Délégué à la culture au conseil régional PACA, Alain Hayot apporte son soutien à l’homme de théâtre. Il appelle à une action collective de tous ceux qui subissent la politique culturelle du gouvernement.
9 octobre 2009
La Marseillaise : Depuis le premier jour, vous soutenez l’action de Richard Martin, directeur du Théâtre Toursky. Qu’incarne son
combat ?
Alain Hayot : Ma solidarité est totale à l’égard d’un homme au grand coeur et au grand talent, blessé dans sa dignité d’artiste. Il est porteur d’une histoire extraordinaire. Trente-huit ans
pendant lesquels il a tout donné à cette ville.
Richard Martin n’a jamais cédé sur la nécessité d’une exigence artistique forte. Il a choisi de travailler dans un quartier de Marseille où il n’y avait pas de structures culturelles. Son travail
s’est ouvert sur des populations pour qui aller au théâtre représente un acte difficile pour des raisons tout à la fois matérielles, culturelles et symboliques.
La Marseillaise : Comment en est-on arrivé à ce point de non-retour ?
Alain Hayot : La décision qui frappe Richard Martin et son théâtre n’est pas la conséquence d’un malheureux hasard ou une douloureuse exception. En fait, il est venu le temps du mépris à
l’égard des artistes. Posons-nous la question de la place de l’art dans la société. Est-ce un produit marchandisable ? Un produit audiovisuel à audimat maximum ? Un divertissement
destiné à oublier les duretés du temps ? Comme le savoir ou l’éducation, l’art est un formidable levier d’appréhension du monde et de transformation du réel. C’est un formidable instrument
de formation du citoyen pour lui donner les moyens de maîtriser sa vie et le monde qui l’entoure, individuellement et collectivement.
La Marseillaise : Comment développer la solidarité autour de Richard Martin ?
Alain Hayot : Le combat de Richard Martin doit donner lieu à une action collective de la part de tous ceux qui subissent les désengagements de l’État en matière culturelle. Au delà c’est
tous ensemble qu’il faut agir pour maintenir un service public de la culture et des politiques publiques de soutien à la culture. L’État ne peut pas s’en remettre aux seules collectivités locales
d’autant qu’il les prive de moyens de cette action. Je souhaite que ces questions soient débattues publiquement et que l’action collective prenne le relais d’un combat qui ne peut pas rester
seulement individuel. Dans l’immédiat, je demande aux autorités de l’État de rouvrir le dialogue pour trouver une issue positive pour l’avenir du Théâtre Toursky.
Propos recueillis par Christian Digne (La Marseillaise, le 9 octobre 2009)
—> Signez la pétition sauver le théâtre Toursky
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