

* Ceux qui travaillent à la production de biens, de richesses matérielles ne peuvent êtres réunis en un seul groupe identifiable. La production de biens, apanage jadis de la classe ouvrière, nécessite l’intervention d’une multitude de producteurs de services. « Les salariés » ne suffit pas à désigner ces en définitive prolétaires(2). Mais c’est vrai, certaines « couches moyennes » ont pu accumuler, même si peu, et profiter au-delà de leur seul travail, d’où problème d’identification renforcé…

Les aspirations profondes de « notre peuple » ne peuvent donc être mises à jour qu’en actualisant et approfondissant notre analyse de la société de classe telle qu’elle s’est aujourd’hui modifiée, et en faisant acte de pédagogie tant auprès de nos militants que de l’ensemble des travailleurs.

Reste donc à faire l’inventaire et l’analyse de nombre de producteurs de services dont la fonction n’est pas d’assister la production, mais de drainer la plus value vers de grands groupes financiers, services parasites et prédateurs. La part de ces services mode actuel de production demande une analyse et un calcul fin, qualitatif et quantitatif.

Cependant, les travailleurs dans ces services ne peuvent eux-mêmes être qualifiés de parasites et de prédateurs, prolétaires illusionnés adhérant à un travail néfaste. J’insiste donc sur, ce nécessaire grand travail culturel, nécessaire d’abord pour nous faire comprendre le phénomène, puis pour redresser les mentalités et représentations perverties par le travail hégémonique permanent du grand capital. Cela est d’autant plus nécessaire pour la prise de conscience de ces collaborateurs du capital, salariés eux-mêmes (doublement…) aliénés.

* Non, la société n’a pas glissé à droite, mais devant l’entreprise médiatique de masquage et de détournement des valeurs progressistes faite par l’usine idéologique dont Sarkozy n’est que le sommet de l’iceberg, nous n’avons pas su changer de moyens et de pratiques afin promouvoir nos idées et nos projets. Il ne s’agit pas d’une simple question de technique de discours, mais d’une EVOLUTION culturelle de fond que nous devons mettre en œuvre.

C Quelles luttes pour quelle autre société ?

* La résistance à la mondialisation capitaliste doit viser l’échelle où l’exploitation se joue : celle du monde. Toutefois, la mise à jour des contradictions et de la mobilisation ne peut être faite qu’à partir de la où elles se manifestent concrètement vis-à-vis des gens : penser global, donc nécessairement aussi local, et agir local d’abord, car même si les forces d’exploitation sont lointaines et anonymes, leurs exécutants sont là, sur le terrain, même s’ils fuient le débat, se cachent ou se déguisent.

* Oui, le PCF a pris du retard dans son analyse et sa pédagogie à propos des formes nouvelles d’exploitation, d’où son éloignement des nouvelles formes de luttes, dispersées, et l’analyse de ces formes de lutte par rapport à leur efficacité en tant que forces anticapitalistes. Encore une fois, il s’agit d’une évolution historique de la culture politique, du rapport des travailleurs aux formes d’exploitations transformées et renforcées par de nouveaux moyens, notamment le renforcement des moyens médiatiques.

* La conviction et la recherche de ses moyens de lutte contre la mondialisation capitaliste ne pourront être envisagée qu’après analyse fine actualisée des formes actuelles du capitalisme, de sa diversification et des nouveaux moyens hégémonique dont il s’est doté pour que les travailleurs participent à leur propre exploitation, analyse suivie d’une large diffusion.

Il est loin le temps où le patron (souvent propriétaire de l’usine) et ses collaborateurs jusqu’à la maîtrise (ouvriers promus et retournés contre leurs frères) pouvaient être désignés comme les exploiteurs, directement sur le terrain, donc objets de lutte…

Le temps où le PCF faisait des intellectuels avec n’importe quel adhérent semblerait hélas révolu. Si on adhère par instinct de classe, travailleurs « manuels » et « intellectuels » confondus (si distinguo qui ne veut plus rien dire a voulu jadis dire quelque chose …). Nous ne pourrons plaider nos idées de progrès social que quand nous serons tous mieux armés idéologiquement pour le faire, aussi bien que Marie-Georges BUFFET l’a d’ailleurs montré dans chaque tribune TV des présidentielles, où personne ne savait quoi rétorquer à ses sereines analyses.

