L’Insee annonce une baisse du pouvoir d’achat
Humanité Quotidien
23 Mars, 2012
salaires
L’Institut prévoit une baisse des salaires début 2012, une poursuite de la baisse de l’emploi, une montée du chômage à 10,1% et une croissance au
ralenti. Un effet notamment des politiques d’austérité.
Le scénario de l’Insee est clair : l’activité devrait être «peu dynamique début 2012» avec une croissance nulle au premier trimestre et en progression de
0,2% au deuxième. Une atonie qui s’accompagnerait d’un recul de la production industrielle. Quelles sont les raisons de cette situation ? Plusieurs facteurs interviennent. Un
investissement des entreprises « peu dynamique », des conditions de crédit bancaire resserrées, des marges des entreprises faibles. Cependant la principale raison, souligne Sandrine
Duchêne, l’une des responsables de l’équipe de l’Insee, «c’est la consommation des ménages qui reste faible» (elle serait en moyenne de 0,1 % par trimestre d’ici la mi-2012), en raison
«d’un pouvoir d’achat en recul».
Plusieurs facteurs se cumulent. D’abord un ralentissement des revenus d’activité, les salaires réels devant baisser. Une faible évolution des prestations
sociales, notamment suite aux mesures gouvernementales à l’encontre des prestations maladie et des allocations familiales. Enfin, une progression des prélèvements obligatoires sur les
ménages. Le pouvoir d’achat du revenu disponible brut des ménages baisserait ainsi de 0,3 % au premier semestre de cette année.
Cette situation interviendrait dans un contexte international marqué par l’accroissement des décalages entre les différentes zones du monde. L’Asie émergente
et la Chine devraient connaître une croissance légèrement accélérée, celle-ci devrait cependant rester inférieure à ce qu’elle était avant la crise. Mais l’écart le plus impressionnant
serait entre les États-Unis, où «les clignotants sont au vert», et l’Europe, qui devrait à nouveau connaître une croissance négative au premier trimestre 2012 avant de bénéficier d’une
très légère reprise au deuxième (+ 0,1 %). Au sein même de la zone euro, l’écart devrait s’accroître entre l’Allemagne, la France et les pays du Sud européen.
Les experts de l’Insee y voient la conséquence notamment de ce qu’ils appellent de manière sibylline la «consolidation budgétaire», qui n’est rien d’autre
que la politique d’austérité mise en œuvre en Europe sous l’impulsion de Sarkozy et Merkel. Plusieurs indicateurs européens publiés hier donnent à penser que les effets de la purge
risquent d’être encore plus sérieux.
Pierre Ivorra
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