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Après la suspension des allocs, la prison

 

Article paru dans La Marseillaise du mardi 3 aout 2010


Après l’absentéisme à l’école, les parents risquent d’aller derrière les barreaux pour les agissements de leur progéniture. ARCHIVES L.S.
Après l’absentéisme à l’école, les parents risquent d’aller derrière les barreaux pour les agissements de leur progéniture. ARCHIVES L.S.

Mineurs délinquants. Le gouvernement poursuit son offensive sécuritaire en stigmatisant les familles.


Le gouvernement de Nicolas Sarkozy va toujours plus loin dans son offensive sécuritaire et continue de s’en prendre aux familles. En plein cœur de l’été, cette surenchère commence à inquiéter les associations de défense de familles qui craignent que cette escalade ne provoque des effets dévastateurs dans les quartiers où des familles vivent déjà des situations difficiles.
    Auteur d’une proposition de loi visant à suspendre les allocations familiales des parents d’enfants considérés comme « absentéistes », le secrétaire national de l’UMP en charge de la Sécurité, Eric Ciotti, prépare un texte sur la responsabilité pénale des parents des mineurs délinquants. Il propose deux ans de prison ferme quand ceux-ci n’auront pas fait respecter les obligations auxquelles seront soumises leurs enfants condamnés.


    L’objectif de la proposition de loi qu’Eric Ciotti prépare, avec son collègue Edouard Courtial, est que, « systématiquement, en cas de condamnation d’un mineur, le magistrat mette en place un plan de probation sous la responsabilité » des parents. Le jeune aura alors des interdictions claires comme celle de paraître dans certains lieux, ou d’entrer en relation avec certaines personnes, et aussi des obligations en termes de résultats scolaires.
    Si cette probation n’est pas respectée, alors les parents risquent jusqu’à deux ans de prison. Ce retour à l’autorité signifie pour le pouvoir que s’en est fini de l’héritage de mai 1968 qui avait vu arriver toute une génération de parents dit trop permissifs.
    Une mesure qui n’est pas du tout du goût des associations de défense des familles. Dans les bureaux marseillais de la CSF (Confédération syndicale des familles), l’annonce de cette mesure ne surprend pas, mais inquiète les militants associatifs. Salvator Amigo, secrétaire général de la CSF, dénonce un moyen injuste « qui ne va rien changer, juste faire plus de mal aux familles ». Car la liste commence à être « trop longue » et continue de peser sur les familles qui ne cachent même plus leur colère. « Il y a vraiment un ras le bol, les quartiers sont en ébullition », témoigne-t-il. A force de les stigmatiser, les familles commencent sérieusement à toucher le fond. Les militants associatifs affirment qu’aujourd’hui les lois ne sont plus là pour aider les familles. Et pour le président de la CSF Bernard Castagno, « toutes ces annonces sont autant de gages donnés à l’extrême droite. Ce sont des réponses sécuritaires, pas de réponses de prévention ».


    L’USM, Syndicat de la magistrature, pourtant classé à droite, a lui aussi vivement réagi. Les moyens accordés à la prévention, comme ceux destinés à la PJJ, sont désormais revus à la baisse. En visant les familles, « il y a, assure Bernard Castagno, comme des relents du régime de Vichy. Nous sommes inquiets sur l’évolution de la République », poursuit-il en appelant avec son organisation à participer, demain à 20h30, des Réformés au Vieux-Port, à une descente aux flambeaux pour célébrer le 4 août 1789, jour où l’abandon des privilèges faisaient basculer la France du système féodal dans la République.


CATHERINE WALGENWITZ

 

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Tag(s) : #Politique
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