* Reconstituer une solidarité ne pourra se faire que par la désignation d’un objectif commun, d’adversaires « visibles » responsable ou complices de l’exploitation. Mais ceux-là ne sont eux aussi souvent que des salariés soumis à la pression de leurs employeurs, donc aliénés en même temps que cajolés (salaires, primes, stock-options), les salariés de l’encadrement ainsi éclatés (et mis en concurrence), alors comment imaginer que la force de nos analyses puisse leur faire rejoindre notre camp ? Les collaborateurs de classe n’ont pas renoncé à leurs prébendes.

Un mouvement de masse est donc nécessaire. Si l’échelle de la mondialisation doit guider certaines analyses et certaines actions, entre cette échelle globale et l’échelle strictement locale, de nombreuses autres échelons doivent être mis à jour. Toutefois, le local : lieu de travail, lieu d’habitat, la ville, échelle du militant, échelle du face-à-face restera toujours la base des solidarités et des luttes.

Mais si le PCF est porteur d’idées et de projets, c’est aux travailleurs eux-mêmes de mettre à jour ces solidarités, les militants PCF devant ne pouvant et ne devant être que parmi les travailleurs et se nourrir de leurs débats et y contribuer, afin de faire de justes analyses et de bonnes propositions.

2 NOTRE PROJET

A Le communisme en question

* Le mot communiste réfère à l’Histoire et aux luttes des travailleurs pour la conquête de leurs libertés, depuis des siècles. Cette conquête ne peut aboutir que par une réflexion et une action communes, en vue de la maîtrise de chacun de sa vie dans une société où la décision ne sera pas réservée à quelques-uns, appuyée sur les consciences dévoyées de certains exploités qui participent eux-mêmes à leur propre exploitation.

* L’image de ce mot dans l’opinion est fausse, le « socialisme réel » sans démocratie ayant fait faillite. Comment arriver à nous en défaire ? Il ne faut pas craindre que ce travail soit difficile, mais il risque d’être long…

* Se référer à cette image ? Nous devons êtres attachés au mot « communisme », porté depuis de siècles par les travailleurs et leurs luttes. Y renoncer serait un recul, comme accepter une défaite. Mais réduire la question de définition du communisme à un problème de mot et d’image serait plus qu’une faute : une erreur !

* Le PCF est-il marxiste ? Marx en son temps a fourni des outils d’analyse que même nos adversaires ne sont pas sans reconnaître l’efficacité, encore aujourd’hui. Ces outils sont-ils capables d’analyser le capitalisme de notre temps ? Oui, mais seuls non ! Réduire les analyses politiques au seul jeu intellectuel de concepts tel que cela a jusqu’à maintenant montre une incomplétude. L’esprit humain se manifeste par son intelligence, mais aussi par ses émotions, ces deux domaines s’alimentant de perceptions et alimentant les perceptions d’autrui. Intellect, affects et percepts sont trois dimensions qui dans leurs interrelations devraient nourrir une d’analyse marxiste actualisée. En effet, si au-delà et en deçà des actes, la politique est une activité intellectuelle productrice de sens, ce sens déborde largement une seule action intelligibilité « technique », pour dire les choses en raccourci.

B Quelle identité pour quel projet et pour quelle politique ?

* Les valeurs essentielles défendues par le PCF sont celle de la Révolution Française : Liberté, Egalité, Fraternité auxquelles il faut rajouter Solidarité, ce qui implique une réelle démocratie afin que chacun puisse être responsable de sa propre vie, dans son rapport à celle des autres.

* Le projet communiste est en effet fortement ressenti comme « anti », ou en tout cas du domaine d’un certain idéalisme et comme irréalisable. La visée communiste par contre pourrait l’être dans la mesure où nous devrions rappeler que le bonheur n’est pas un état, mais un mouvement, chose évidemment difficile à plaider à ceux qui sont l’objet d’exploitation et d’aliénation maintenant, et qui veulent des solutions tout de suite, ou tout au moins proches.

Le projet communiste doit donc être repensé comme un processus, processus qui ne peut être reconnu et lancé que dans les luttes, ce qui implique une culture politique différente de celle qui a prévalu jusqu’à maintenant, où les avancées sont souvent ressenties comme des cadeaux et les reculs comme une punition ! Les citoyens doivent passer à l’âge adulte, car l’aliénation dont ils sont l’objet les cantonne dans un statut de mineur dont le seul droit serait de payer les factures et les impôts. Mais il est difficile bien sûr de n’évoquer que des lendemains qui chantent alors que certaines avancées sont urgentes. Des luttes doivent donc être menées d’abord sur des objectifs proches, et gagnées, sinon nous ne sortirons pas du marasme où nous sommes. Il faut marcher à deux vitesses en même temps : celle de l’histoire et celle du quotidien, leur ne perdant pas l’autre de vue.

