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Congrès PCF 2007 contribution IIIème Partie
samedi 29 septembre 2007
 

III – Aujourd’hui comme hier, une organisation est nécessaire. Et cette organisation demande des statuts, des militants formés qui font vivre une réflexion riche, des propositions modernes, des actions de proximité dans tous les champs de la société. Je ne souhaite pas un repli identitaire (puisqu’il y a une multitude d’identités communistes) mais il faut mettre fin à cette dérive gauchiste du parti : plus on est petit, plus on se divise. Je ne souhaite pas non plus la fin du parti communiste (puisque nos ennemis continueront à nous appeler comme ça même si nous nous appelons Théodule). Je ne souhaite que ce qui à fait notre force hier face notre modernité de demain.

1 – Une force communiste demande des militants formés.

Ce qui fut la grande force, et à la foi sa grande faiblesse, de notre parti fut ses écoles fédérales. Beaucoup d’ancien coco le reconnaissent même s’ils ont quitté le parti : pour les personnes qui n’avaient pas fait d’études, ce fut une source de culture et de capacité à prendre des responsabilités. Voila qui fut la force : nous étions en capacité à faire monter dans l’échelle décisionnelle des personnes qui n’auraient pas pu le faire autrement. Cette capacité a été perdue et que nous devons retrouver. Le monde évolue énormément (avec une place de l’individualité très affirmée) et nous voyons aussi des choses que l’on croyait disparue revenir à la surface : l’écart entre les plus riches et les plus pauvre se creuse, l’évolution dans l’échelle sociale est de moins en moins possible pour les classes populaires, retour en force du rôle politique du prolétariat. La révolution Internet augmente encore les sources d’information et les moyens d’actions. C’est un fait. Tout n’est pas bon et ce n’est pas en multipliant les sources d’information que l’on favorise l’esprit critique. Si nous voulons être efficace contre la révolution néolibérale, il nous faut bien un lieu où les différentes opinions puissent être données et synthétisées, où ceux qui sont exclus du débat politique puissent avoir des bases politiques et culturelles. On ne connaîtra jamais mieux la société que si nous arrivons à faire discuter tous ses membres ensemble. Face à l’individualisme, un lieu de convivialité et de fraternité nous permettra certes de ne pas être d’accord entre nous mais de nous parler et de nous soutenir quand on nous attaque. C’est L’esprit critique, voilà ce qui reste révolutionnaire ! Dans le combat idéologique qui nous attend, une structure où l’on peut construire une opinion, un avis ou un jugement est déjà un grand pas pour la lutte. N’avez-vous pas remarqué un fait très « air du temps »restauration ? Des anciens de la fondation St Simon à l’UMP, il ne faut surtout plus d’idéologie, il faut de la pédagogie. Si les gens ne veulent pas des réformes, c’est parce qu’ils ne savent pas alors il faut les éduquer. Voila comment les réactionnaire voit notre Nation : une cour de récréation peine d’enfant qu’il faut (ré) éduquer… Cela ne vous rappelle rien ?

Là où je ne rejoins plus certains camarades, c’est qu’ils veulent voir renaître les écoles fédérales « modèle 54 réformée 70 ». Cela ne doit pas un être lieu de formatage marxiste-léniniste. Ce doit être un lieu de formation marxiste : pas de sujet tabou, une remise en question permanente, une méthode rigoureuse. J’avoue que placer le curseur pour savoir ce qui est bon est difficile en la matière. Par exemple, je rejoins l’avis de certains camarades sur l’Humanité. Qu’elle ne soit plus l’organe officiel du PCF, très bien, j’approuve des deux mains. Quand elle fait un article sur l’histoire de mon parti et que les avis divergeant n’apparaissent pas, cela me choque car on en fait…l’organe central etc. Qu’il y ait débat entre Martelli, ceux qui ont écrit sur les communistes en quarante et Annie Lacroix Riz sur ce que fut le communisme au 20ème siècle, c’est clair, mais qu’il apparaisse dans le journal. Je ne pense pas que je serai d’accord ni avec les uns ni avec les autres, mais qu’on me laisse libre de me faire ma propre opinion. Merci à l’Huma de laisser apparaître la complexité de l’Histoire quand les autres aiment la réduire à blanc ou noir.

