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Paris-Roubaix : l’enfer, forcément c’est les autres !

 

Cyclisme. Dimanche Paris-Roubaix, malgré la domination des Quick-Step sur les Classiques du Nord, pourrait être une course plus ouverte que prévu. La concurrence est rude et l’entente cordiale de l’équipe belge pas si évidente.

Dimanche vers 11 h, la grande procession qui mène vers le Nord partira. Pas de cœurs légers dans le peloton, mais de grosses appréhensions avant d’aborder au bout de 98 km, le premier secteur pavé de Troisvilles. Ensuite ce sera le début de l’enfer, avec 52,9 km de pavés, jusqu’au purgatoire du vélodrome de Roubaix soit 259 km. Les belles mécaniques huilées, que le nombreux public sera venu admirer devant le château de Compiègne, ne seront plus, sur la piste du vélodrome, que vieux clous grinçants. Les beaux coursiers sentant le camphre aux jambes déjà bronzées, ne ressembleront plus qu’à des mineurs de fond abîmés et crottés, sortis tout droit des entrailles de la terre.

Derrière le stade, dans les vestiaires témoins d’un autre temps, courbés, fourbus, ils prendront entre deux murs étroits et sans aucune intimité une douche au faible débit. Pourtant personne ne se plaindra de ces si mauvaises conditions d’accueil, pas digne d’un coureur professionnel. Certains maudiront les pavés, le temps, la malchance… mais aucun ne regrettera d’en avoir été et surtout d’être arrivé jusque là. Ainsi va la légende de la Doyenne qui fête sa 107e édition. L’insouciance n’est jamais de mise et dans chaque regard, plus qu’un sportif, on imagine un combattant montant au front. « J’ai participé une seule fois à cette course pour remplacer un coéquipier malade. J’ai vu le diable, mais pas l’arrivée ! », citation de Jean-François Bernard.


Derrière la légende se cache aussi une Classique avec un schéma toujours d’actualité.


Cette année encore une fois et plus que jamais, les hommes de la Quick Step dirigés par Patrick Lefévère, feront figure de favoris : « Quand on regarde le rapport de force des équipes et le palmarès, on se dit que Tom Boonen sera le favori. Mais il aura bien besoin de Sylvain Chavanel qui a les qualités pour faire quelque chose. Il est encore dans son pic de forme. » continue Jean François Bernard. C’est vrai que le Français dont on ne connaît pas vraiment les ressources sur les pavés du Nord pourrait cette fois-ci accrocher un gros morceau. Mais son coéquipier Stijn Devolder vainqueur au Tour des Flandres pour la deuxième fois, libéré de toute pression pourrait venir jouer les trouble-fêtes au grand damne du Français qui n’a pas vraiment digéré la course de son équipe dans les Flandres : « J’ai regardé la vidéo lundi matin et c’est quand même vrai que mes équipiers ont beaucoup relancé la course derrière moi. Sans cela, Quinziato et moi aurions pris trois ou quatre minutes et j’aurais peut-être gagné. »

Du coup, ça frétille du guidon chez la concurrence où mûri l’idée que l’invincible armada n’est pas à l’abri d’un pavé disjoint. Qui jettera la première pierre ? L’Italien Filippo Pozzato (Katusha), le grand battu des Flandres, l’Espagnol Juan Antonio Flecha (Rabobank) le malchanceux de toujours, le Néerlandais Martijn Maaskant (Garmin) qui confirme à chaque sortie, l’espoir Allemand Marcus Burghardt (Columbia), le Belge Leif Hoste (Silence), abonné des places d’honneur, ou même le Norvégien Edvald Boasson Hagen vainqueur mercredi à Gand-Wevelgem. Tous en tout cas, se verraient bien mettre au sol les certitudes des hommes de Lefevère et ainsi soulever le pavé du vainqueur au nez et à la sainte barbe des « représentants en parquet ».


Eric Serres

http://www.humanite.fr/Paris-Roubaix-l-enfer-forcement-c-est-les-autres

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Tag(s) : #Société
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