* Le projet politique d’une organisation comme le PCF doit être justement de contribuer créer les conditions pour que les citoyens puissent reconnaître leurs droits, assumer leurs responsabilités et travaillent eux-mêmes à l’amélioration de leur sort.

* Comment mieux agir et intervenir aux différentes échelles géopolitiques ? On ne pourra répondre à cette question que quand nos analyses de la transformation du monde économique et social seront effectuées, affinées à tel point que leur diffusion (« popularisation ») pourra relever d’une grande simplicité. En effet, au-delà des analyses de l’évolution du jeu du capital financiarisé et internationalisé, intéressantes certes mais qui demandent un investissement et un temps que peu de citoyens sont en état de faire, des idées simples (simple ne veut pas dire simpliste) doivent être promues, crédibles des propositions doivent être faites, perçues comme efficaces, à court terme.

Nous noterons que l’état diminué de conscience des citoyens n’a rien à voir avec une incapacité de type intellectuel, mais est conséquent à disponibilité toujours réduite par une aliénation renforcée par un aspect libertaire consommatoire illusionniste et le martèlement médiatique du pouvoir, via les puissances financières, propriétaires de presse (sous toutes ses formes) notamment. Cette aliénation doit être expliquée et dénoncée en permanence.

* Les hommes et les femmes les plus en difficulté sont-ils seulement ceux qui sont en pénurie d’argent, de logement, de santé, d’éducation ? Si certains des « moins en difficulté » n’agissent pas, c’est parce qu’ils ont peur de tomber chez ces « plus » et que leur conscience a été tétanisée par le matraquage individualiste intrinsèque au libéralisme économique actuel, individualisme inhérent à l’idéologie dominante qui désigne ses boucs émissaires : immigrés, assistés notamment, fonctionnaires, etc. Les liens possibles de solidarité ne pourront être noués que par la mise en évidence de causes communes à tous, bien au-delà du compassionnel qui renaît.

Pour s’adresser à tout le monde, le PCF doit mieux être à même de désigner les vrais coupables autrement que par ce qui pourrait être ressenti comme de simples slogans rédigés comme des vindictes. D’où, derechef : d’autres analyses pertinentes et la construction d’une culture politique partagée par tous.

3 SUR NOTRE ORGANISATION

A De quelle organisation politique avons-nous besoin ?

* L’implantation et l’influence réelles du PCF régressent tant dans les lieux de travail, d’habitat, les divers corps sociaux, et les membres du PCF vieillissent !!

Moi-même encore actif (66 cette année et jusqu’à 67 l’année prochaine, car dans l’enseignement supérieur…) ne peut que constater ce recul autour de moi, et le déplorer. Moi qui avais adhéré au PCF pour me retrouver avec les miens, et apprendre ce que je pouvais apprendre qu’en y étant (et faisant –il y a bien longtemps- les Ecoles Fédérale et même Centrale –comme on disait à l’époque- à Draveil).

* Ce potentiel dans sa partie la plus jeune et la plus active (25-45 ans ?) doit être impulsé dans son militantisme : nourri d’analyses (auxquelles ils doivent nécessairement participer), seule façon d’agir pour former un projet : le leur, le nôtre avec celui des citoyens.

* L’organisation et ses « permanents » a été (pour les « Trente Glorieuses » ?) la forme adéquate ( ?! en tout cas, c’était celle-là…) d’un outil d’encadrement pour les militants. Il est vrai que la disponibilité est une nécessité pour militer (et bien que la RTT existe -jusqu’à quand- difficile !). Leur vie familiale en pâtissant, pourtant des « permanents » étaient nécessaires, mais débordés par leurs tâches, pour beaucoup éloignés du monde et de la vie du travail, le corps qu’ils avaient constitué s’est « enkysté ».

Une idée ancienne était de « remettre les permanents à la production » après un certain temps. Bien que ce « retour à la production » pose désormais encore plus problème, ne devons-nous pas réfléchir à ce propos ?

