Interview de Jean-Marc Coppola dans La Marseillaise
Jean-Marc Coppola. L’élu communiste dénonce les décisions en matière de fret ferroviaire.
10 octobre 2009
La Marseillaise : Vous craignez la fermeture de la
gare de triage de Miramas. Pour quelles raisons ?
Jean-Marc Coppola : Ce n’est plus seulement une crainte. Lundi dernier, la direction de la SNCF a annoncé la fermeture de 8 gares de triage sur 11. Miramas ne figure pas parmi les 3 dont
l’activité serait maintenue. Au-delà des aspects sociaux, soit la suppression de 400 à 500 emplois sur la région, la politique qui conduit à cette fermeture est lourde de conséquences sur
l’environnement et la santé des citoyens.
La Marseillaise : Votre protestation est antérieure à cette décision dont vous signaliez la
menace ?
Jean-Marc Coppola : L’annonce de l’abandon de l’acheminement des wagons isolés par la SNCF a sonné l’alarme (si besoin en était). Nous avions attiré l’attention là-dessus à l’occasion de la
conférence de presse du 2 septembre avec les syndicats de cheminots, le président Vauzelle et le maire de Miramas. Sur la lancée, j’ai participé au rassemblement du 24 septembre sur l’esplanade
Saint-Charles pour défendre le service public de transport ferroviaire.
La Marseillaise : Vous avez parlé d’environnement et de santé publique, n’est ce pas
excessif ?
Jean-Marc Coppola : Non. On assiste en effet à un grand écart entre les intentions et objectifs du Grenelle de l’environnement et les choix opérés. C’est ainsi que lors du dernier conseil de
surveillance de la Compagnie nationale du Rhône, le représentant de la direction transports du ministère annonçait que l’abandon du trafic de wagons isolés par la SNCF ne profitera pas au
transport fluvial, mais entraînera la mise sur la route de 2,5 millions de camions supplémentaires. Que valent dès lors, les références au Grenelle de l’environnement et au prochain Copenhague
sur la réduction des effets de serre ? D’ailleurs, les gens ne sont pas dupes. Ainsi, si l’on en croit les études d’opinion qualitatives, ils sont plus que critiques sur la taxe carbone dans
laquelle ils voient surtout une attaque contre leur pouvoir d’achat, échaudés qu’ils sont peut-être par les effets de la réduction de la TVA (5,5% dans la
restauration).
La Marseillaise : Pour en revenir à nos... camions ?
Jean-Marc Coppola : Nous sommes dans une région particulièrement polluée traversée par les camions pour l’Espagne et l’Italie. Mais où le conseil régional déploie des efforts importants pour
développer le ferroviaire avec sa politique en matière de TER. Les choix de la SNCF et du gouvernement constituent donc un non-sens. Surtout dans une région où 80% de la population est concentrée
sur 20% du territoire. Intéressante dès lors la présente à la conférence de presse du 2 septembre de Michel Vauzelle à mes côtés et à ceux des syndicats de cheminots. Parce que la collectivité ne
s’en tient pas à ses seules compétences, en l’occurrence le trafic voyageurs, mais s’implique aussi, avec le trafic fret, sur l’aménagement du territoire. C’est dans ce même ordre de
préoccupation que j’avais proposé que dans la réflexion sur la future LGV on inclut aussi la question du fret.
La Marseillaise : Que faire dans l’immédiat ?
Jean-Marc Coppola : M’exprimant le 24 septembre lors du rassemblement de l’esplanade Saint-Charles, j’avais fait part de mon intention de demander au préfet la mise en place d’un Comité de
suivi du trafic fret en Provence-Alpes-Côte-d’Azur, ce que j’ai fait en suivant par courrier. Mais sans attendre ce Comité, il est aujourd’hui urgent d’organiser une table ronde avec les
syndicats de cheminots, afin d’empêcher la décision unilatérale prise par la direction de la SNCF dont les conséquences humaines et écologiques pourraient être
catastrophiques.
Propos recueillis par Christian Carrère (La Marseillaise, le 10 octobre 2009)
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