Article paru le 15 juin 2010 dans l'Humanité
Un texte contre « l’effacement du PCF »
« Ce n’est pas un texte alternatif », affirment André Gerin, le député maire de Vénissieux, et Jean-Jacques Karman, conseiller général de Seine-Saint-Denis. Ces deux personnalités, également membres du Conseil national du PCF, figurent parmi les 211 signataires d’une contribution intitulée « Un Parti communiste fort, un projet de transformation révolutionnaire ». Quatorze membres du Conseil national, trois parlementaires l’ont également paraphée.
Le reproche majeur énoncé à l’égard de la direction du PCF, tient en trois mots : « effacement du PCF ». Les signataires dénoncent « les changements de stratégie électorale incessants doublés de l’absence d’un projet communiste de transformation de la société capitaliste ». Le désaccord remonte à la fin des années 1990, quand Robert Hue a impulsé des transformations dans le mode de fonctionnement du PCF, qui ont, aux yeux des auteurs de la contribution, gravement contribué à l’affaiblissement de l’organisation et de l’audience du PCF. Jean-Jacques Karman parle d’une « gestion calamiteuse » au cours des années de « la mutation ». Il dénonce l’extinction des cellules, au plus près du terrain, au profit des assemblées de section, et la disparition de milliers de cellules d’entreprise.
André Gerin n’est guère plus tendre avec Marie-George Buffet. Il affirme que la secrétaire nationale « a piétiné et humilié les communistes, (…) le divorce avec les dirigeants du PCF est de plus en plus évident ». Le texte réclame une autonomie du PCF dans toutes les élections, y compris à l’élection présidentielle. « Cette candidature ne peut être soumise à l’obtention d’un consensus de nos éventuels partenaires. Cette démarche est vouée à l’échec par les prétentions personnelles de Jean-Luc Mélenchon. » Enfin, le texte se conclut par un appel au rassemblement de tous les communistes, avec ou sans carte.
Jean-Paul Piérot
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