* On dit couramment que la « forme parti » est à reconsidérer. Mais qu’est-ce que cette « forme parti » ? Et, afin de ne pas rester dans les attitudes « anti », sinon : quoi d’autre ?

* La création d’un nouveau parti ? Plutôt que se poser cette question, pourquoi ne pas plutôt réfléchir à une instance (institutionnelle ? un accord ? une charte ?) « inter - partis » progressistes (chacun étant libre de lui), instance où se confronte des idées et des analyses, et qui propose des actions communes ?

Au-delà de cette question, devant le risque de faire une « usine à gaz » inopérante, ne faudrait-il pas s’interroger sur la « gauche » dans sa diversité, et d’abord le concept de « gauche » ? Ainsi, ne serait-il pas d’abord nécessaire de faire finement une analyse (sociodémographique, mais bien sûr économique et politique) des bases électorales de ces « nuances » ( ?) de la « gauche », cette analyse mettant en évidence les désirs et les intérêts de chacun ?

Alors seulement, pourrait-on se dire : un parti communiste ? lequel ? pour quoi faire ?

B Que fonctionnement et quel militantisme ?

* Être élu-e, dirigeant-e devrait être replacé dans la question « quid des permanents » posée ci-dessus. Bien sûr, il sera inévitable que certains consacrent un plein-temps à ce genre de fonction. Se pose plutôt la question qui suit.

* Le rôle des responsables ci-dessus doit être considéré non pas dans leur rapport à l’institution « parti », mais par rapport aux militants et à la population dont ils sont délégataires. Ainsi, il s’agit plutôt de la question de la citoyenneté et de son rapport à l’Etat et de tous ses prolongements, des rapports de la citoyenneté au pouvoir qui devrait être posée.

* Militer aujourd’hui, c’est d’abord de disposer des outils d’analyse, ceux dont je ne cesse de parler ou que je réclame, qui existent pour certains mais dispersés. Et bien sûr, il faut se réunir avec les camarades pour échanger ces outils et imaginer des actions.

Mais il s’agit aussi chacun à son échelle et dans son milieu social d’être connu comme communiste et d’avoir une pratique en accord avec les principes définis en commun avec les autres communistes. Militer est donc une action permanente… et fatigante, ce qui à l’époque que nous vivons, malgré la RTT, est de plus en plus difficile, vu l’éclatement et la mobilité des pratiques sociales, les loisirs eux-mêmes tendant à devenir une tâche de plus (où d’ailleurs les gens se font toujours plus exploiter).

* L’expression de la diversité des idées est indispensable afin de valider les meilleures, sans rejeter les autres. Quant aux choix majoritaires, comment imaginer qu’ils ne résultent pas d’un choix consenti a priori dans les principes de fonctionnement d’une institution démocratique ? Le « centralisme démocratique » avait été perverti, mais comment retrouver la chose, ou plutôt le concept sans retomber dans le mot ?

* Etre plus « attractifs » auprès des jeunes me paraît une des expressions les plus malheureuses, relevant plus du domaine médiatique et publicitaire que de la politique. Pour que des « jeunes » rejoignent le débat des communistes et envisagent d’agir avec eux, il faut que nous nous donnions les moyens de mieux analyser quelles sont leurs inspirations et que les jeunes déjà chez nous soient formés et agissent auprès de leurs semblables !

* Que le PCF reprenne place dans les analyses et dans les luttes, se rajeunisse, et ses militants n’auront aucune peine à s’épanouir et être efficaces.

4 SUR LE RASSEMBLEMENT ET LES ALLIANCES

* La gauche correspond à une attitude progressiste inscrite dans l’histoire, pas seulement française. Le PCF a eu son rôle dans les progrès sociaux et démocratiques (progrès sur lesquels on revient maintenant). Les progressistes français (et ailleurs aussi…) ont besoin d’idées théoriques et de propositions pratiques en accord avec le temps que nous vivons.

La nécessité de la place du PCF dans cette catégorie « progressistes » a été depuis longtemps prouvée, mais aujourd’hui, enfermé dans une représentation issue notamment de la faillite des états dits « socialistes », faillite d’abord démocratique qui a nécessairement entraîné une faillite sociale et économique.

