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Politique - Article paru le 11 juin 2009 dans l'Humanité

 

Les Français doivent puiser dans leur épargne !




Conjoncture . Alors que Bercy mise sur un maintien de la consommation, l’INSEE pointe un infléchissement de ce « moteur de la croissance ».


La production industrielle touche le fond. Selon les statistiques publiées par l’INSEE hier, le mois d’avril signe encore une chute de 1,4 %, après un mois de mars à - 1,7 %. Les autres indicateurs de conjoncture ne se portent guère mieux. En publiant, lundi, un « cadrage économique 2009-2010 » fondé sur un recul du produit intérieur brut (PIB) de 3 % en 2009. Bercy tablait sur un sévère recul de l’investissement des entreprises (- 9,4 %) et des exportations. La ministre de l’Économie, Christine Lagarde, place tous ses espoirs dans la consommation des ménages, ce « moteur essentiel de la demande ».

Mais, même si la consommation des ménages résiste malgré la crise, une étude de l’INSEE, publiée hier, vient rappeler combien ce « moteur » est fragile. L’enquête porte sur l’année 2008, période où la crise économique était déjà installée mais l’économie n’était pas encore en récession. Si l’INSEE confirme que la consommation « reste le principal soutien de l’activité », l’institut de statistique pointe un net ralentissement. De + 2,4 % en 2007, la consommation n’a augmenté que de 1 % l’an dernier. « C’est la progression la plus faible depuis plus de dix ans », commente l’étude. La forte hausse des prix (+ 2,8 %), notamment des produits alimentaires et de l’énergie, explique en partie pourquoi le « pouvoir d’achat s’accroît dans ces conditions moins vite qu’en 2007 ». Si, en valeur, les prix des loyers ont ralenti (+ 4,4 % après + 5,6 % en 2007), les dépenses de chauffage et éclairage sont reparties à la hausse (+ 4,3 % contre - 3,7 %). Quand aux dépenses de santé, sous l’effet de l’instauration des franchises médicales, notamment, le reste à charge des familles s’est accru de 5,7 %. Pour préserver leur niveau de vie ou l’entamer le moins possible, les ménages ont dû puiser dans leur épargne. Ils se sont aussi privés, en achetant moins de « produits technologiques » (ordinateurs, MP3, écrans plats, etc.), en réduisant leur budget de loisirs, de culture et en préférant acheter des automobiles plus petites.

Paule Masson

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Tag(s) : #Economie
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