Vidéosurveillance : Les caméras de la discorde !

Les uns parlent de « vidéosurveillance », les autres de « vidéoprotection ». La frontière peut sembler subtile mais elle révèle tout le fossé qui sépare, d’un côté,
l’opposition communiste et les Verts du Conseil de Paris et un collectif intitulé Démocratie et Libertés, et, de l’autre, les tenants du projet « 1 000
caméras ».
1250 Caméras d’ici le début 2011
Parmi ces derniers, la préfecture de police de Paris, initiatrice de ce plan, qui prévoit l’installation dans les rues de la capitale d’un dispositif de vidéosurveillance, et la majorité du
Conseil de Paris réunie autour du maire socialiste Bertrand Delanoë, qui en avait fait une promesse de campagne - ce qui lui a valu d’être couronné il y a quelques mois d’un Big Brother Award
2009 par l’association Privacy International. D’après une note adressée aux élus parisiens par Georges Sarre, son adjoint en charge des questions de sécurité, 1 250 caméras devraient être
installées « fin 2010, début 2011 » et un appel d’offres a été lancé en mai pour la mise en place du dispositif sur le modèle d’un partenariat public-privé.
Au-delà du contenu du projet en lui-même - et de l’emplacement prévu de certaines caméras, trop proches de lieux
jugés sensibles comme des maisons de jeunes ou des centres d’insertion -, c’est son coût qui provoque l’irritation de ses pourfendeurs : 250 à 300 millions d’euros pour une durée de
quinze ans à la charge de la préfecture. Mais aussi, à la charge de la Ville de Paris, 25 millions d’euros de financement des travaux de voirie préalables aux installations, ainsi que
l’exonération de la redevance d’occupation du domaine estimée à 3,8 millions d’euros.
« Dimension symbolique »
« En 2009, les associations, principalement celles qui s’occupent d’éducation populaire, perçoivent de moins en moins de subventions, certaines sont en faillite et ont dû créer un
collectif Associations en danger », rappelle Élisabeth de Visme, de la section X/11 de la Ligue des droits de l’homme, particulièrement active contre un dispositif révélateur d’un projet
de société « qui place les moyens technologiques plutôt que le lien
social » au coeur des questions de sécurité.
Le vote du budget aura lieu en décembre prochain. D’ici là, le collectif tente de gagner la bataille de l’opinion
par le biais de réunions, d’un site Internet et d’une pétition (1). « Avec l’effet grossissant de la capitale, faire échec à ce projet prendrait une dimension symbolique, souligne Ian
Brossat, élu communiste au Conseil de Paris. C’est la politique sécuritaire du gouvernement qui se joue à travers cette question. »
(1) www.paris-sans-videosurveillance.fr/
Anne Roy
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