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Article paru le 15 juin 2010 dans l'Humanité

 

Les communistes veulent plus qu’un cartel électoral


Trois jours avant l’ouverture du 35e Congrès du Parti communiste français, les conférences départementales ont permis de dégager quelques lignes de force « pour résister aux projets de la droite sans attendre 2012 ».

Vendredi, s’ouvre le congrès d’étape du PCF. À « mi-parcours » entre deux congrès « statutaires », il doit « évaluer le chemin parcouru » depuis le précédent congrès  ; sa préparation a été l’occasion de confronter les options en présence, à la lumière des résultats du Front de gauche aux dernières élections européennes et régionales. Au terme des conférences départementales, plusieurs axes forts se dégagent des débats des communistes.


1 – Enraciner le Front de gauche dans les luttes


Le débat sur la pertinence de prolonger le Front de gauche aux prochaines échéances électorales a traversé toutes les conférences. En marge de ces assemblées, diverses contributions collectives ou individuelles ont nourri ce débat, certaines contestant son enracinement électoral et demandant un changement de stratégie en faveur de candidatures du Parti communiste. Pour d’autres, au contraire, le rassemblement ne s’est pas assez ouvert, de manière à déplacer le centre de gravité de toute la gauche. De la majorité des conférences départementales, il ressort une volonté de poursuivre et d’enraciner le Front de gauche en l’élargissant aux citoyens, aux intellectuels et aux acteurs du mouvement social, à partir des luttes – beaucoup jugeant que sa forme actuelle l’apparente trop à un simple cartel électoral.


2 – Clarifier les contours du rassemblement


Dans cette perspective, les conclusions de la réunion nationale du Front de gauche font l’objet d’une appréciation contradictoire chez les communistes. Certains estiment qu’il aurait mieux valu attendre la tenue du congrès pour respecter la souveraineté des adhérents  ; d’autres, que cette réunion, prévue de longue date, a permis d’avancer dans le débat avec les autres composantes du Front de gauche sur la conception qu’en portent les communistes. Notamment celle d’un rassemblement d’une majorité à gauche, et non d’une « petite gauche de la gauche ». C’est le sens des vœux votés en faveur d’un appel lancé à l’issue du congrès aux électeurs de gauche pour résister aux projets de la droite sans attendre 2012.


3 – Ouvrir le débat sur les élections


Ces deux échéances ont naturellement été très présentes dans les discussions des communistes. Première exigence  : que toutes les possibilités soient mises sur la table concernant les candidatures. Pour la présidentielle, si l’option d’une candidature de rassemblement semble se dégager des conférences, les communistes souhaitent qu’aucune option ne soit écartée a priori  : celle d’un membre issu de leur parti, celles avancées par d’autres formations du Front de gauche, ou celle d’une personnalité issue du mouvement social et citoyen. Le travail sur le projet devrait être le socle sur lequel s’appuyer pour la désignation des candidats.


4 – Confirmer l’existence du PCF


Si l’option de structurer le Front de gauche a été défendue par certains délégués, l’avis très majoritaire est que la formule d’« adhésions directes » ne saurait être retenue, sauf à transformer le Front de gauche en nouvelle organisation appelée à supplanter les partis qui le composent – ce que personne ou presque ne souhaite. Les conférences sont unanimes  : le PCF n’a pas vocation à se diluer dans le Front de gauche, mais à réussir sa transformation pour se renforcer, ainsi que le Front de gauche. Ce qu’une conférence départementale résumait ainsi  : « Un PCF fort dans un Front fort. »

Sébastien Crépel

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Tag(s) : #Politique
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