Vins-sur Caramy : Une cérémonie en l'honneur de résistants assassinés le 29 juillet 1944
Une commémoration tournée vers l’avenir
(jeudi 29 juillet 2010)
Article paru dans La Marseillaise du samedi 31 juillet 2010
C’est en présence de 15 portes drapeaux représentants les différentes associations de résistants dont American Legion, de Claude Gilardo, maire de Brignoles, de Sylvie Massimi, conseillère régionale et de conseillers municipaux de Vins sur Caramy, de Cabasse …….. que s’est déroulée la 66ème cérémonie en l’honneur des camarades assassinés, le mercredi 29 juillet 1944, organisée par la section du PCF de Brignoles.
Paul Chila, résistant, dans son intervention, fit un rappel historique sur les conditions des assassinats des camarades Jean MAZZONE, ses fils Eugène et Louis, et Théodore LINARI . Tous les quatre étaient des militants du Parti Communiste Français, compagnons de lutte de Charles Gaou, un des 27 du « Chemin de l’honneur ».
Safia, jeune communiste, lança un appel à poursuivre la Résistance : « C’était le 29 juillet 1944, un parfum de liberté était sur la ville, les alliés venaient de prendre pied en Normandie. Mais l’occupant était toujours là, avide de crimes. Nous ne pouvons oublier ce 29 juillet 1944, jour où nos camarades furent assassinés par les nazis. Nous ne pouvons pas oublier leur résistance, leurs combats et leurs sacrifices pour nos propres libertés, pour la libération de notre pays et de l’Europe, du joug fasciste ».
Et de poursuivre : « Oui ! Nous sommes les héritiers de ces hommes, qui, le 27 mai 1943, ont donné le jour, sous la présidence de Jean Moulin, au Conseil National de la Résistance. Ils ont fait ce jour là, un véritable choix de civilisation. A la Libération, la France est un pays en ruine ! Les hommes et les femmes retroussèrent leurs manches pour se mettre au travail ».
Elle insista sur la situation économique catastrophique d’après-guerre qui n’a pas empêché l’application du programme du Conseil National de la Résistance : « La dette nationale a quadruplé. On est en pleine pénurie général. La production industrielle ne représente que 29 % de ce qu’elle était en 1929. Fallait-il être inconscient pour créer la Sécurité Sociale et les retraites dans un pays effondré ? Alors là, la preuve a été faite, l’investissement social est un investissement économique formidable ! Les Trente glorieuses n’auraient pas été possibles si cette législation sociale n’avait pas été mise en place ».
« Se résigner ? Non ! »
Elle fit le lien avec la situation actuelle : « Notre commémoration d’aujourd’hui, se tient à un moment où la crise du capitalisme s’exacerbe avec des tentatives d’une grande brutalité pour imposer aux peuples de France et d’Europe, une fuite en avant, une camisole des forces libérales et des forces de « l’argent roi ». Dans notre pays, le report annoncé de l’âge légal de départ à la retraite, le gel des dépenses publiques et la volonté d’inscrire dans la constitution, le ralentissement des dépenses utiles à la population, en sont des manifestations éclatantes. La droite et la bourgeoisie veulent inscrire le libéralisme dans le marbre, à l’abri des souverainetés populaires, pour rendre impossible toute réorientation des politiques, quels que soit les votes, lors des différentes échéances électorales. Face à cela, nous avons décidé, nous, les jeunes communistes, d’être à l’initiative pour résister et montrer que d’autres choix sont possibles ».
Et d’appeler à lutter : « Aujourd’hui, face au poids de la dette publique, il faudrait se résigner et renoncer à conquérir de nouveaux droits sociaux ? Non ! La question des retraites est l’un des points clés sur lequel l’affrontement politique dans notre pays se focalise. Nous avons commencé en juin et juillet à faire exister des éléments de connaissance, de réflexion, d’alternative au discours dominant de la droite, qui peuvent s’avérer particulièrement utiles pour l’avenir.Pour ce qui concerne les communistes, l'été sera largement placé sous le signe de la poursuite et de l'amplification de la mobilisation contre la réforme gouvernementale mais également pour populariser les propositions contenues dans le projet de loi de nos députés. Le contexte politique dans lequel nous sommes, est donc en tout point exceptionnel, d’abord par la gravité et l’ampleur de la crise, ses conséquences sociales, humaines et politiques. La crise a montré « les sommes folles » dont certains se gavent, quand la grande majorité a les pires difficultés à vivre, à se nourrir, à se loger. Nous, nous voulons un pays dont les institutions permettent à l’homme de s’épanouir, de vivre dans la dignité. Un pays qui ait le sens de la mesure, qui exerce la justice, qui défende les libertés, qui croie à la fraternité des hommes. Oui, nous voulons sortir du capitalisme et de sa période obscurantiste qui ne répond plus aux besoins des humains sur notre planète. Oui, nous voulons un pays de liberté, d’égalité, de fraternité et de justice ».
Le Chant des Partisans, la Marseillaise et l’Internationale ont retenti dans les plaines de Vins sur Caramy. Les résistants peuvent être fiers de ce vibrant hommage rendu à leurs luttes et à leurs combats d’hier et d’aujourd’hui, d’autant plus que des jeunes continuent à porter leur idéaux.
La cérémonie se termina par un apéritif convivial autour de la centaine de participants.
L.C
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