Quatre semaines pour sauver 188 emplois
Article paru dans La Marseillaise du mercredi 14 avril
2011
Net Cacao obtient un nouveau sursis jusqu’au 11 mai, le temps nécessaire pour examiner les projets d’investissements.
Plus qu’un sursis. Le délai de quatre semaines qui a été accordé à l’entreprise Net Cacao par le tribunal de commerce de Marseille a
été ressenti par les salariés et par leur direction comme une véritable raison d’espérer que l’activité de la chocolaterie pourrait bientôt reprendre un deuxième souffle.
Quatre semaines, l’espace nécessaire à de nouveaux débats et à poser toutes les cartes sur la table. Celles du financeur potentiel,
Philippe Masson, porteur d’un projet de recentrage de l’activité de l’entreprise et celle des salariés de l’entreprise qui, après avoir traversé avec succès un conflit avec Nestlé, ont leurs
propres propositions de sauvegarde des 188 emplois et d’un savoir-faire reconnu par leur clientèle. Jusqu’à ces derniers jours, les grandes surfaces n’ont cessé de renouveler leur confiance à ces
salariés et à une direction qui se battent bec et ongles pour ne pas livrer ce patrimoine industriel aux promoteurs immobiliers.
Un fond de roulement pour faire fonctionner l’entreprise
Une crainte très justifiée. Les banques sont toujours en attente d’un projet suffisamment ficelé et de garanties susceptibles de
débloquer les crédits nécessaires à la chocolaterie de Saint-Menet pour lui assurer le fonds de roulement indispensable à l’achat de cette matière première qu’est la fève de cacao. Sans cela, ce
sont des chaînes entières de production, dont les salariés ont assuré le renouvellement au départ de Nestlé, qui seraient vouées à la casse. En dehors du projet de Philippe Masson, un commerçant
marseillais s’est également dit candidat au renflouement de l’entreprise.
Beaucoup d’espoirs aussi puisque les autorités régionales mettent la main à la pâte pour que le site de Net Cacao, et ce qu’il
représente, ne finisse pas en immeubles de haut standing ou en zone commerciale avec portes ouvertes le dimanche. Du côté du conseil régional, Michel Vauzelle et Jean-Marc Coppola ont largement
exprimé leur soutien aux salariés et au patrimoine industriel de la vallée de l’Huveaune. Norbert Sanchez, délégué syndical CGT, a demandé à Marie-George Buffet, députée communiste, d’intervenir
auprès des pouvoirs publics pour que les banques se montrent moins frileuses à l’égard d’une société à l’avenir prometteur.
Les tensions entraînées par cette longue attente ne sont pas mesurables. Elles touchent des femmes et des hommes, des familles
entières. C’est encore cela l’attente des Net Cacao. Une angoisse qu’aucun tribunal ne semble prendre en compte. « Si réelle pourtant, rappelle Jean-François Molina, ancien Nestlé, que deux
salariés qui ont vécu le départ de Nestlé ont mis fin à leurs jours. »
Dès demain, les Net Cacao auront une nouvelle entrevue avec un responsable de la mairie de Marseille. Une pièce de plus avancée pour
qu’un dénouement heureux puisse dissiper les angoisses des salariés et de leurs familles.
GÉRARD LANUX
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