Article paru le 14 mai 2010 dans l'Humanité
PCF : Ils refusent la capitulation des États
« Nous refusons que les États capitulent devant les marchés financiers. » Jean-Pierre Brard, député (app. PCF), qui tenait avec Roland Muzeau, porte-parole des députés communistes, une conférence de presse mercredi 11 mai à l’Assemblée nationale, n’y va pas par quatre chemins : « Nous proposons de fermer pendant un mois les places boursières afin de stopper la contagion » et ainsi permettre aux États de prendre les décisions en « réaffirmant la prééminence du pouvoir politique sur la spéculation ». Il poursuit : « Hier, les spéculateurs attaquaient les crédits hypothécaires, aujourd’hui ils attaquent les États », insistant sur le fait que cela représente « une nouvelle étape de la crise ». Cette conférence de presse faisait suite à la décision de la France de participer à la création de ce fonds européen de 750 milliards d’euros, avec, dans la foulée, les déclarations de Fillon prônant sans le dire un plan d’austérité.
Pour Roland Muzeau, « le gouvernement entend se livrer à une razzia générale sur les familles et en particulier sur les catégories les plus modestes, tout en continuant à protéger les plus fortunés ». C’est le sens de la lettre de cadrage du premier ministre aux membres du gouvernement. C’est pourquoi, au nom des députés communistes, celui-ci demande que le gouvernement engage à propos de ces décisions européennes et de leurs conséquences pour notre pays « sa responsabilité devant le Parlement » avec débat et vote. Quoi qu’il en soit, lors du prochain collectif budgétaire, début juin, les députés communistes devraient, sous forme d’amendements, mettre en débats leurs propositions.
Outre la fermeture momentanée des Bourses, les députés communistes proposent d’imposer aux établissements financiers la restructuration des dettes des États de l’Union, de lancer un emprunt souscrit par les banques équivalant aux cinq dernières années de bénéfices pour répondre aux besoins de financement à court terme, de créer un taux dissuasif à 1 % pour taxer les mouvements rapides de capitaux, d’abroger le bouclier fiscal, de supprimer les niches fiscales qui permettent aux grands groupes d’échapper à l’impôt… de même que des mesures plus structurantes, avec la création d’un fonds monétaire européen sous contrôle public, un rôle nouveau de la Banque centrale européenne et, en France, la création d’un pôle financier et bancaire public. Jean-Pierre Brard qui, ce soir, sera à Athènes pour exprimer sa solidarité avec le peuple grec, entend, avec ces propositions, montrer l’originalité radicale des élus de son groupe.
Max Staat
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