POLE EMPLOI : Premier employeur voyou de France ?

mercredi 12 mai 2010 / "le Patriote"
Les promesses écrites de Laurent Wauquiez, largement relayées par les directions de l’AFPA et de Pôle emploi, relèvent encore de la fiction. Elle est belle leur assurance de continuité de service !
Pour ne citer que quelques exemples :la transmission des outils entre l’AFPA et Pôle emploi n’est toujours pas effective au 20 avril, les locaux ne sont pas aménagés, ou bien ne disposent pas de fenêtres ou encore ne sont pas en nombre suffisant, les systèmes de téléphonie et d’informatique ou bien ne sont pas encore installés ou bien ne fonctionnent pas, le nombre de lieux d’accueil a été réduit obligeant les demandeurs d’emploi à se déplacer toujours plus loin de chez eux, la confidentialité indispensable à la réalisation des entretiens d’orientation, n’est pas assurée, les codes d’accès au réseau changent tous les matins et le système se déconnecte sans arrêt.
Bref, rien ne fonctionne comme promis, et l’employeur Pôle Emploi, dont la devise est « Nous allons vous faciliter le travail » et « équité, simplicité, efficacité » est incapable de fournir à ses nouveaux salariés les outils de travail indispensables à l’exercice de leurs fonctions, dérogeant ainsi sans vergogne aux dispositions élémentaires du Code du Travail.
Et pendant ce temps, les Demandeurs d’Emploi, eux, attendent d’être reçus. Car le service qui leur est dû est stoppé net depuis le 1er avril ! Quant aux personnels concernés par un transfert qu’ils n’ont pas voulu et pour lequel ils n’ont pas eu d’autre alternative que quelques postes AFPA transformant radicalement leur métier, ils auront été d’un bout à l’autre maltraités, déconsidérés, niés dans leur identité professionnelle, qu’ils soient ingénieurs de formation, psychologues, assistant technique d’orientation ou bien « inclassables », comme les personnels d’appui administratif.
L’AFPA a maltraité ses salariés en les maintenant dans l’ignorance de leur devenir jusqu’au jour de leur transfert. Les questions légitimes qu’ils se posaient sur leur future situation, telles que le maintien de l’intitulé de leur emploi, leur statut, le mode de calcul de leur rémunération, le maintien des avantages acquis, le système de protection de sante et des retraites, sont restées sans réponse car l’Etat a décidé de les traiter… après le transfert !
Pour une partie d’entre eux, les salariés protégés par un mandat syndical, la situation n’était pas encore réglée au 15 avril. Non seulement l’AFPA a manqué à ses obligations, mais s’est très rapidement lavé les mains du sort des ses ex professionnels, laissant à Pole emploi le soin de démêler les situations particulières à risques, comme les mobilités géographiques et professionnelles forcées. Conditions inférieurs. On a alors assisté à la multiplication de chutes inexpliquées, de troubles du sommeil, de symptômes physiques de toutes sortes, d’arrêts-maladie… Pôle emploi, dont son DG Christian Charpy, dit avoir eu « le temps nécessaire pour se préparer » - 2 ans que ça dure l’histoire du transfert - ne connaît rien en fait des métiers exercés par les personnels d’orientation ex-AFPA et leur inflige des conditions d’exercice indignes, comme elle l’a fait pour les salariés de l’indemnisation ou les ex ANPE.
Là encore, parce qu’il faut que ça aille vite, et que le cadre prime sur le contenu, Pôle emploi se fait fort de conclure un accord d’adaptation dans les 3 mois, afin de digérer au plus tôt cette verrue supplémentaire et prouver que « la fusion », ça peut marcher.
Négation et injure sont les termes qui représentent le mieux l’esprit de cet accord. Non seulement Pôle emploi atteinte aux éléments essentiels du contrat de travail, mais encore cherche, avec l’appui du directeur général du travail à priver les salariés transférés de leurs avantages individuels acquis à l’AFPA !
Alors que le ministre, Laurent Wauquiez, avait assuré par écrit, les garanties de sécurisation des personnes lors de ce transfert. Cf la lettre qu’il a envoyée conjointement aux deux directeurs généraux de l’AFPA et de Pôle emploi, le 13 février 2009 : « J’attache du prix à ce qu’un tel transfert permette de garantir le savoir-faire développé par l’AFPA depuis des années, en collaboration avec le service public de l’emploi. Ainsi vous veillerez à ce que cette mission soit clairement identifiée dans l’offre de services de Pôle emploi et structurée au plan territorial en liaison avec les agences de Pôle emploi. Cette nouvelle organisation devra permettre que conserve durablement une action d’orientation spécifique en direction des demandeurs d’emploi.
Sur la base de ces propositions, le Gouvernement s’engage à prendre les dispositions législatives nécessaires à la sécurisation des garanties individuelles des salariés concernés ».
Et voilà que pour répondre à ses engagements, le gouvernement a inclus, dans la loi sur la formation et l’orientation professionnelle tout au long de la vie, votée par le Parlement en novembre 2009, un article de loi traitant spécifiquement du transfert des personnels de l’Afpa vers Pôle Emploi, dont les dispositions sont inférieures à celles du Code du Travail ! Tout ceci dans un contexte où ces personnels ne sont plus représentés syndicalement du fait de la perte de leurs mandats et doivent se faire inviter comme experts par les organisations syndicales de Pôle emploi admises à la table des négociations.
Décidément, tous ces responsables n’ont pas de parole ! Nous sommes face à un Etat et des employeurs voyous, qui depuis le début de cette affaire, aménagent le droit à leur convenance. Tout cela au détriment des situations des personnels mais aussi de la réalisation d’un véritable service public national d’orientation, qui est en train de tourner à la farce.
Le syndrome France Telecom qui a déjà atteint les salariés de la fusion à Pôle emploi, va-t-il demain s’étendre, aux ex-salariés AFPA transférés ?
Collectif Orientation des personnels transférés
le-patriote.info
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