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Front de gauche : Une dynamique en mouvement

lundi 4 janvier 2010 / "le Patriote"


Dans 10 semaines aura lieu le 1er tour des élections régionales. La violence et la dangerosité de la politique de la droite exigent un rassemblement de résistance et d’alternative dans le champ politique. Aux élections européennes, le Front de gauche a levé un espoir de renouveau à gauche. A quelques jours du meeting unitaire national du 10 janvier, une dynamique de rassemblement s’affirme.


L’importance des régionales


La nocivité de la politique de la droite s’avance chaque jour. Violence antisociale, dangerosité antidémocratique mais aussi idéologique : « ce que Sarkozy propose c’est la haine de l’autre » analyse ainsi le démographe Emmanuel Todd à propos du débat sur l’identité nationale. Scrutin à la fois national et décentralisé, les élections régionales auront lieu à mi-mandat du Président de la République, elles sont une occasion non seulement d’exprimer une riposte mais surtout de se construire les atouts pour ouvrir un autre avenir.

La riposte ne peut se limiter à l’indispensable terrain social. En lien avec les luttes sociales et citoyennes, le champ politique est à investir. Pour porter des propositions pour des politiques qui fassent des régions des réels pôles de résistance et d’alternatives aux politiques gouvernementales et européennes libérales. Avec des choix audacieux en matière reconquête des services publics, de démocratie participative, de nouveau mode de développement social et écologique et d’une autre utilisation de l’argent.


Des majorités ancrées à gauche


Des contenus de propositions offensifs face au libéralisme et à la droite ne sont efficaces que dans une dynamique de rassemblement. Rassemblement dont l’objectif moteur et lisible par tous tient à la volonté de construire des majorités solidement ancrées à gauche. Ce qui demande à la fois d’agir pour modifier le rapport de forces à gauche en faveur des idées de transformation sociale, d’où la présence d’une liste indépendante du PS et d’Europe Ecologie au premier tour. Et d’œuvrer à des accords avec les autres forces de gauche au deuxième tour, non seulement pour empêcher la droite de faire main basse sur les régions, mais, si les conditions en sont réunies, des accords de majorité avec ces autres forces de gauche.


Où en est-on ?


Dès septembre ont eu lieu divers forums et ateliers, et chaque force politique a défini sa démarche. C’est ainsi que le PCF pour sa part a émis une offre nationale pour un Front de gauche durable et ouvert. Le 28 octobre, les trois composantes du Front de gauche (PCF, PG, GU) ont ensemble fait une proposition politique à toutes les forces à la gauche du PS. Si les discussions nationales avec le NPA ont pris fin le 10 novembre du fait d’une divergence stratégique sur l’objectif de majorités ancrées à gauche, elles se sont poursuivies avec toutes les autres et ont abouti à l’accord national que nous publions ici. Il est évidemment extrêmement positif et important puisque toutes les forces concernées disent leur volonté de se présenter « ensemble pour des régions à gauche, solidaires, écologiques et citoyennes ».

Ainsi, le premier cercle né des Européennes s’élargit à de nouvelles composantes. Mais ce n’est pas tout, puisqu’un autre élargissement s’opère également, à partir de personnes impliquées dans des démarches syndicales, ou associatives ou du mouvement social. Ainsi de nombreux syndicalistes, ou personnes impliquées dans différents Appels, convergent dans le respect de l’itinéraire de chacune et chacun dans cet « ensemble pour des régions à gauche ».

D’ici le 10 janvier, date du meeting national unitaire, l’accord de démarche stratégique sera complété par un accord national sur les têtes de listes régionales et départementales, permettant de faire vivre la diversité du rassemblement.


Dans les Alpes Maritimes aussi


Si pour des raisons pratiques, peu de personnes du département pourront faire le déplacement du meeting national de Paris, les Alpes Maritimes n’entendent pas rester sans faire vivre cette dynamique. Les jours qui précèdent le 10 janvier comme les jours qui suivront immédiatement sont l’occasion de multiplier les points de rencontres dans les communes, quartiers et entreprises pour faire connaître l’accord national, ainsi que ses dimensions régionales.

