Article paru le 14 mai 2010 dans l'Humanité
Daniel Robin « L’autonomie est source d’inégalités »
Quel regard portez-vous sur ce rapport ?
Daniel Robin. Il contient des analyses superficielles. Par exemple, la comparaison des niveaux scolaires des élèves français par rapport aux autres pays européens. En Angleterre par exemple, certains établissements préparent leurs élèves aux tests comparatifs. Cela influe sur les résultats. Par contre, je suis d’accord avec la Cour sur le déficit de démocratisation. Et je pose la question : la politique menée contribue-t-elle à remédier à ce problème ou, au contraire, l’aggrave-t-elle ?
La Cour plaide pour une réorganisation des moyens. Suffisant, selon vous ?
Daniel Robin. C’est une constante chez elle de dire, comme le gouvernement, qu’il n’y a pas de problème de moyens mais un problème d’optimisation et de répartition. C’est absurde. Un exemple : les internats d’excellence. On crée ces établissements avec des taux d’encadrement très supérieurs aux autres. Puis on nous explique que le taux d’encadrement, ce n’est pas cela qui fait réussir les élèves. C’est un paradoxe. Il faut des programmes identiques et des moyens dans tous les établissements, mais aussi, des moyens supplémentaires là où les élèves sont le plus en difficulté.
Faut-il accroître l’autonomie des établissements ?
Daniel Robin. C’est la logique de Luc Chatel. Or, aujourd’hui, l’autonomie est source d’inégalités. Et nous n’avons toujours pas eu de démonstration que cette mesure permettrait d’améliorer vraiment le système éducatif.
Entretien réalisé par Lionel Decottignies
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