NOVATION,
RIPOSTE à SARKOZY
Les communistes sont face à un défi existentiel. Une novation profonde du parti communiste est urgente. Son exigence est rendue plus évidente et plus concrète avec les défis de la riposte aux mesures de Sarkozy. La riposte concerne la critique des mesures et la résistance, mais aussi des contre-propositions à la hauteur et des rassemblements larges de lutte.
Comment, à la fois, contribuer à rassembler largement dans les luttes et à des contre-propositions valables ? Et comment remonter, ce faisant, la pente de notre déclin ? Est-ce que cela veut dire diluer les communistes dans une nouvelle formation, comme le prétendent certains dirigeants ? Ou, au contraire, cela ne signifie-t-il pas développer l’originalité du PCF, ses capacités d’apports au mouvement social, à l’ensemble de la gauche, à des transformations sociales, démocratiques?
Défis de la riposte
Il s’agit, devant l’avalanche des mesures, de ne pas se contenter de dénoncer, mais de persuader de leur caractère nocif, de leur cohérence réactionnaire avec des promesses illusoires, démagogiques.
Comment montrer que favoriser la richesse par les exonérations fiscales et de cotisations sociales, et faire pression sur les « coûts salariaux », en opposant entre eux les salariés, sous prétexte que le capital apportera de l’emploi et de la croissance, est une illusion ? Cela renforce, au contraire, les placements financiers contre l’emploi, les salaires et la croissance réelle.
Il ne suffit pas de mobilisations sur certaines mesures: des franchises médicales aux régimes spéciaux de retraite, des suppressions d’emploi dans les services publics au Traité simplifié européen. On doit montrer leur cohérence en posant la question de l’utilisation de l’argent, de l’argent public, du crédit: Pour qui ? Pour quoi ? Et de l’opposition entre prélèvements financiers et prélèvements publics ou sociaux.
Un deuxième axe de cohérence est celui des dispositions sur le marché du travail et l’emploi. Des contre-propositions doivent permettre un rassemblement des salariés, des syndicats, ainsi qu’entre eux et les partis de gauche, à l’opposé de leurs divisions. Or, la négociation sur le marché du travail a déjà commencé entre MEDEF et syndicats, avec les pressions de Sarkozy et la menace d’une loi.
C’est la pression pour un « contrat unique » favorisant le licenciement ou du moins des contrats avec allongement de la période d’essai et de licenciement sans motif. C’est une fusion ANPE-UNEDIC, mais pour faire accepter n’importe quel emploi à bas salaire, au lieu de pouvoirs syndicaux nouveaux sur la qualité des emplois proposés, etc. Cela concerne certes au premier chef les syndicats, mais pas seulement.
Aux pressions du pouvoir politique doivent répondre le soutien et l’apport des partis de gauche. Or, le PCF peut beaucoup apporter sur: - les objectifs sociaux de contre-propositions pour l'emploi; - les pouvoirs; - les moyens financiers.
Un troisième axe serait, face à l’ hyper-présidentialisme de Sarkozy, l’exigence de nouveaux pouvoirs de démocratie participative et d’intervention, depuis les entreprises, les services publics et les localités, dès maintenant en fait et dans la perspective d’une VIème République.
Tout cela renvoie à la responsabilité du PCF pour un développement populaire de nos explications avec une multiplication des luttes.
Nous avons réclamé et obtenu la création du Collectif Riposte du PCF, et son action avec la manifestation du 27 Octobre. Son expérience confirme déjà:
1) La responsabilité des initiatives du PCF. C’est après cette initiative qu'a pu avoir lieu une rencontre et une déclaration commune des partis de gauche, si limitée que soit cette dernière quant aux actions.
2) La grande insuffisance de la concrétisation de nos contre-propositions dans les luttes. Qu’en sera t-il notamment du développement de campagnes sur les différents thèmes après le 27 Octobre ?
L’apport d’un PCF transformé devrait se développer à partir de ses avancées récentes, comme sur la sécurisation de l’emploi, mais aussi de nouvelles avancées, comme sur les services publics.
Nous avons besoin d’une véritable révolution culturelle dans le parti communiste : avec une remontée considérable de la culture alternative (tandis que les anciens repères ont été perdus sans être suffisamment remplacés), avec des progressions formidables des concrétisations de propositions et de la formation tellement négligée des militants. On devrait organiser, avec les expérimentations des luttes sur le terrain, un va-et-vient entre culture et formation, d’une part, expérimentation des luttes et rassemblements, d’autre part.
Comment accepter, au nom du rassemblement, une dissolution et la dilution du parti communiste dans une autre organisation, incluant seulement une sensibilité communiste et la coiffant avec des non-communistes? Ce qui n’est pas du tout la même chose que travailler avec des non-communistes et d’autres organisations. Or nous sommes mis au défi d’appels explicites d’un certain nombre de dirigeants dans ce sens
Comment accepter un congrès du PCF, articulé à une sorte d’autre congrès avec d’autres forces, y compris sous la forme d’invitation de ces forces à des discussions préparatoires et terminales d’un congrès extraordinaire du PCF?
Le congrès devrait pouvoir, à la fois, se consacrer aux initiatives de luttes rassembleuses des communistes et à un développement profondément novateur du PCF pour contribuer au rassemblement transformateur de toute la gauche.
Enfin, face à l’assimilation du communisme au stalinisme ou même à l’Union Soviétique, nous pouvons discuter d’une grande campagne, avec des actes symboliques, sur les valeurs humanistes des communistes de notre époque : pour un dépassement du capitalisme, de ses libertés dans l’inégalité, pour un partage des pouvoirs, des ressources, des informations, des rôles, pour un PCF d’un communisme de liberté pour chacun, de démocratie participative et d’intervention de tous.
/image%2F0551212%2F20170620%2Fob_74cedc_bandeau-pcf.jpg)