La CGT veut redonner confiance aux salariés !

Alors que se déroulait, hier, une réunion de l’intersyndicale rassemblant la CFDT, la CFE-CGC, la CGT, la FSU, Solidaires et l’UNSA, la CGT tenait son meeting de rentrée à la Mutualité. À
l’issue de leur rencontre, les syndicats ont décidé de « continuer d’agir ensemble » et ont appelé les salariés à « participer massivement » à la journée du 7 octobre
organisée par la Confédération syndicale mondiale.
De son côté, Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, estimant son syndicat conforté par ses résultats
électoraux de fin 2008 aux élections prud’homales et la place prise dans les mouvements sociaux de 2009, tant dans les entreprises que dans les initiatives unitaires, a donné le ton d’une
rentrée combative. Il a confirmé un calendrier d’initiatives, en septembre et en octobre particulièrement chargé (voir encadré). « Les responsabilités du syndicalisme et particulièrement
de la CGT sont immenses », explique Bernard Thibault. Et il donne aux militants du syndicat deux objectifs prioritaires : « redonner confiance aux salariés dans leur capacité
d’intervenir » et « préparer collectivement et démocratiquement le 49e Congrès de la CGT, en décembre prochain ». « Redonner confiance », cet objectif semble obséder
les dirigeants de la CGT. Ils le déclinent en mettant l’accent sur les acquis des luttes, sur les victoires remportées, comme pour la SBFM, où les salariés ont obtenu que Renault rachète la
fonderie bretonne. Ils le déclinent encore en confirmant la démarche unitaire qu’ils ont mise en oeuvre au cours du premier semestre. Sans en masquer les difficultés.
S’engager dans les mobilisations
Quand FO et la CFTC semblent actuellement se dérober, Bernard Thibault annonce que « l’absence d’unité ne doit pas paralyser. Si l’unité de tous les syndicats n’est pas possible, il faudra
organiser la mobilisation pour le 7 octobre avec ceux qui y sont disposés ». Il annonce la décision des six organisations réunies dans l’après-midi. Il appelle à s’engager dans les
mobilisations de la rentrée sans préjuger de la mobilisation des intéressés. Quant à l’efficacité des luttes, Bernard Thibault la lie directement à l’implantation de la CGT dans
l’entreprise.
Le leader syndical place ainsi le congrès de la CGT au coeur de cette actualité de lutte. Pour lui, le frein
principal pour des avancées revendicatives se situe plutôt dans les limites de l’implantation syndicale que dans les choix de stratégie. Il répond en même temps, point par point, à « une
campagne insidieuse » qui vise à « semer le doute, à créer la suspicion, à alimenter les clivages dans la CGT ». Quand il va, par exemple, rencontrer le président de la
République, c’est comme les milliers de délégués qui rencontrent les patrons, les responsables syndicaux qui s’adressent aux préfets. Le secrétaire général de la CGT s’en prend aussi aux
« effets pervers » d’une « mauvaise médiatisation des luttes », aux « coups de projecteurs médiatiques qui peuvent se retourner comme des coups de
poignards ».
La crise est « systémique »
Cinq grands dossiers retiennent l’attention de la CGT, qui réfute l’idée d’une crise purement financière. Pour Bernard Thibault, la crise est « systémique » et elle prend sa racine
dans « les années de compression des salaires, de récession sociale et de pression sans précédent sur les activités productives ». Au premier plan, la CGT place l’emploi, la lutte
contre le chômage et la précarité, puis les salaires et le pouvoir d’achat. La CGT s’inquiète de l’intention de Nicolas Sarkozy de faire de 2010 un rendez-vous majeur sur le dossier des
retraites. Travail du dimanche, services publics et fiscalité constituent également les dossiers forts de la CGT. Elle critique, notamment, le recours à l’emprunt et condamne la taxe
carbone.
Olivier Mayer
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