03/08/10 - 19H24 - Les Echos
Le gouvernement annoncé ce mardi qu'il avait saisi la Commission de régulation de l'énergie (CRE) d'un projet d'arrêté prévoyant une nouvelle hausse des tarifs réglementés de l'électricité.
EMMANUEL GRASLAND, Les Echos
L'Etat poursuit sa hausse des tarifs de l'électricité. Ce mardi, le gouvernement a annoncé qu'il avait saisi la Commission de régulation de l'énergie (CRE) d'un projet d'arrêté prévoyant une hausse des tarifs réglementés de 3,4 %.
L'augmentation sera de 3 % en moyenne pour les particuliers. Soit une hausse de 0,5 euro à 4 euros par mois, selon la présence ou non d'un chauffage électrique. Les petites entreprises devront s'acquiter d'une hausse de 4 %, les PME de 4,5 % tandis que les grandes entreprises verront leur facture augmenter de 5,5 %. Pour les sociétés bénéficiant du « Tartam », le fameux tarif transitoire permettant à ceux qui ont choisi le marché de revenir aux tarifs régulés, la hausse sera de 0,6 %.
Le gouvernement estime que cette évolution prend en compte « l'augmentation du rythme des investissements dans les réseaux et le parc de production » tout en maintenant des prix « très compétitifs » pour les consommateurs français. Les tarifs de l'électricité sont inférieurs de 25 à 35 % à la moyenne européenne.
Relativement forte, la hausse est pourtant loin de répondre aux attentes d'EDF. L'an dernier, l'ancien PDG Pierre Gadonneix avait estimé nécessaire de procéder à une hausse des tarifs de 20 % sur les trois ou quatre ans à venir. Cette déclaration avait eu un grand retentissement médiatique et avait coûté son poste au dirigeant.
Pourquoi une telle demande ? EDF, dont la rentabilité à souffert de la faible disponibilité de ses centrales, est confronté à un mur d'investissement dans le domaine nucléaire. Le groupe estime à 24 milliards d'euros les dépenses nécessaires à la prolongation de la durée de vie de ses centrales. Cette année, EDF va d'ores et déjà investir 8 milliards d'euros dans les réseaux et le parc de production, soit une hausse de 15 % par rapport à l'an passé. Pour l'électricien, le financement doit venir des tarifs, comme c'était le cas dans les années 70 et 80 lors de la construction des centrales nucléaires. Mais le gouvernement traîne les pieds. Début juillet, le Conseil d'Etat a annulé l'arrêté du 12 août 2008 sur les tarifs, estimant que l'augmentation décidée sur les segments industriels (jaune et vert) n'était pas suffisante pour couvrir les coûts de l‘électricien.
Le gouvernement tente de naviguer entre le poids de ces contraintes et l'impact désastreux d'une forte hausse des prix de l'électricité pour les ménages. L'an dernier, la disparité des évolutions avait déjà suscité la polémique. EDF avait communiqué sur une augmentation moyenne de 1,9 % pour les particuliers. Mais ce chiffre recouvrait des réalités très différentes. Les 2,5 millions de clients abonnés au tarif bleu de base et dotés d'une petite installation avaient vu leur facture augmenter de 4,65 % en moyenne. Parmi eux, certains avaient constaté une baisse de 11 % tandis que d'autres, les très petits consommateurs, avaient fait face à une hausse de plus de 100 %, selon la CRE.
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