Le ministère de la santé a donc décidé début juin de renforcer le dispositif de lutte estival contre le moustique tigre, ainsi appelé en raison des rayures sur son abdomen L'Aedes albopictus avait été repéré dès 2004 dans les Alpes-Maritimes, puis en Corse et dans le Var en 2007. L'insecte a ensuite étendu son territoire en 2009 à l'arrière-pays. Sa présence vient d'être confirmée entre Sainte-Maxime et Saint-Raphaël et il s'est également implanté dans deux quartiers de Marseille (11e et 12e arrondissements).
Pour le moment, aucune contamination locale n'a été signalée. Le dernier bilan, opéré le 9 juin, par les autorités sanitaires de la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur (PACA) faisait certes état de 24 cas de dengue et un de chikungunya, mais tous les malades identifiés sont des résidents qui ont été contaminés au cours d'un séjour à l'étranger.
Principe de précaution oblige, l'urgence est de s'attaquer aux lieux de ponte. Mais les événements de la mi-juin ont abîmé les dispositifs habituellement mis en place : "Les pièges-pondoirs qui permettent de détecter la présence de l'insecte ont été endommagés ou emportés. Nous devons les rétablir" a indiqué à Var Matin, Simon Babre, directeur de cabinet du préfet du Var.
La situation est particulièrement difficile dans la commune d'Hyères, qui compte 2 000 hectares de marais. "Nous disposons d'une cartographie des zones où se concentrent les pontes, explique Jacques Bruno, responsable à la mairie de la ville, du service Eau littoral propreté. Dès que les larves apparaissent, nous pulvérisons un produit biologique qui les détruit". Sept employés sont affectés à cette lutte anti-moustiques toute l'année.
A Draguignan, les zones d'eau stagnante restent nombreuses. Une opération massive de démoustication va être déclenchée dans les prochains jours. A Sainte-Maxime, où le moustique-tigre a été détecté, l'accent est mis sur l'information du public. Les services municipaux diffusent un guide qui indique comment se livrer à l'inspection minutieuse de son logement et vider régulièrement tout ce qui peut contenir de l'eau : de la gamelle du chien aux soucoupes des plantes, en passant par les tonneaux de récupération de l'eau de pluie.
Vincent Morisse (UMP), le maire de Sainte-Maxime, a conscience que les nombreuses pulvérisations anti-moustiques sur les rivières risquent de nuire à d'autres insectes. "Beaucoup d'habitants du Var voudraient que l'on envoie des hélicoptères sur toutes les villes du département. Cela serait préjudiciable. Des moustiques, il y en a toujours eu ! Vouloir les éradiquer totalement, c'est ne pas comprendre la nature !" Reste le risque sanitaire.
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