C’est dans c’est lieux de formation en commun que nous retrouverons les liens fraternels et un débat idéologique qui sont la base d’un vrai parti politique. Ce qui fut une force fut aussi une faiblesse : les personnes qui furent former parle parti se sont trouvées a coexister avec des personnes dont la formation intellectuelle a été faite dans les universités. Il y avait deux générations qui ne sont plus arrivées à se parler, l’une contestée l’URSS l’autre la défendant dans une période de reprise en main. C’est à mon avis la cause principale des dissensions entre l’UEC et le parti dans les années soixante et dans les années quatre –vingt. 2 – Je suis pour un vrai parti organisé, qui va devant les électeurs et qui assume le pouvoir et son exercice. Je suis pour un parti communiste, pour un parti qui soit capable de défendre les prolétaires si on entend par là l’ensemble des personnes qui doivent travailler pour s’enrichir ou garder leur niveau de vie. Cette action demande d’être à la conquête de droit sociaux mais aussi d’intégrer les questions de développement durable de façon claire dans notre idéologie. Je suis pour un parti communiste malgré son histoire car même s’il m’est difficile de donner une idée précise de la société juste à laquelle j’aspire, je sais ce que je combattrai toute ma vie : le stalinisme, les certitudes et les injustices. Croire que le stalinisme sera mort le jour où il n’y aura plus de parti communiste ne fera que permettre sa réapparition sous un nouveau nom avec un nouveau visage. Croire que le mouvement alter mondialiste est le parangon de la démocratie parce qu’il n’y a pas de chef et que cela travail en réseau est faux : ça peut toujours déboucher à cette fameuse minorité qui veut faire le bonheur de la majorité contre son gré. Ca nos amis alter mondialistes semblent l’oublier (certains ne voient pas d’objection d’alliance avec les fascistes islamiques (je ne parle pas de la religion, juste des mouvements politiques qui s’en réclame).

Un parti politique n’est pas moins démocratique que l’alter mondialisme : c’est un lieu de débat comme un autre. Il a un plus : c’est un lieu de synthèse où les idées doivent avoir une cohérence, c’est un lieu de contre pouvoir. Quand il assume le pouvoir, il peut mettre en pratique ses idées, voir les repenser à la lumière de la même pratique du pouvoir. Il y a un va et vient qui est sain pour la démocratie. Dans le mouvement alter mondialiste, je ne vois pas ces qualités et cela n’est pas pour me rassurer. L’alter mondialisme a permis l’émergence de certaines problématiques. Nous avons su les intégrer dans notre corpus idéologique (si nous sommes si rétrogrades, comment cela se fait que le programme que j’ai voté en congrès était à 90% dans la charte antilibérale qui est si moderne ????). Parce que nous sommes communiste et que nous avons une certaine vision du développement humain, il y a des organisations avec qui nous serons toujours en désaccord. Par exemple, les décroissants qui se foutent du service public de l’énergie parce qu’il s’appuie sur le nucléaire, qui font la promotion d’un mode de vie où avec 800€ par mois… Ce n’est pas des alliés objectifs du grand capital ça ? Autre exemple : j’habite l’Hérault. L’Europe (avec l’aide des lobbies verts) a décidé de faire du Languedoc Roussillon le bronze cul du continent. Pour permettre la pêche d’affaire (c’est-à-dire celle lier au tourisme), on accable la pêche artisanale comme prédatrice de la ressource. La méthode a été la même pour tuer la pêche artisanale au thon rouge des mexicains. Les verts et Greenpeace s’engouffrent dans le créneau… En défendant l’écologie contre le marché, ils ne font que le contraire. Parce que nous sommes communistes et que nous mettons l’homme au cœur du développement, nous avons défendus des positions plus justes : les élus communistes ont aidé à faire entendre les pêcheurs pour avoir une économie viable en maintenant la ressource. Nous avons une vision particulière des choses, il faut donc une organisation particulière.

