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Gens du voyage : Le choc des discriminations


De nombreux rapports et experts mettent l’accent sur les discriminations dont sont victimes les gens du voyage et les Roms. En France, ils sont environ 400.000 et plus de 95% d’entre eux sont Français.


A première vue ce devrait être une évidence: "Les gens du voyage ont les mêmes droits mais aussi les mêmes devoirs que tout citoyen français" lit-on dans le communiqué de l’Elysée, de mercredi dernier. "Les mêmes droits? Non", coupe net le sociologue Jean-Pierre Liégeois (1). Même si, globalement, cet ancien directeur du Centre de recherche tsiganes de l’Université Paris V reconnaît des progrès en la matière, il regrette "la régression à laquelle on assiste depuis quelques mois, avant même l’épisode de Saint Aignan."

La déclaration la plus tranchante vient sans doute de la CNCDH (2), une institution qui conseille le gouvernement en matière de droits de l’Homme. Dans une étude de 2008: elle parle de populations "traitées comme citoyens de seconde catégorie". Et la liste des discriminations subies de s’étaler sur une cinquantaine de pages. La plus emblématique est celle du manque d’aires d’accueil. Vingt ans après la première loi Besson, on compte seulement 20.000 places sur les 41.840 prévues. "Depuis 2000 et la réactualisation de la loi, on a fait beaucoup de chemin. Tous les départements de France ont des aires, sauf les Hauts-de-Seine", note le sénateur UMP Pierre Hérisson, président de la Commission nationale consultative des gens du voyage.

Inégalité face au droit de vote

Ce qui le choque le plus, c’est l’inégalité face au droit de vote. "En France, pour être électeur, il vaut mieux être SDF qu’appartenir à la communauté des gens du voyage." Les premiers peuvent voter au bout de six mois de résidence dans une même commune quand les seconds doivent attendre trois ans. "Ce n’est pas normal. Mettre un terme à cela serait un signal fort qu’il faut donner", explique-t-il.

Jean-Pierre Liégeois pointe aussi du doigt les inégalités dans l’accès aux droits sociaux. "Les plus frappantes sont dans l’éducation. Il y a de grandes difficultés de scolarisation. On est encore loin d’une scolarisation adaptée". Sur ce point comme sur les autres, la Halde, au fil de ses délibérations, alerte le gouvernement depuis 2007. Parmi les problèmes évoqués, on retrouve l’obligation de se déplacer avec un titre de circulation. Différents types de titres existent. Le plus critiqué est le Carnet de circulation. Il doit être présenté tous les 3 mois à la Police ou à la Gendarmerie. Et circuler sans ce carnet est puni d’une peine de prison. La Halde regrette "ces moyens disproportionnés de contrôle" et souhaite la fin de cette disposition.

(1)Jean-Pierre Liégeois est l'auteur du livre Roms en Europe, Strasbourg, Editions du Conseil de l'Europe, 2007.
(2) La Commission nationale consultative des droits de l’homme.

Arthur Nazaret - Le Journal du Dimanche

Samedi 31 Juillet 2010

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Tag(s) : #Société
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