Enseignants et parents sont très critiques face à la baisse des moyens pour la prochaine rentrée. Ils ne désarment pas, mais se disent désemparés.
Parents et enseignants ont mis la pression sur l’inspection académique, multiplié les manifestations, fait signer des pétitions...
Rien n’y a fait. Dans le Var comme ailleurs, des dizaines de postes d’enseignants disparaîtront à la prochaine rentrée, des classes fermeront (voir l’infographie). « Nous sommes victimes
du dogme de la suppression d’un fonctionnaire sur deux » soupire Alain Juan, secrétaire départemental du Syndicat national des personnels de direction de l’Éducation nationale (SNPDEN) et
principal d’un collège à Fréjus.
Personne n’y échappe : il faut bien répartir les 16000 disparitions d’emplois programmées au niveau national. « Il est
incompréhensible que l’Éducation nationale soit concernée autant qu’un autre ministère. C’est un mauvais pari sur l’avenir » proteste Emmanuel Trigo, responsable du SNUipp, principal syndicat
du premier degré. Pour les collèges et lycées, Maryvonne Guigonnet est désabusée. « C’est notre quatrième année de vaches maigres. Chaque fois, on pense qu’on touche l’os. Et chaque fois, c’est
pire » lâche la secrétaire générale de la FSU. De quoi être « dépités ».
Une pause
Parents et enseignants semblent même désarmés face à cette « logique comptable » qu’ils contestent. Certes, les effectifs en
primaire et maternelle chutent légèrement. Les 550 écoles du Var accueilleront en principe 72 élèves de moins en septembre. De quoi justifier 62 postes à la trappe (en comptant les intervenants
en langue vivante et les emplois spécialisés)? « 62 emplois supprimés pour 72 élèves en moins : un emploi par enfant. Du jamais vu » calcule Emmanuel Trigo. Et en admettant même que la
démographie observe une légère stagnation – ce qui n’est pas certain – « nous sommes tellement en retard sur les postes que nous aurions pu, cette année, faire une pause dans les suppressions »
martèle le responsable syndical. Et d’insister : « Si nous devions avoir le même ratio d’encadrement que les Alpes-Maritimes, nous devrions bénéficier de 40 enseignants en plus. » « On va donc
se retrouver avec des classes à 28, pas facile à gérer. Où est le qualitatif? » s’interroge de son côté Roselyne Baret, responsable du SE (syndicat des enseignants).
Trente par classe au collège
Pour les collèges et lycées généraux, l’équation est simple. Et incompréhensible pour les professeurs : plus d’élèves = moins de
postes. D’où davantage d’adolescents par classe. Mathématique. « Trente par classe en collège, ça devient banal » regrette Alain Juan (SNPDEN). « C’est énorme. Difficile à gérer ». Seule la
poignée d’établissements en réseau de réussite scolaire et ambition réussite (ancienne ZEP) est préservée avec vingt-cinq enfants par section. « Mais, même dans les collèges “ordinaires”, on
compte beaucoup d’élèves difficiles. Les adolescents d’aujourd’hui ne sont pas ceux d’hier » fait remarquer Alain Juan. « Nous n’aurons pas les moyens de nous occuper des enfants. Il ne faut
pas mentir aux familles. ça ne marchera pas » martèle Maryvonne Guigonnet (FSU), qui enseigne au lycée. « Notre travail est devenu très dur. La profession d’enseignant est sinistrée
».
Lettre sans réponse
Quant aux professeurs des lycées professionnels, ils n’ont plus le moral. La réforme du bac pro en trois ans (au lieu de quatre) a
eu pour conséquence de faire fondre les effectifs. Et les postes d’enseignants qui vont avec. Sans compter les CAP à la trappe. « Nous sommes beaucoup plus touchés que l’enseignement
général » conclut, écœurée, Florence Armentano, secrétaire académique du syndicat national de l’enseignant technique (SNETAA-FO), en égrenant les suppressions d’un établissement à l’autre. La
FSU a écrit en février aux sept députés du Var qui ont tous voté le budget de l’Éducation nationale, pour connaître leur position face à tous ces problèmes. Aucun élu ne lui a
répondu.
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