Le PCF a un donc grand travail d’actualisation théorique à effectuer. À la suite, il aura nécessairement à se battre sur le plan d’une expression pas seulement dénonciatrice des dégâts de la politique du pouvoir, et retrouver sa force de proposition. Un travail pied à pied nous attend, dénonçant chaque recul et accompagnant nos analyses de propositions immédiates, même (et forcément) limitées.

Un tel travail ne peut pas se faire seuls, travail de débat d’abord, et d’action ensuite qui ne doit plus se poser seulement et a priori en termes d’alliances, même si aux échéances politiques cette question se reposera sans cesse.

* La diversité des forces de gauche, leur disparité même n’a pas été suffisamment mise en évidence, ce qui de la même façon a caché ce qui pouvait faire rassemblement. Le temps nous a-t-il manqué ? Oui, mais cette disparité remonte loin dans l’histoire politique des dernières décennies. Il s’agit donc au plus tôt de remettre en chantier cette analyse des diversités et des convergences, même si des échéances urgentes nous attendent. Sinon, échec bis !

* Le bipartisme, l’individualisation et la recherche de personnalisation (de « leader ») à l’instar des pays anglo-saxons est un des plus grand danger qui nous guette, même si - ou plutôt parce que- la participation aux « présidentielles » a été grande. Toutefois, cette participation a remis certaines forces politiques à leur place, hélas en minimisant la nôtre car nous n’avons pas su ou pu inventer ou plutôt participer à l’apparition d’une gauche unitaire rénovée. Ce n’est que la construction de cette force qui permettra de lutter contre la régression dans laquelle le gouvernement postiche et la chambre aux ordres nous mènent, au pas de charge.

* « Rassemblement » d’accord ! « alliances » ?, on verra… Encore une fois, les travailleurs doivent êtres rassemblés d’abord, quelle que soit leur possible appartenance politique, rassemblement préalable aux alliances, qui pourront être définies lors des échéances politiques.

* « Révolutionnaire » ? Un mot ? Un concept ? Les choses toujours vont et iront encore plus mal si elle demeurent dans leur cours actuel. Il faut agir à la fois sur le terrain direct (localement) et à l’origine de l’exploitation (globalement). Mais cette dernière se dissimule toujours plus, de nombreux masques savamment confectionnés et ceux qui les portent (spéculation, financiarisation, médiatisation, martèlement illusionniste par l’idéologie hégémonique) cachant la forêt : exploitation à la source car s’il y a profit, il y a travail car pas de valeur sans travail.

Notamment, insister sur le pire : la spéculation et les krachs, gaspillage et destruction de valeur, donc appauvrissement brutal des producteurs réels, en tout cas détournement de capitaux au lieu d’investissements utiles à la production.

5 À PROPOS DU QUESTIONNAIRE LUI-MÊME

* La préparation d’un congrès n’est peut-être pas le moment pour (re)faire de l’histoire, mais est utile de la rappeler sans cesse. Notamment, expliquer comment suite à l’après-guerre qui avait provoqué un rebond économique industriel, désormais une création inflationniste de valeur sans travail est que source d’appauvrissement, puisque impossible, ou fuite en avant dans la financiarisation.

Rappelons les grands temps récents : création de nouvelles technologies, leur recherche ayant commencé pour les industries de guerre, puis « reconstruction » ; puis industrialisation lors des « Trente Glorieuses » ; puis le capital se reporte sur le profit financier(3).

* Le PCF est devant la lourde tâche de la poursuite, de l’affinement de ses analyses, de leur diffusion, d’un travail d’éducation des militants, d’éducation populaire. Quels que soient les résultats du Congrès dans le domaine de l’action, immédiate surtout, rien ne pourra se faire sans ce travail. Même, et surtout, si de tâches urgentes nous attendent, car il faudra les cadrer dans une visée à long terme, même si les matins du grand soir, ce n’est pas demain la vielle…

* Quant à m à préoccupation essentielle, c’est celle de la formation d’une CULTURE POLITIQUE ACTUALISEE, pour un AUTRE RAPPORT DES CITOYENS À L’ETAT ET AUX PARTIS, qui eux-mêmes doivent changer de forme et de pratique.

(1) Le distinguo manichéen manuel - intellectuel a pourtant perdu tout son sens, et depuis longtemps.
(2) Qui ne disposant pour vivre que du produit de leur travail.
(3) Un tiers des bénéfices de Ford aux EU est fait dans le secteur des prêts à l’achat de véhicules !

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Tag(s) : #Préparation Congrès PCF
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