Marseille se place au 4e rang des villes qui accueillent le plus grand nombre de contribuables assujettis à l’ISF. ARCHIVES ROBERT TERZIAN
ISF. Zoom sur un
impôt dont la suppression évoquée fait débat.
Si Marseille est souvent désignée comme une ville « pauvre » du fait du revenu moyen de ses
habitants, elle cache, derrière cette donnée, une réalité très contrastée.
En effet, Marseille se place au quatrième rang des villes qui accueillent le plus grand nombre de contribuables assujettis à l’Impôt de solidarité sur la fortune (ISF).
Avec 6 205 redevables, elle se situe juste derrière Paris, Neuilly-sur-Seine et Lyon mais devant Nice, Versailles ou encore Bordeaux qui en compte moitié moins.
Qui paye l’ISF ? Il s’agit des personnes physiques dont le patrimoine net excède 790 000 euros. L’ISF est donc un impôt fondé sur les biens, droits et valeurs composant
les patrimoines des plus fortunés (immeubles, terrains, placements financiers…), et diffère en cela de l’impôt sur le revenu fondé, quant à lui, sur les ressources
perçues (salaires, bénéfices ou gains du capital…). Il existe six tranches d’ISF avec des taux qui progressent en fonction des niveaux des grands patrimoines. La tranche
la plus haute concerne ceux qui dépassent 16,9 millions d’euros. Ils sont imposés à hauteur de 1,8%.
Le patrimoine moyen des Marseillais assujettis à l’ISF s’élève à 1 721 233 euros soit près de 100 000 euros de plus que la moyenne des grands patrimoines de leurs
voisins aixois.
Compte tenu des derniers chiffres du recensement qui donnent à Marseille environ 860 360 habitants, il est possible d’estimer le patrimoine concentré par 0,7% des
habitants de la ville à environ 10,7 milliards d’euros. L’ISF moyen versé par les Marseillais concernés s’élève à 6 633 euros par an.
ISF et bouclier fiscal
Grâce au système de bouclier fiscal* qui limite le montant des impôts directs à 50%, les plus fortunés peuvent choisir de recevoir un chèque-cadeau de la part de
l’administration fiscale, leur remboursant a posteriori le trop perçu ou d’utiliser cette créance pour le paiement de l’ISF.
Quoi qu’il en soit, les Marseillais les plus riches pourraient bientôt ne plus se soucier du paiement de l’ISF. En effet, dans la polémique sur le maintien ou non du
bouclier fiscal, la suppression de l’ISF est vivement réclamée par certains parlementaires de droite, ralliés récemment par Vincent Peillon et Manuel Valls (PS). Elle
viendrait en contrepartie de la création d’une tranche supérieure de l’impôt sur le revenu. Alternative doublement surprenante, d’abord parce que l’ISF est un impôt sur
le patrimoine et ensuite parce qu’au fil des réformes fiscales, l’impôt sur le revenu est passé de 12 à 5 tranches aujourd’hui.
LÉO PURGUETTE
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