Jean Paul Duparc




Déclaration

Ensemble, pour des régions à gauche, solidaires, écologiques et citoyennes

Nos organisations, celles d’une gauche de transformation sociale, affirment leur volonté de mener campagne ensemble pour les élections régionales de 2010.

Avec le Front de Gauche (Parti Communiste Français, Parti de Gauche, Gauche Unitaire) avec les Alternatifs, La Fédération pour une alternative sociale et écologique (FASE), le Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP), le PCOF, République et Socialisme, nous comptons faire entendre fortement une autre voie à gauche.

Ce rassemblement, en construction, se veut ouvert, nationalement et régionalement, à toutes celles et tous ceux qui, à gauche, dans le mouvement social dans le monde du travail et de la culture, souhaitent élaborer et porter avec nous un programme qui réponde aux besoins de la population.

C’est urgent ! Les difficultés s’accumulent : davantage de licenciements, de précarité, de pauvreté, et en même temps moins de services publics, moins de pouvoir d’achat moins d’enseignement et de culture ! Cette situation devient insupportable, notamment dans les quartiers les plus populaires. L’environnement est sacrifié sur l’autel du profit. Les ravages de la crise sont amplifiés par la politique impulsée par Nicolas Sarkozy et la droite. Avec eux c’est toujours plus pour les riches, toujours moins pour l’ensemble du peuple. Et le président sème la division en puisant des idées nauséabondes dans l’arsenal de l’extrême droite qui du coup, relève la tête.

Face à cette offensive redoublée, notre peuple, les salarié-e-s et les plus précaires résistent ; ils refusent de payer la crise. A la division, au chacun pour soi, ils opposent la lutte et la solidarité. Ils souhaitent un débouché politique à leurs luttes.

C’est pourquoi les listes qui nous rassembleront pour ces élections régionales, répondront à trois objectifs indissociables : changer les rapports de force à gauche en faveur de la ligne de transformation sociale et écologique ; battre la droite, empêcher Nicolas Sarkozy et l’UMP de reconquérir des régions pour en faire des relais de leur politique de régression sociale, autoritaire, basée sur la peur ; construire des majorités solidement ancrée à gauche, portant des projets vraiment alternatifs à la logique du système en crise, un projet de transformation sociale et écologique que nous voulons porter jusque dans les exécutifs, à l’exclusion de tout accord avec le Modem, si les conditions de ces avancées en sont réalisées. Il s’agit de la possibilité de mettre en œuvre les points essentiels de notre programme et du rapport de force permettant effectivement de les appliquer.

Nous voulons faire des régions des points d’appui pour développer une politique au service des hommes, des femmes, des jeunes, de tous ceux qui travaillent et vivent ici.

Une politique en faveur de l’emploi, respectueuse des salariés, de leurs droits, favorisant l’extension de ces droits. Une politique qui donne la priorité aux services publics. Une politique qui fasse des citoyennes et des citoyens, dans leur diversité, les acteurs de la transformation de nos régions par un développement de toutes les formes de démocratie. Une politique exigeante en matière écologique. Une politique qui reconstruit le tissu social, à la ville et dans les campagnes.

Ce programme devra être porté par des listes unitaires dans les régions, des listes rassemblant nos organisations et ouvertes aux actrices et acteurs du mouvement social qui le souhaitent. Nous vous donnons rendez-vous le 10 janvier, pour un meeting national commun.

Le front de Gauche (Parti Communiste français, Parti de Gauche, Gauche Unitaire), Les Alternatifs, La FASE, le M’PEP, le PCOF, République et Socialisme.

Paris le 17 12 2009

En PACA, un dialogue difficile avec Les Alternatifs et le NPA Des contacts sont noués pour adapter la mise en œuvre de cet accord national à la région PACA. Si avec différentes composantes et personnalités les dialogues progressent bien, ils sont plus difficiles avec les Alternatifs et le NPA.