Il faut redonner des statuts clairs à notre parti. A mon avis, il faut renforcer la démocratie locale dans le parti. Le rôle des cellules et des AG doit être clarifier, que les conseils départementaux soient renforcés dans leurs pouvoirs pour la cohésion de la politique départementale et que les exécutifs puissent être un peu plus contraint par les différents conseils. Je ne suis pas pour un retour au centralisme démocratique mais il serait bon quand même que le national est la possibilité de trancher les conflits locaux. Je ne suis pas pour un contrôle du parti sur les élus. Il nous faut définir un rapport saint et un rôle propre entre le parti et ses élus. Un principe doit nous diriger : quelque soit la majorité, le parti doit favorise les initiatives citoyennes, faire bouillonner les idées. Au lieu d’avoir comme réflexe « si on dit quelque chose, on va gêner nos élus » avoir celui de créer un rapport favorable à nos idées. Beaucoup attende trop des élus : les élus sans action dans la population ne sont rien, qu’ils soient majoritaire ou alliés. D’ailleurs, quand nous sommes en situation d’alliance, chaque fois que l’occasion se présente nous devons montrer que nos propositions sont viables et que nous dans les alliances non pour être soumis mais pour combattre. Si le parti se mobilise, les élus suivront.

En résumé, une vraie démocratie interne (pouvoir, contre pouvoir), quand une décision est prise à la majorité, elle doit être respecter par tous les militants, une relation équitable entre parti et ses élus (puisque les uns dépendent les autres et réciproquement).

3 – Un parti de classe pour la construction européenne.

Le parti doit œuvrer pour que le PGE ait un vrai contenu de classe pour la construction européenne. Sur ce point, je suis radicalement opposé aux camarades qui la rejettent en bloc. L’Europe se construit comme se sont fait comme tous les Etats : avec le rapport de force de ses différents éléments. L’Europe est une belle idée, il appartient à la gauche communiste de lui donner corps comme elle a su donner corps aux idées républicaines. Notre culture républicaine et communiste est notre meilleur atout. Quand nous défendons le service public européen, nous défendons l’idée que l’Europe ne pourra pas se faire tant qu’il n’y aura pas de solidarité dans le secteur économique au lieu de la concurrence. Quand nous défendons un droit social pour tous les européens, nous défendons tant la dignité et la sûreté des hommes mais aussi la liberté d’aller et de venir (c’est quand même plus facile de s’installer dans un lieu quand on connaît l’environnement juridique dans lequel vous évoluez). Chaque fois que nous luttons pour que la démocratie l’emporte sur les lobbies nous renforçons une vraie construction politique de l’Europe. Chaque fois qu’un syndicaliste se bat dans les Pyrénées Orientales ou à St Nazaire pour que les ouvriers polonais soient traités à égalité et avec dignité, il use de la lutte de classe pour mettre en pratique un principe de la République dite bourgeoise : quand un patron nie l’égalité salariale entre Français et Polonais, le combat permet de la rétablir. Cela est une conscience de classe, c’est comme ça que l’on construit l’unité européenne. Cela peut paraître comme une goutte d’eau, un geste insignifiant mais c’est comme ça que nous aurons une vraie Europe : à intérêts communs, destin commun.

La question n’est pas de choisir l’Europe ou non mais comment nous la faisons. L question n’est pas l’élection ou la lutte sur le terrain, mais comment vivifier les luttes par les élections, comment les élections ne gênent pas les luttes. Ne nous enfermons pas dans une identité qui n’est pas la nôtre. La Révolution n’efface pas le monde ancien, il le rationalise aux nécessités modernes. La lutte contre le capitalisme quelque soit l’endroit où nous la menons est révolutionnaire. La reconstruction d’une gauche communiste prendra du temps car nous ne faisons que reprendre la bataille idéologique. Mais le premier devoir est d’arrêter les flagellations coupables.

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Collectif Bellaciao
http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=53026
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Tag(s) : #Préparation Congrès PCF
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