500 pour soutenir Alain Refalo, désobéisseur pédagogique !
Toulouse, correspondance particulière.
En novembre 2008, il avait initié le mouvement de désobéissance pédagogique, suivi depuis par trois mille enseignants : Alain Refalo, instituteur à Colomiers (Haute-Garonne), comparaissait
hier après-midi en conseil de discipline. Une longue liste de griefs figure sur sa convocation : refus d’obéissance, manquement au devoir de réserve, incitation à la désobéissance
collective, attaque publique contre un fonctionnaire de l’éducation nationale - il avait dénoncé les rapports de son inspecteur de circonscription.
Alain Refalo a déjà été privé de dix-neuf jours de salaire pour n’avoir pas appliqué dans sa classe la politique du ministre Darcos. Il risque de surcroît une mutation, une suspension, voire - mais il n’ose l’imaginer - une révocation. Il en faudrait plus pour faire fléchir le bonhomme, sûr de son fait : « Cette désobéissance s’établit sur le terrain pédagogique, dans l’intérêt des élèves. On ne me reproche pas tellement d’avoir désobéi mais surtout de l’avoir fait savoir. » Il cite Bernanos : « Il faut beaucoup d’indisciplinés pour faire un peuple libre. »
Avant d’entrer en conseil de discipline, Alain Refalo s’est dit résolu à « faire valoir les raisons profondes
qui ont conduit à cette objection de conscience ». L’instituteur désobéisseur est d’autant plus combatif que, malgré les vacances scolaires, plusieurs centaines de personnes étaient
rassemblées devant l’inspection académique, dans une ambiance festive. Plusieurs élus sont venus appuyer celui qui ne file pas droit, notamment Pierre Cohen (PS), député maire de Toulouse, ou
Pierre Lacaze, président du groupe communiste et citoyen au Capitole. « Merci d’être venus soutenir l’école publique ! a lancé Alain Refalo. Nous n’allons pas céder ! Ce
mouvement n’en est qu’à ses débuts. » Gérard Aschieri, secrétaire national de la FSU, a écrit au nouveau ministre de l’Éducation nationale, Luc Chatel, pour lui demander de lever toutes
les sanctions contre Alain Refalo. Car le ministère durcit le ton, et la décision pourrait se prendre à Paris plutôt qu’à Toulouse. À 15 heures, alors que les manifestants scandaient
« Résistance ! », l’instituteur, ses avocats, ses amis syndicalistes, pénétraient dans l’inspection académique, une pétition de 6 000 signatures sous le bras. Bien résolus à se
battre pied à pied pendant ce conseil de discipline qui promettait de s’étirer jusqu’en fin de journée.
Bruno Vincens
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