Alors qu’un texte commun était en passe d’être finalisé dans les Alpes Maritimes avant le 20 décembre, Alternatifs et NPA ont porté de nouveaux amendements de fond lors d’une réunion le 21 décembre. Ainsi, Les Alternatifs et le NPA remettent en cause la dénomination des listes « Ensemble, pour des régions à gauche, solidaires, écologiques et citoyennes », alors même que ce titre a été nationalement proposé par la FASE ( Fédération) dont les Alternatifs sont membres et accepté par les composantes du Front de gauche.

De même, le NPA tient absolument à faire inscrire sa liberté de participer ou non à un exécutif né d’une majorité dont la liste de la gauche de transformation sociale serait partie prenante. Pour prendre en compte cette demande sans remettre en cause la vocation majoritaire d’une liste de transformation sociale, le PCF a proposé à la suite de la réunion la formulation suivante : « Ces listes affirmeront leur volonté de porter ensemble les propositions essentielles de notre programme dans les domaines sociaux, écologiques et démocratiques jusque dans l’exécutif de la région, si les conditions politiques permettent de conclure un accord acceptable avec les autres listes de gauche pour les mettre en œuvre. Dans ce cas toutes les composantes de notre liste s’engagent à être parties prenantes de la majorité de gauche ainsi constituée, chaque composante gardant sa latitude de participer ou non à l’exécutif. Ainsi notre participation ne saura accompagner des politiques d’adaptation au libéralisme ». Mais pour l’heure cette formulation semble refusée, à la fois par le NPA et Les Alternatifs du 06, qui ont dans ce département à la différence du national une position totalement dépendante des exigences du NPA.

Ce débat recoupe finalement les enjeux nationaux et il est intéressant de lire le point de vue de Clémentine Autain, présidente de la FASE sur son blog le 21 décembre dernier :

« Alors qu’est-ce qui achoppe ? Est-ce, comme on l’entend souvent, une simple affaire de boutiques ou d’égos ? Cela joue mais je ne crois pas que ce soit l’essentiel. D’abord, il y a la différence des cultures politiques, le poids des traditions et des histoires, parfois fratricides. Ce qui ne se surmonte pas d’un coup de cuillère à pot. Mais au fur et à mesure, les expériences de discussion et d’action en commun donnent le goût à travailler ensemble. La preuve : le Front de Gauche, initié aux européennes, se poursuit avec d’autres composantes aux régionales, alors que beaucoup s’attendaient à l’alliance du PCF avec le PS dès le premier tour. La deuxième pierre d’achoppement porte sur la question stratégique. Le NPA, qui vient donc de refuser la proposition unitaire du Front de Gauche pour les régionales, au prix de fortes divisions internes, réclame une indépendance totale vis-à-vis du PS et un refus de toute gestion avec lui. Olivier Besancenot rappelait hier dans Le Parisien que la première tâche du NPA est d’être – je cite - « un outil politique au service de la résistance sociale ». Pour les régionales, l’objectif serait de construire une « opposition de gauche ». Mais les luttes sociales de la dernière période n’ont-elles pas pâti d’un manque cruel de perspective politique ? Autrement dit, l’espérance dans une alternative tangible à échelle humaine n’est-elle pas un moteur indispensable pour les mobilisations sociales ? Et l’existence d’une force politique, sortie des marges de la vie politique, n’est-elle pas la condition quasi sine qua non d’une opposition efficace à la droite au pouvoir ? D’où l’hypothèse suivante : toutes les composantes de l’autre gauche ne prennent pas au sérieux leur capacité à être majoritaire et à peser sur le cours des choses. Comme si elles avaient peur de gagner, peur des victoires qui les mettraient devant des responsabilités nouvelles, peur des écarts avec la perfection révolutionnaire. Or seule la tension entre quête de majorités – sociales, politiques, d’idées – et quête de radicalité peut permettre d’être utile, d’entraîner et de recréer une espérance. »

http://www.le-patriote.info/spip.php?article3043
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Tag(s) : #Elections régionales 2010
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