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Régionales : un Front de gauche ouvert pour le bien commun

mercredi 2 décembre 2009 / "le Patriote"


On le voit à la multiplicité des prises de positions publiques, la campagne pour les élections régionales de 2010 est ouverte. (1) En même temps, un immense besoin de changer une donne pestilentielle existe. Non, l’essentiel n’est pas de savoir si Bayrou et Cohn-Bendit sont à nouveau « copains », ni de savoir qui de Royal ou de Peillon mettra la barre au centre.

Il faut faire face au pouvoir politique le plus rétrograde depuis longtemps et combattre une crise du capitalisme qui fait supporter ses dégâts au plus grand nombre. Pour être efficace et ne pas décevoir, l’un ne peut aller sans l’autre.

Seule une gauche, assumant clairement ses choix d’égalité et de justice sociale, une gauche faisant le choix de l’émancipation par rapport à la dictature des marché financiers et l’eurolibéralisme, peut prendre à bras le corps ces défis. Ce n’est certainement pas en relayant le thème de « l’intérêt de la concurrence » pour « faire pression sur la SNCF », comme le responsable socialiste Patrick Allemand s’y est essayé la semaine dernière, qu’on y parviendra. Au contraire toute l’expérience de ces vingt dernières années montre que dans ce cas, ce sont les critères de course à la rentabilité qui l’emportent, contre les usagers et les salariés des services publics. L’expérience de France Télécom n’aurait elle servie à rien ?!

Fenêtre d’espoir ouverte lors des Européennes, le Front de gauche est à la base d’une telle alternative. Processus ouvert à vocation majoritaire, fondé ensemble par le PCF, le Parti de Gauche et la Gauche Unitaire, il dialogue avec des femmes et des hommes de gauche, des syndicalistes, des militants associatifs, pour mieux construire ensemble une réponse à la crise, face à la droite. Il dialogue avec d’autres forces politiques avec lesquelles une convergence est souhaitable. (2) « Oui, il est possible de mener de grandes politiques publiques pour répondre aux attentes populaires et préserver l’environnement, alliant résistance, luttes, innovations et propositions », c’est la conviction qui doit animer le rassemblement à opérer. Par son déploiement, il peut ouvrir la voie à un rassemblement majoritaire, dont le curseur soit bien à gauche. Déjà, avec Gérard Piel notamment, de premiers actes de campagne ont été posés. Auprès des enseignants, des postiers et des cheminots dès la semaine dernière. En même temps que les dialogues se poursuivent avec tous les partenaires, la campagne publique permettant à la fois de mesurer les acquis mais aussi les limites de la mandature actuelle, et d’élaborer de façon collective le projet et les propositions s’engage. La réunion publique du 9 décembre à Nice en est la prochaine étape.

Jean Paul Duparc

(1) nous revenons aujourd’hui sur l’engagement de la campagne par la droite et Europe Ecologie. Nous traiterons des autres forces politiques dans nos prochains numéros. (1) des échanges ont lieu avec les Alternatifs, la Fase et le NPA. Lequel doit consulter ses adhérents cette semaine, à la fois nationalement et localement.

Europe Ecologie : ratisser large dans l’ambiguïté politique En décidant de présenter leur propre liste au 1er tour des élections régionales, Europe Ecologie veut faire fructifier son succès électoral de juin dernier. (18,27% des suffrages exprimés lors des Européennes dans le Sud-Est).

Ce résultat a été obtenu en jouant de la « nouveauté », d’une capacité d’attraction en lien avec l’actualité des préoccupations écologiques, de l’usure du PS, et d’un positionnement politique ambigu. A la fois « antisarkozyste », tout en réactivant des thématiques « ni gauche, ni droite », qui laissent béantes les questions de l’affrontement avec le libéralisme économique. Affrontement pourtant incontournable pour qui veut répondre aux défis écologiques.

Daniel Cohn-Bendit confirme ce positionnement dans une interview aux Inrockuptibles du 26 novembre. Après avoir poussé à l’alliance entre les Verts et la droite libérale dans le Land de Sarre en Allemagne afin d’empêcher une majorité de gauche avec Die Linke, il revient à la politique française en tançant ceux des Verts qui demeurent favorables à une alliance de gauche claire : « Il y a des restes un peu infantiles » en dit il. Après avoir mis en scène dans un colloque sur Copenhague sa « réconciliation » avec Bayrou, il indique « il faut inventer une nouvelle perspective qui ne soit ni la « gauche plurielle », ni le « programme commun », mais un espace politique où ces diversités opposées à l’UMP puissent trouver une unité ». Ainsi posée on voit mal comment une telle « unité » pourrait s’émanciper de l’eurolibéralisme. D’où la discrétion actuelle d’Europe Ecologie sur les choix de propositions et de programme. Tout juste sa candidate, Laurence Vichnievsky, a-t-elle amorcée en PACA une « tournée des territoires ». (2)

