L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a estimé, dans un rapport publié lundi sur Internet, que la France devrait accélérer la réforme de son marché de l'électricité. En conséquence, EDF augmenterait ses tarifs.
Le prix de l'électricité en France est parmi le plus faible au monde pour le consommateur, mais ça ne va sans doute pas durer. L'Etat et, par ricochets, EDF ont été mises à l'amende dans un rapport de l'Agence international de l'énergie (AIE), publié lundi sur Internet. Dans son étude, l'AIE conseille fortement à Paris d'accélérer la mise en œuvre des réformes de son marché de l'électricité, en obligeant EDF à pratiquer des tarifs plus proches de ceux du marché. Donc à relever ses prix .
Aujourd'hui, le prix de l'électricité est inférieur d'un tiers environ à la moyenne européenne. L'importance de la production d'origine nucléaire en est la principale explication, le parc de réacteurs étant désormais amorti après plus de trente ans d'utilisation. Pour les concurrents d'EDF, l'atout du nucléaire procure "un avantage déloyal" au n°1 Français, qui n'a plus le monopole de l'électricité dans l'Hexagone depuis le 1er juillet 2007.
Un bon point pour les Grenelle
Créée en 1974 après le premier choc pétrolier, l'AIE, basée à Paris, dresse une revue détaillée tous les cinq ans de la politique énergétique de chacun de ses 28 Etats membres. L'Agence prévient d'éventuelles sanctions – décidées par l'Organisation mondiale du commerce (OMC) ou l'Union européenne – et prodigue plusieurs recommandations. Et le bilan de la France, pour ces cinq dernières années, n'est pas si mauvais. Par exemple, les deux Grenelle de l'environnement sont qualifiés de programmes "impressionnants" aux "objectifs ambitieux".
Mais la question des tarifs pose toujours problème. L'AIE doute même de la viabilité de l'ensemble de la structure tarifaire: selon son étude, le niveau des prix "menace d'empêcher les investissements nécessaires pour la maintenance et l'extension de la durée d'exploitation des 58 réacteurs nucléaires français ". Autrement dit, non seulement les tarifs sont anticoncurrentiels, mais ils risquent de vider les caisses d'EDF qui ne bénéficie plus de subventions publiques de son monopole. L'AIE applaudit toutefois l'adoption, le 15 juin dernier, de la loi Nome, qui donnera accès aux concurrents d'EDF à une partie de la production électrique nucléaire.
Autre défaut spécifiquement français, les réacteurs nucléaires sont sous-exploités. En effet, en 2008, en raison de divers incidents – notamment autour de la centrale du Tricastin –, le parc nucléaire aurait tourné à moins de 80% de sa capacité. Une situation inquiétante selon l'AIE, qui rappelle les importantes coupures d'électricité subies régulièrement par certaines régions ( Bretagne , Paca ). Là encore, EDF est, en filigrane, pointé du doigt.
/image%2F0551212%2F20170620%2Fob_74cedc_bandeau-pcf.jpg)