L’ancienne juge d’instruction, aujourd’hui Avocate Général à la Cour d’Appel de Paris, se pose en « Amélie Poulain » de la politique, « moyennement gauchiste » (sic) qui veut remettre du « lien social ». Elle revendique sa relation amicale avec le président de la République qu’elle tutoie, indiquant « les gens de gauche me jugent à droite et inversement ». (1) Europe Ecologie veut jouer la carte de cette personnalité qui fut une des juges d’instruction de l’affaire Elf. Mais elle aura aussi eu un parcours plus contrasté : comme le rappelle le site Bakchich. Elle fut la magistrate qui en 8 jours acceptera de refermer d’un non-lieu, conformément aux souhaits pressants du Parquet, les 8 années d’instruction pour homicide sur la personne du ministre Robert Boulin. Décision encore aujourd’hui souvent contestée.

Le plus important reste que le positionnement actuel d’Europe Ecologie ne permet pas de porter une politique de réelle résistance et d’alternative, sociale et écologique, aux choix du libéralisme.

(1) Le Monde du 19/11/09 (2) C’est André Aschiéri qui conduira la liste Europe Ecologie dans le 06

L’UMP : à droite toute !

Samedi dernier devant les cadres de l’UMP Sarkozy a pris la tête de la campagne de l’UMP arguant de « l’œuvre gigantesque de modernisation de la France » menée depuis 2007. De retour dans le Var, il vante cette semaine « les effets du plan de relance ».

Las, les chiffres du chômage portent un cruel démenti à ces affirmations. Plus 52.000 chômeurs en septembre 2009. Avec 2,6 millions de chômeurs au total, et même 3,8 millions si on prend toutes les catégories d’inscrits au Pôle Emploi. Soit un bond de 20% en un an.

Dans le même temps les « Restos du cœur », qui ont ouvert leur nouvelle campagne s’attendent à « exploser » leur chiffre de fréquentation, déjà en hausse de 15% l’an dernier. Le chômage de longue durée est en hausse et le nombre de personnes en fin de droits aussi. Mais le quotidien économique La Tribune titre ce mardi 1er décembre « La France, un nouveau paradis fiscal ? » et expliquant que « Bercy organise des séminaires pour vanter les mérites du système fiscal français auprès des contribuables fortunés ».

La droite sarkozyste redéploie donc toute la panoplie d’un libéral-populisme pour faire face à ses échecs économiques et sociaux. Les discours sur « l’insécurité », l’ « immigration », pris pour cible du débat sur « l’identité nationale », et la « fiscalité » s’inscrivent dans cette veine.

Christian Estrosi assimile ainsi la suppression de la taxe professionnelle a un « nouveau plan de relance », alors qu’au contraire elle va fragiliser les finances des collectivités locales qui sont à l’origine de 75% de l’investissement public ! On sait d’ailleurs que l’argent des baisses d’impôts, rendu au patronat ne va pas, pour l’essentiel, irriguer « l’économie réelle ». Les 20 milliards d’exonérations de cotisations sociales, les 3 milliards de la baisse de la TVA dans la restauration, l’illustrent. Le duo Estrosi-Ciotti nous joue également la musique de « l’engagement de ne pas augmenter les impôts dans les 5 ans », oublieux que l’augmentation des taux qu’ils ont opéré cette année, de deux fois 15%, va continuer de frapper les ménages. On voit bien d’ailleurs que, de la « taxe carbone » aux « franchises médicales », ce sont les taxes les plus inégales qui sont dopées, à l’inverse du « bouclier fiscal » pour les plus fortunés.

Fruit vénéneux sur le gâteau électoral, le référendum suisse sur « l’interdiction des minarets » vient de montrer chez nos voisins où conduit un labourage des terres de droite extrême. Sillon nauséabond que des dirigeants de l’UMP n’hésitent pas à emprunter : « on n’a pas forcement besoin de minarets » dit le secrétaire général Xavier Bertrand en écho au vote suisse. Le « cousinage » avec le débat de Besson est patent. Face à une crise structurelle du capitalisme, le sarkoberlusconisme a besoin de la thématique de la « guerre des civilisations », et des registres de la peur et de la xénophobie. La tête de liste que l’UMP s’est choisie en PACA, le député du Vaucluse Thierry Mariani est en phase avec ces choix politico-idéologiques. (1) Il y aura d’ailleurs beaucoup de monde sur ce créneau de la droite extrême en PACA. L’ancien FN, maire d’Orange Jacques Bompard menant une liste de type « Ligue du Nord » en Italie, avec les renfort des « Identitaires » niçois. Et Jean Marie Le Pen, qui va bien sûr pouvoir revendiquer des droits d’antériorité, sur tout ce marigot idéologique, conduit lui la liste régionale du FN, tout en étant tête de liste dans les Alpes Maritimes.

(1) c’est Gaston Franco qui conduira la liste UMP dans les Alpes Maritimes.


http://www.le-patriote.info/spip.php?article3018
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Tag(s) : #Elections régionales 2010
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